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LES CHATEAUX DANS LES ENVIRONS DE PAU1S AU DIX-SEPTIÈME SIECLE

Les habitations de ville se complètent par les habitations de la campagne : il est impossible de ne pas examiner les unes après avoir étudié les autres. Au dix-septième siècle , les gens du monde jouirent pour la première fois des plaisirs de la vie champêtre , telle qu'elle peut être pour eux, embellie par le concours de tous les arts et la réunion de toutes les jouissances. Nous voulons décrire en peu de mots le style des constructions rurales et la disposition des jardins, nous ne parlerons de leurs hôtes qu'autant qu'il est nécessaire pour animer ces paysages 438.

Deux causes donnent aux classes aisées, toujours citadines, le goût de la campagne, et les rendent sensibles au charme de la retraite; les temps de paix qui suivent les guerres ou les révolutions , et aussi la satiété du plaisir, qui veut qu'on se repose l'été des fatigues de l'hiver. Mais pour les gens du monde, le repos ne consiste que dans la variété des jouissances, et la campagne devient ainsi une bruyante solitude.

A toutes les époques , la vie de la campagne a été le reflet de la société des villes. En des temps grossiers , le château était un donjon , la vie de châtelain une réclusion, les plaisirs du seigneur, de brutales expéditions sur les passants bons à détrousser, et sur les bêtes féroces, seules dignes de tels adversaires. La civilisation commença-t-elle à adoucir les mœurs des citadins; aussitôt, autour de ses châteaux encore garnis de tours, de fossés et de pontslcvis , s'élevèrent des parterres aux mille fleurs , des vergers chargés de fruits, de beaux cerfs furent nourris dans les fossés , et les dames, jusqu'alors étrangères à tous les plaisirs des hommes , suivirent la châtelaine à la chasse au faucon , ou vinrent le soir dans la grande salle , réunies autour de l'immense foyer, écouter les récits des pèlerins et les chants des poètes ambulants. De cette époque datent les grands manoirs de Tancarville, deCoucy, d'Ecouen , de Châtillon, du Verger, de ïhouars , de Neubourg , etc., etc., véritables résidences royales d'autant de petits rois qui se composaient une cour de leurs vassaux, et dont l'autorité, toujours absolue, était quelquefois bienfaisante.

Pendant que les châteaux conservaient encore dans la France cet aspect formidable de leur destination première, les maisons de plaisance de l'Italie,

décorées des chefs-d'œuvre de l'antiquité, rappelaient les villas des empereurs romains, celles des Lucullus, des Mécène, des Pline, des Cicéron, des Horace. La renaissance de l'art s'était produite au milieu de la renaissance des manières, du goût et de l'esprit.

En France, cette résurrection des beautés de l'art antique appliquée par le génie des artistes modernes à la construction des nouveaux monuments, rencontra une vive résistance dans les habitudes de la nation, clans les procédés des artistes, maîtres du terrain, dans les goûts à la mode; et lorsque, cédant à l'impulsion enthousiaste de François Ier, aux souvenirs de la noblesse qui l'avait suivi en Italie, à l'invasion des artistes accourus à sa voix, elle abandonna son style national pour favoriser cette importation étrangère, il était déjà bien tard : les maîtres d'au delà des monts avaient fait place aux élèves, la pureté des règles aux caprices de l'imagination, le grand et simple style des Brunelleschi, des Sangallo, des Bramantes, aux bizarres imitations de Michel-Ange. Ainsi s'explique, ainsi s'excuse la résistance qui se manifesta dans les magnifiques constructions de Bovinet *39, de Chambord 4i°, d'Écouen 4U, de Chantilly U2, de Saint-Maur *4s. Il semble que la délicatesse du nouveau style entrât en lutte avec la sévérité de l'ancien, et ne gagnât le terrain qu'à grand'peine. Madrid m, Anet 44 ', ont brillé un instant de toute l'élégance du style de la renaissance; mais si nous recherchons la distribution intérieure, combien de traces encore d'anciennes habitudes, quel oubli des plus simples convenances de la vie. On pourrait croire que tout le monde fut artiste, hôtes et architectes, dans ces demeures où les perfections de la décoration ont fait oublier les conditions du bien-être.

Des rares monuments de cette époque, appelez-en à l'imagination des poëtcs de ce temps, cette magique ouvrière n'inventera rien ou presque rien de supérieur aux distributions et aux formes traditionnellement consacrées. Rabelais voulut un jour faire entrer dans un plan imaginaire tout ce qu'il rêvait d'élégance, de grandeur et de bien-être dans un vaste château. Il en fait l'abbaye de Thélème, afin d'y développer plus à son aise la demeure de toutes les voluptés 44". Le voilà à l'œuvre, et il nous construisit un Chambord, avec tous ses défauts; ce sont grosses tours rondes sans besoin de défense, escaliers à vis et en saillie qui semblent construits après coup eL par pure omission, giandes galeries sans usage, si ce n'est pour appendre des dépouilles de gibier, des trophées de chasseur, vastes fossés et parc giboyeux ; remarquons toutefois quelques innovations heureuses, fruit d'une expérience durement acquis,e ; ainsi, plus de ces gargouilles qui, jusqu'au dix-huitième siècle, ont inondé nos nies, mais des gouttières avec conduites d'eau ; plus de tuiles, niais des ardoises ; des escaliers à marches douces comme en Italie, où ils sembl.em.l une moulée et non plus une échelle; des entrées d'une dimension raisonnable; enfin, des appartements complets pour i liaque couple : « (mas-

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ii cime chambre est guarnie de arrière chambre, cabinel, guarderobe, cha- « pelle et yssue en une grande salle ; » enfin, des bibliothèques et des galeries ornées de fresques historiques 4". Cet effort d'imagination ne nous semble pas bien grand à nous qui avons hérité des conquêtes de trois siècles à tendances matérielles, et cependant, combien il allait encore au delà de la réalité.

Quelques grandes habitations de cette époque ne rentrent dans aucune des obseryations que nous faisons ici, ou plutôt elles répondent à toutes : c'est Blois 44s, Compiègne *49, Saint-Germain 4S0, et d'autres, qui n'ont ni une date, ni un style ; chaque règne y ayant apporté son addition, chaque roi y ayant élevé, comme pour lutter avec ses prédécesseurs, un pavillon, un corps de bâtiment, une galerie. 11 serait également inutile de faire figurer dans nos recherches quelques châteaux, demeures féodales aussi formidables que des forteresses, où le bien-être de la vie a dù céder aux nécessités des temps, aux règles de la défense.

Les résidences royales, créées sous l'empire de l'impulsion que François Ier venait d'imprimer aux arts, entretenues par ses quatre successeurs, ne pouvaient avoir de nombreux imitateurs 481 . Une égale sécurité ne protégeait pas encore l'habitation des rois et celle de leurs sujets. On resta, jusqu'au dix-septième siècle, bastionné, crénelé, bardéde chaînes et de pontslevis, pour mener une vie de campagne qui n'avait plus de la grande féodalité que les ridicules et l'ennui. 11 serait difficile de tracer le tableau de cette époque de transition ; un caractère lui manque, on cherche, on tâtonne, et, dans cette incertitude, chaque château porte l'empreinte particulière aux goûts, aux dignités, aux caprices de son seigneur.

Le chancelier de l'Hôpital habitait Vignay 482, près d'Etampes. Là, gardé en quelque sorte par le cortège de ses vertus, entouré de sa famille, passant ses jours entre ses livres et les soins les plus simples du foyer domestique, il offrait le tableau d'une vie tout à fait patriarcale. Sully conservait dans son château la nombreuse domesticité d'un autre temps ; il y avait introduit l'étiquette de la cour, et gouvernait la vie de la campagne à la façon d'un ancien ministre d'Étal, d'un grand maître de l'artillerie, d'un grand voyer de France et d'un surintendant des fortifications du royaume : il n'avait que des dîners d'apparat, ses promenades ressemblaient à des processions, et toutes ses soirées à des réceptions de cour. Richement ornée, sa demeure ne possédait aucune des commodités de la vie ; on y voyait « un vaste appartement « où il avoitfait peindre les plus mémorables actions de sa vie, jointes à celles « de Henry le Grand ; » et, à côté, il avait réuni dans une chambre, qu'on nommait « le cabinet des illustres, des portraits de papes, rois, princes, et « autres personnages distingués ou célèbres, qu'il lenoit d'eux mêmes ',63. « Un contemporain, qui lui est très-défavorable, tant la sévérité des mœurs choque

une nature dévergondée, n'oublie rien de tout ce qui pouvait ici prêter au ridicule : « A Sully, où il s'étoit retiré sur la fin de ses jours, il avoit quinze « ou vingt vieux paons, et sept ou huit vieux reistresde gentilshommes, qui, « au son de la cloche, se melloient en haie pour lui faire honneur quand il « alloit à la promenade, et puis le suivoient; je pense que les paons sui- « voient aussi 45*. »

Ce n'est donc pas chez ces deux hommes, l'un trop patriarche, l'autre trop courtisan, que l'on trouve la vie des champs telle que nous la concevons poulies hommes du monde; leur contemporain, Montaigne, a-t-il mieux rencontré dans son oisiveté méditative, au milieu de ses travaux philosophiques. Il habitait Montaigne, bâti par son père : « Ma maison est juchée sur un tertre, « comme dit son nom... De ma librairie, où je me tiens le plus souvent, je « commande mon mesnage. Je suis sur l'entrée et voy soubs moy mon jardin, « ma basse-cour, ma cour et dans la pluspart des membres de ma maison. Là « je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et « sans dessein, à pièces descousues ; tantôt je resve, tantôt j'enregistre et « dicte, eu me promenant, mes songes que voicy. Elle est au troisième estage « d'une tour; le premier, c'est ma chapelle ; le second, une chambre et sa « suite, où je me couche souvent pour estre seul... Je passe là, et la pluspart « des jours de ma vie et la pluspart des heures du jour... A sa suite est un « cabinet assez joly, capable à recevoir du feu pour l'hyver, très-plaisamment « percé, et si je ne craignoy non plus le soing que la despense, le soing qui me « chasse de toute besongne, j'y pourroy facilement coudre à chasque costé « une gallerie de cent pas de long et douze de large, à plain pied ; ayant « trouvé tous les murs montez pour aullre usage à la haulteur qu'il me faut. u Tout lieu retiré requiert un promenoir. Mes pensées dorment si je les as- « sieds : mon esprit ne va pas seul comme si les jambes l'agitent. Ceux qui « estudient sans livres en sont tous là. La figure en est ronde ( de sa chambre) , « et n'a de plat que ce qu'il faut à ma table et à mon siège, et vient m'offrant « en se courbant, d'une veue, tous mes livres, rangez sur des pulpilres à « cinq degrez tout à l'environ. Elle a trois veucs de riche et libre prospect, « et seize pas de vuide en diamètre... C'est là mon siège. J'essaye à m'en « rendre la domination pure et à soustraire ce seul coing à la communauté, et « conjugale, et filiale et civile 455. » C'est bien là le refuge de la méditation; (•'est bien là, pour l'écrivain philosophe, le charme de la campagne ; Montaigne ne la comprenait pas autrement 4S6.

Il semblerait que les jardins se fussent façonnés alors à la ressemblance de leurs maîtres, et se soient crus obligés, au milieu delà liberté des forets et des champs, de garder l'air compassé et les formes régulières de leurs manières et de leurs costumes. Ce n'étaient qu'allées droites, que charmilles découpées, que parterres emprisonnés dans de minces bordures de buis, dessinant en

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contours exacts les armes du maître, le chiffre de la dame, ou les noms des enfants *87. La verdure se détachait sur des allées de sable jaune, les vives couleurs des fleurs tranchaient sur des fonds de cailloux et de coquillages, et les terrasses, péniblement contenues dans des murs de soutènement, offraient des balcons pour admirer ces enfantillages. Bernard de Palissy, dans la description de sou « jardin délectable, h s'élève contre les dindons et les grues en ifs et en romarins du jardin de l'abbé de Glairmarais, à Saint- Omer, et contre les gens d'armes de buis de l'abbé des Dunes en Flandre; mais il conseille les temples eu charmilles, avec portes et fenêtres ; c'était donc un engouement bien général, puisqu'il était partagé par cet habile homme '*58.

Le sentiment des beautés de la nature n'était pas éteint cependant, mais il manquait un architecte qui lui servît d'interprète. Lcnôtrc répondit, un siècle plus lard, à cet appel de Montaigne : a Ce n'est pas raison que l'art gagne le « point d'honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons « tant rechargé la beauté intrinsèque et richesse de ses ouvrages, par nos in- « venlions, que nous l'avons du tout étouffée, si bien que, partout où sa pu- « reté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entre- « prises 4S!\ »

Les champs n'avaient donc encore vu que les mœurs guerrières de la féodalité, les violents exercices de la chasse, l'air compassé des seigneurs ou les enfantillages ridicules du mauvais goût. Sous le ministère, j'allais dire sous le règne de Mazarin, la vie de la campagne prit, pour la première fois, en France, le caractère qui lui est propre, comme complément de l'existence de l'homme du monde. Les raisons en sont faciles à déduire. Richelieu 460 avait assombri l'esprit français, sa pesante domination avait comprimé tout essor; le caractère, la gaieté de la nation, et ce besoin de vivre et de s'épancher, qui fait la société, s'épanouirent lorsque le roi esclave suivit dans la tombe son ministre tyrannique. Tous les désirs, toutes les passions, une effervescence générale éclata de tout côté, on eût dit un peuple entier délivré de ses chaînes, reprenant possession de ses foyers et respirant un air nouveau. Le luxe s'empara de la ville et déborda sur la campagne. Bientôt la noblesse opulente de la capitale avoisina cette noblesse campagnarde et pauvre qui, cachant avec dignité sa misère, s'en consolait par la haute considération qu'inspirent de grands noms toujours indépendants, et des traditions glorieuses précieusement conservées.

Il se trouvait aussi dans les châteaux, quoiqu'on bien petit nombre, quelques hommes distingués, quelques femmes élégantes, qui, n'ayant pas la vocation du cloître, trouvaient dans la solitude de la campagne les mêmes ressources qu'offre la religion pour combattre ou pour se rendre utile le désenchantement de la vie. Le citadin apprit d'eux les ressources de la

7(i QUATRIÈME LETTRE.

vie des champs, ils apprirent de lui les nouvelles conquêtes du luxe et ses exigences.

Cependant l'économie voyageait encore vers ces retraites ; la jeune madame de Sévigné trouva un peu sévères ses premiers étés des environs de Vitré, un peu rudes ses paysans bretons ; mais plus tard, elle aussi, quand son veuvage lui eut laissé sa liberté, elle embellit le vieux château des Rochers m, et se laissa aller, quoique modérément, selon sa nature modérée en tout, à ce goût du luxe qui était général. C'est en plaisantant que Bussy Rabutin lui reproche les bénéfices de la vie seigneuriale qu'elle mène au milieu de ses terres :

Peut-être aussi que le ménage

Que vous faites dans le village

Fait aller votre revenu

Gù jamais il ne lut venu ;

Ce sont raisons fort pertinentes

D'être aux champs pour doubler ses rentes,

Il savait bien que l'esprit le plus sociable, le cœur le plus généreux, n'avait de conseil que la raison.

C'eût été l'âge d'or, si cet entraînement des plaisirs n'avait rencontré des situations fausses, des esprits tristes, des caractères mécontents ; mais cette bonne régence avait les siens. C'était mademoiselle de Montpensier, veuve de tous les maris qu'elle avait rêvés, chagrine de tous ses mécomptes. Elle avait transporté à la campagne iG2 ses affections si changeantes et ses goûts un peu factices ; à des commensaux qui craignaient ses caprices, à des amitiés qui doutaient de ses sentiments, elle imposait des mœurs campagnardes de son imagination, et des rôles de bergers pris dans les romans. « Je voudrais à la campagne qu'on allât garder les troupeaux de moutons « dans nos belles prairies, qu'on eût des houlettes et des capelines, qu'on « dînât sur l'herbe verte des mets rustiques et convenables aux bergers, et « qu'on imitât quelquefois ce qu'on a lu dans l'Astrée. Lorsqu'on serait re- « vêtu de l'habit de berger, je ne désapprouverais pas qu'on tirât les vaches, « ni que l'on fit des fromages et des gâteaux. » Le dix-huitième siècle a vu ces tentatives pastorales devenir un goût dominant : on n'en était au dix-septième qu'aux essais d'existence mythologique. M. de Lisieux *03, se promenant dans le beau parc de Rambouillet, entra dans une prairie, au milieu de laquelle s'élève bizarrement un groupe de rochers ombragé par de grands arbres. » Il s'approche, et est fort surpris de voir entre les branches quelque 'i chose de brillant ; enfin, étant parvenu jusqu'aux roches, il trouve made- « moiselle de Rambouillet et toutes les demoiselles de la maison, vêtues « effectivement en nymphes, qui, assises sur ces rochers, faisoient le plus « agréable spectacle du inonde *M. » Le prélat fut charmé, non pas étonné,

de ce spectacle qui n'avait d'insolite que la grâce et l'agrément de la belle Julie d'Angennes, car partout ailleurs 468 il devait s'attendre à ces déguisements, à des changements de noms, à des jeux qui pouvaient être innocents, qui certainement donnaient à l'esprit une tournure agréable et délicate, et en tout cas à la journée un emploi quelconque.

A part celle tendance plus ou moins romanesque, Mademoiselle, dans le cours de son existence qui fut presque une longue folie, eut des moments très-lucides et de liante raison. Les conseils suivants peignent assez bien ce que devrait être et ce que fut quelquefois à Saint-Fargeau 466 la vie de la campagne; ils sont dictés avec simplicité par un goût de société délicat : « Pre- « mièrement, il faudrait que les personnes qui voudraient se retirer de la « cour et du monde, s'éloignassent de l'un et de l'autre sans être rebutées; <i mais qu'elles le tissent par la connoissance du peu de solidité qu'on trouve « dans ce commerce; et il est aisé de ne s'en pas soucier, quand on est parti venu par ses soins ou par sa naissance à jouir d'une fortune honnête et « selon sa condition. On peut aussi se trouver en âge où l'ambition est moins « vive et où les personnes raisonnables peuvent guérir facilement. Il serait « bon de concerter tous ensemble du lieu de l'habitation, et délibérer si on « choisirait les bords de l'Oise ou ceux de la Seine. Quelques-uns aimeront « mieux les bords de la mer. On prendrait un grand plaisir à faire planter et « à voir croître des arbres différents ; le soin d'ajuster sa maison et son jardin « occuperait aussi beaucoup. Ceux qui aiment la vie active travailleraient à « toutes sortes d ouvrages, comme à peindre ou à dessiner, et les plus pa- « resseux entretiendraient ceux qui s'occuperaient de la sorte. On nous en- « verrait tous les livres nouveaux et tous les vers, et ceux qui les auraient « les premiers auraient une grande joie d'en aller faire part aux autres. Je « ne doute pas que nous n'eussions quelques personnes qui mettraient aussi « quelques ouvrages en lumière, selon leur talent. Ceux qui aiment la musi- « que la pourraient entendre, puisque nous aurions parmi nous des personnes « qui auraient la voix belle et qui joueraient du luth, du clavecin et d'autre» » instruments. «

Les mémoires de Goulanges, les ouvrages du temps, et la correspondance de madame de Sévigné, nous apprennent qu'on menait, au château de Fresnes, la vie conseillée par Mademoiselle Là, loin d'être rebutées du monde, les personnes dont se composait la société de madame Guénégaud, en étaient l'ornement ; elles venaient à la campagne, non pour le fuir, mais pour se préparer à mieux briller dans ses fêtes. Quelques-uns des visiteurs avaient cependant cruellement éprouvé ce que valent l'ambition et lafaveur; mais ils conservaient, des vicissitudes de leur vie, une expérience sans amertume , qui ne donnait que plus de solidité et d'agrément à leurs conversations. Le maître de la maison expliquai I à son protégé François Mansart ses projets, que le grand artiste

saisissait facilement, parce que, conçus par un homme de goût, ils étaient toujours exécutables. Les changements qu'il demandait avaient en général pour but de concilier la beauté des proportions, la grandeur des appartements, en un mot , les règles de l'art, avec les conditions les plus favorables de l'habitation et du bien-être. Ses salons étaient décorés d'une magnifique collection de tableaux et de quelques morceaux de sculpture réunis à grands frais. On sait, pour peu qu'on ait habité la campagne, combien les beautés de la nature y disposent à l'admiration des chefs-d'œuvre de l'art. Les plus distraits d'ordinaire y sont alors sensibles. M. de Guénégaud , imitateur éclairé des goûts du cardinal Mazarin, avait fait, comme lui, de ses habitations de ville et de campagne, la réunion des productions les plus belles des artistes de tous les temps , et lorsque l'arrestation de Fouquct cul compromis la fortune qu'il lui devait , il trouva pour lui-même une consolation , aux yeux des autres une excuse, dans le noble emploi qu'il en avait su faire. Madame de Guénégaud partageait les goûts de son mari, et, chose assez rare à celle époque parmi les femmes du monde, elle cultivait les arts. On la voyait dans le salon de Fresnes, peignant sous la direction de Nicolas Loir i(i7, peintre de second ordre, mais d'excellent conseil. Madame de Sévigné, madame de Coulanges, M. de la Rochefoucauld, un essaim déjeune tilles et d'aimables jeunes gens, l'entouraient de leur conversation spirituelle, de leurs groupes animés. A une table, madame de Mottcvi Ile écrivait d'un style sévère les mémoires qu'on lira toujours avec intérêt; elle remontait avec ses souvenirs, et en compagnie d'Arnauld de Pomponne 468, vers ces temps de troubles, qu'elle eût relracés d'une main entièrement impartiale, si, pour compenser en quelque sorte l'excès de bienveillance que la reine , sa chère maîtresse , avait témoigné à Mazarin et qu'elle lui reproche , elle ne l'avait à sou tour trop sévèrement jugé. A une autre table était assise madame de la Fayette , composant sans doute quelque roman, Zaydc, la Princesse de Montpensier ou de Clèvcs. La musique venait s'associer par moments aux travaux et aux causeries, les répétitions de la pièce à l'étude prenaient aussi le temps des holcs de Fresnes, car le château avait sou théâtre, complément de son salon.

La grande Mademoiselle eût vu ainsi, dans plus d'un château autour de Paris, ses conseils mis en pratique; elle-même y ajoutait des exercices trèscampagnards , et des divertissements bien faits pour animer la vie de chàleau. File avait un billard et un mail pour exercer son adresse, des chiens et des chevaux anglais pour courir à travers la forêt el faire ses huit cl dix lieues à fond de train. Rentrée au chàleau. elle trouvait une bonne table, une conversation spirituelle, ses violons, sa troupe de comédiens, et Segrais et Lully pour diriger le tout *09.

Dans les environs de Paris, au sortir des troubles de la Fronde, nos nouveaux campagnards rencontrèrent des manoirs délabrés et des jardins dévastés ;

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la guerre, et la plus cruelle, la guerre civile avait habité là pendant près de quatre ans 47°. Il fallut relever ce qui était tombé, réparer ce qui était debout : c'est alors qu'on vit sous la douce influence des nouveaux goûts italiens importés par Mazarin, sous la direction et par le génie d'architectes tels que François Mansart, Lemuet, Le Vau, s'élever des habitations qui transportaient au milieu des sites les plus pittoresques de notre climat tempéré , les beautés d'une architecture élégante, dont le caprice avait son excuse dans la liberté des champs, et dans les villas de l'Italie de précieux modèles.

La belle demeure du président Maisons 471 est encore debout, le magnifique château de Vaux-le-Vicomte , construit par Louis Le Vau , s'est conservé intégralement ; Lenôtre a planté leurs jardins, et il nous suffira de ces deux exemples pour faire comprendre les caractères particuliers de cette architecture rurale et de cet art des jardins qui eurent aussi leur renaissance "2.

L'architecture a ses règles, elle a ses inspirations : les unes sont fixes ; que vous les transportiez de la ville à la campagne, de la vallée à la montagne , elles restent rigoureusement les mômes, parce que ses conditions ne changent pas ; mais les inspirations de l'artiste se modifient comme le goût, comme les sites de la nature, comme les différences des conditions et des fortunes. Maisons domine la Seine, et dans son port gracieux, avec sa blanche enveloppe, il semble un cygne sorti de l'eau, qui se repose au soleil sur la verle pelouse; Vaux-le-Vicomte , comme un homme puissant qui s'entoure de ses courtisans et se fait précéder de ses gardes , s'élève majestueusement appuyé sur ses pavillons. Le caractère des dispositions intérieures fut soumis à la règle du bien-être. Du moment qu'on avait la sécurité au dehors, on chercha les aises de la vie au dedans ; sans être immenses , les nouveaux châteaux étaient proportionnés aux habitudes et logeaient commodément leurs hôtes 413.

Cette noble architecture demandait des jardins appropriés à la régularité de ses lignes, à la sévérité de ses proportions , à la pondéra lion habilement ménagée de ses différentes masses , et pour cela il fallait que la main d'un grand artiste vint en aide à la nature.

Jusqu'alors, l'art des jardins n'avait été qu'un puéril labeur de manœuvre; on ne connaissait que des jardins dits « de propreté, à broderies ou à contours symétriques, » qui, à l'aide de lisières de buis, d'allées sablées de différentes couleurs, et de compartiments de gazon ou de Heurs, reproduisaient uniformémentdes vases, des chiffres, des plans de villes ou autres dessins d'architecture que les charmilles encadraient de leurs lignes bizarres et tourmentées ; immédiatement après ces parterres monotones, par un contraste choquant, se développaient au loin, avec l'inépuisable variété de la nature, de vastes prairies, des champs cultivés, ou les allées couvertes parla sombre voûte des forêts.

L'Italie nous avait donné ce goût excusable au milieu des lignes sévères de

ses paysages, l'Angleterre "* l'avait accepté de nous, tonte l'Europe comprenait ainsi la campagne, et on ne pourrait citer un seul château qui offrit de ses fenêtres une antre vue, et à ses hôtes une plus agréable promenade "s.

Le changement de la vie de campagne, cette sécurité nouvelle qui rendit aux habitants des châteaux la libre jouissance de tout ce qui l'entourait, firent bientôt sentir la gênante et coûteuse inutilité de ses parterres, et quel contre-sens c'était de violenter et d'emprisonner la nature pour l'appauvrir et l'enlaidir. On le comprit, mais vaguement, et l'on continua de suivre la routine, tout en souhaitant une réforme. Celte réforme , Lenôtre l'accomplit enfin selon le désir de tons *76.

Le mérite de Lenôtre est difficile à apprécier; comme tous les grands artistes, qui n'ont, laissé après eux que de maladroits imitateurs, cet architecte des jardins a vu sa réputation compromise par l'école qu'il a formée. Lenôtre était assez en avant des idées et des goûts de son temps, pour devenir un réformateur et rester acceptable. Il fut proposé à Louis XIV, simultanément avec Duverny, son valet de chambre, un amateur qui , dans la création des jardins, faisait des pastiches de paysages. Si le roi n'avait pas le sentiment des arts , le goût des beautés delà nature lui était encore plus étranger; il ne comprenait qu'une certaine grandeur factice, et s'arrangeait de cet inattendu et de ces surprises qui avaient règle et programme. Lenôtre convenait au roi par ses défauts, et sut se faire pardonner ses qualités. Celles-ci le portèrent à tirer un grand parti des lois , en quelque sorte officielles, de cette étiquette, auxquelles on avait jusqu'alors soumis les jardins II comprit qu'entre l'architecture aux lignes droites et la nature , il élait nécessaire de créer un intermédiaire qui les reliât l'une à l'autre, et fit disparaître un contraste choquant. Dès lors ses dispositions de jardins réguliers, échelonnés sur des terrasses à balustrades ornées, ses parterres largement découpés et parsemés de statues élevées sur de riches piédestaux, ses bassins de tontes formes, animés de jets d'eau de toutes combinaisons, devinrent la transition naturelle entre l'œuvre de l'homme et l'œuvre de Dieu; c'était, d'une part, assez régulier, assez archilectonique, pour s'allier et se fondre dans la construction, et de l'autre , assez riche de verdure et de fleurs , assez libre d'allures dans sa régularité, pour s'unir insensiblement aux grandes perspectives de la forêt, aux prairies émaillécs de fleurs, aux cascades naturelles des eaux.

Ce s\slèmc raisonné et sage 477 fit merveille, en premier lieu à Vaux, puis à Versailles, à Paris dans le jardin des Tuileries, à Clagny, à Chantilly, a Saint-Cloud , à Meudou . à Sceaux, enfin, à Fontainebleau, où il dressa le parterre du Tibre. La réputation de Lenôtre fut. immense , elle élait méritée. On le sollicita daller en pays étranger, créer des jardins. 11 dessina, près de Londres, ceux de Saint-James et de Greemvich *78, et il n'y cul plus d'autres règles pour cet arl nouveau que les siennes '""

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Ses imitateurs ne furent point heureux. Appelés, en général, à s'exercer dans de petits espaces et avec des moyens trop restreints, ils ne surent pas proportionner leurs dispositions et laisser à la nature ses droits. Bien lot on recula devant d'excessives dépenses qui ne créaient que de monotones (cirasses, élevées les unes sur les autres, et qui prolongeaient sans raison dans la campagne les envahissements de l'architecture; c'est alors qu'on accepta les conseils de ceux qui, partisans exclusifs des simples beautés de. la nature, vinrent, vers 1750, proposer un nouveau système avec un grand rabais. L'Angleterre fut la première à accepter les jardins irréguliers repoussés par Louis XIV, dans la personne de Duverny; son climat plus humide rendait difficile l'entretien des parterres, ses habitudes sociales moins compassées s'accommodaient plus facilement d'un laisser aller qu'elle pouvait étendre jusqu'à ses parterres. Elle développa hardiment toutes les ressources de ce système, et lui donna son nom. Elle ies poussamême jusqu à l'exagération ; car, en amenant au perron du château les allées sinueuses, les eaux serpentantes et les arbres dans toute la liberté de leur végétation, elle trouva choquante la ligne droite de l'architecture, la roideur des pilastres, la rectitude des colonnes; alors le lierre et le jasmin furent chargés de dissimuler 1 architecture, on chercha dans le. gothique, ou le genre rustique un refuge, une échappée; de ce moment les grandes beautés de l'art furent remplacées p:ir le pittoresque, et la recherche des effets de la nature, autre genre d affectation et de puérilité. En France, cette mode nous revint, vers I -'iO, Le Blond et Des Gots en furent les premiers adeptes ; plus tard, Bérenger, architecte et peintre de paysage, mais surtout Robert, se chargèrent de dessiner les jardins avec le pinceau du peintre et l'imagination du voyageur.

Ce court résumé delà marche suivie dans l'art des jardins doit nous apprendre à admirer notre grand artiste, à critiquer également les jardins trop réguliers cl les jardins trop irréguliers ; à chercher enfin dans les créations de Lenôtre les sages principes qui l'ont inspiré et, qui doivent nous diriger.

Le dix-septième siècle a donc, créé la vie de la campagne dans ce qu'elle a déplus agréable, le style des constructions dans ce qu'il offre de [dus convenable à nos besoins, et les vrais principes de la décoration des jardins. Que nous reste-t-il de ses nombreuses créations? On le verra dans la liste suivante, où les morts sont marqués, comme sur le champ de bataille, par une croix, signe de deuil.

Versailles, Trianon, Marly 7 et Vincennes sont ies châteaux royaux du dix-septième siècle. Ils suffisent à un règne, ils l'ont ruiné. Avant d'arriver aux habitations des seigneurs, de la noblesse, de la robe et de la finance, les résidences princières servent de transition.

Saint-Cloud l80, bâti par Le Pautre, pour le frère du roi : Clagny y, près de Versailles, qui s'élève, pour madame de Monlespan, à une époque où

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Louis XIV n'avait rien de trop éclatant pour trahir ses faiblesses 481 ; Issy y, au prince de Conti 482 ; Grosbois, vaste domaine de Charles de Valois, duc d'Angoulême 48:J.

Groupons ensemble quelques grands noms qui s'associent à ce mouvement de luxe et d'élégance : les ducs de Luynes, à Dampierrc 484, où Jules Hardouin relie habilement les nouvelles constructions aux anciennes; les marquis de Rambouillet à Rambouillet 483, les ducs d'Aumont, à Passy y 480 ; la grande famille de Mesme, à Roissy -j- 481 ; Confions y, aux Ville î oy 488 ; Cliilly y, au maréchal d'Eiïiat '|S0. Je ne cile que les plus remarquables de ces habitations dans le voisinage de Paris, autrement il faudrait demander à chaque famille son manoir.

Parmi les nouvelles habitations des secrétaires d'État, des hommes de robe ou de finance, les récits du temps nous apprennent qu'on distinguait entre tous, Berny y, construit pour le chancelier Brulart de Sillery 40°, et qui, plus Janl, fut habité par de Lionne 401 ; Sceaux y, créé par Colbcrt, 492 ; Chaville f, par Louvois 499 ; Dangu, par le ministre de Louis XIII, le baron des Noyers, le protecteur du Poussin 494. Le Pautre, habile architecte, avait bâti sur ses dessins Saint-Ouen f, pour le chancelier de Bois-Franc 49S. Stain 43°, grande habitation, s'élevait, près de Saint-Denis, pour le procureur général Achillcs du Harlay ; Cbaniplàtreux 431 appartenait depuis longtemps aux Molé; Ivryf*98, date du conseiller d ÉtatClaude Boscdu Bois. Les châteaux du Bouchet y et du Fresne j avaient été embellis par Guéuégaud 4", l'homme de goût parmi les financiers L'habitation de Benicourt 500, à Bagneux -J-, datait du règne de Louis XIII, vers le temps où le surintendant d'Hémery chargeait Lemuet de construire à Tanlay 501 une superbe habitation. Le même architecte donna des preuves de son talent à Chavigny -j-, en Touraine 50'2, à Pont -J- ""'\ en Champagne ; Petit-Bourg 604 date de Galand, secrétaire du conseil ; Monljeu, du surintendant Jeannin; Villeneirve-le-Boi, du contrôleur général Le Pelletier 05 ; Hessclin donne de magnifiques fêtes dans son château d Essonne "'"'' : Cbàlillon, groupe de charmantes maisons de plat sauce, montrait celle que François Mansart avait construite et le Raincy s'était embelli de l'habitation du surintendant des finances Bordier, bâtie par Le Van 508.

Ici se tcrmincnl nos observations sur les habitations de ville et de campagne telles que lésa créées le dix-septième siècle ; nous ne poursuivrons pas plus loin nos recherches, mais (pi on nous permette I expression d'un regret, qui s'applique plus particulièrement à notre époque. Loin de moi 1 idée de revenu' sur le passé, de me plaindre de la disparition de ces grandes existences qui relevaient I éclat de la France, de ces nobles familles dont l'aîné faisait participer tous les membres à sa grandeur et à son illustration. Nous croyons fermement que l'égalité vaut mieux, même sous le niveau d'une

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médiocrité générale. Je n'ai pas davantage la pensée de reprocher aux paysans de nos campagnes d'avoir échangé la charge légère de quelques hommages qui leur coûtaient bien peu, contre la lourde indépendance dont ils jouissent. Les droits du seigneur n'étaient souvent pour celui-ci que l'obligation coûteuse d'aider ceux-là dans leurs peines. L'indépendance du village a rompu le lien qui l'unissait au château; et cependant nous croyons fermement que l'égalité pour tous vaut mieux, nous le croyons encore même sous le règne de cette sourde envie et de ce malaise moral qui travaille toutes les classes.

Notre appel ne s'adresse qu'aux nouveaux riches, de quelque manière qu'ils le soient devenus, nous leur dirons : « Si vos pères n'ont rien construit pour vous, n'en ayez pas de soucis, d'autres ont pris ce soin ; il y a dans nos villes de nobles demeures, à la campagne de magnifiques châteaux; les vicissitudes du temps les ont mis en vente 50J. Vous, monsieur H..., au lieu de dépenser deux millions pour construire un hôtel que vous n'avez pu rendre plus riche qu'un café, que n'achetiez -vous dans Paris un de ces vénérables monuments menacés parla spéculation? Avec la moitié de vos dépenses, vous vous arrangiez une magnifique demeure, et vous aviez fait quelque chose de vos richesses. Vous, monsieur P..., qui dépensez trois millions pour bâtir l'énorme guinguette de Lormois, vous pouviez acheter Chambord ou Chcnonceaux, vous dépensiez moins, vous étiez mieux logé, et vos enfants héritaient avec votre argent de la reconnaissance que vingt générations d'artistes vous auraient vouée. »

§ î. I.E PALAIS MAZARIN DEPUIS LA BOUT DU CARDINAL, EN 1681, JUSQU'A LA CHUTE DU

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