‹ De l'organisation des bibliothèques dans ParisChapitre 43 sur 54 · PALAIS MAîiARW · texte numérisé non relu

PALAIS MAîiARW

Note 253.

celles du puni Rostre-Dame, mises en vers français. A Paris, chez Cardin Besongne, 1660 (de 13 pages). Voici la traduction de l'inscription placée par la municipalité de Paris, sur la porte Saint-Antoine :

A la paix acquise

parles armes triomphantes de Louis XIV, par les heureux conseils d'Anne d'Autriche, fondée ei à jamais eslablie par l'auguste mariage de Marie-Thérése, parles soins assidus de Son Eniinence Jules Mazarin. Le prevost des marchands ei les eschevins ont dédie ces portiques l'an M.DC.LX.

129. Explication et description de tous les tableaux, peintures, figures, dorures, brodures, reliefs et autres enrichissemens, qui estoient exposés à tous les arcs-de-lriowphe, portes et portiques, à Centrée triomphante de Leurs majestés. A Paris, chez- .T.-li. Loi/son, 16G0 (de 12 pages). SO.Explication des devises générales et particulières des tableaux, figures en relief, etc., etc., élevés à la gloire de Louis XIV, etc., etc. A Paris, chez J.-B. Loyson, 4°, 1660 (de 12 pages). 51 .La conférence de J anot et Piarot Doucet de Villenoce, et de Jaco Paquet, de Pantin, sur les merveilles qu'il a vcu dans l'entrée de la Reyne, ensemble comme Janot luy raconte ce qu'il a veu au Te Deum et au feu d'artifice. A Paris, h", 1660. C'est une plaisante imitation du patois des environs de Paris ; il y a deux éditions, l'une de 12 pages et l'autre de i5. celle-ci-impiïmée d'un plus gros caractère. 02 M Musc en belle humeur, contenant la magnifique entrée de Leurs Majestés dans leur bonne ville de Paris, suivant l'ordre du Roy , donné à messieurs de Rhodes et de Saint ol. — Le tout en vers burlesques. A Paris, chez Jean-Baptiste Loyson, fto, 1660 (de 82 pages). Le privilège du i4 novembre 1660, nous apprend que le sieur Parent est l'auteur de cette longue et curieuse description qui n'a pas moins de deux mille quatre cent et quelques vers, et il nous annonce que pour être complet, ce livre doit être enrichi/ d'une grande figure où est représentée l'entrée de Leurs Majestés dans la ville de Paris, et tous les lieux où ils ont passé, depuis le Trône jusqu.es au Louvre, et ce pour l'ornement et l'embélissemenl du dit livre.

L'indication de ces renseignements suffit, je ne ferai donc qu'une citation ; elle est de Bi ienne.il écrivait de Liboume, le h et 11 juin 1660, une description des cérémonies du mariage; voici d'abord le titre de son mémoire : « Relation de ce qui s'est passé au mariage du Roy cl de la Ueyue, célébré à Fontarabie, le troisième juin 1660, dressé par M. le comte de Brienne lils, qui a esté présent à cette cérémonie, et a signé le contrat de ce mariage en qualité île secrétaire d'état, pourvu de cette charge à la survivance de M. le comte de Brienne son père. » (Mss., fonds Cangé, i32-

Brienne était en effet du petit nombre de ceux qui assistérentà la cérémonie, avec M. de Bouillon, Marsillac, Villequier, Varde, Sou-

vré, d'Uzès, de Navailles, et MM. les maréchaux du Plessis et de Guénégaud, qui estoient tous incognito ;de mesme mademoiselle et mesdames de Navailles, d'Uzès et Moteville (voir, pour tous les noms des gentilshommes qui formaient le cortège, tant de Mazarin que de dom Louis de Haro, le manuscrit 11. de la bibliothèque de l'arsenal. Hist. Fr. in-4°)

« Lorsque le Roy prit congé de la Reyne, il se tourna vers le cardinal Mazarin, et luy dit que s'il esloit capable de se consoler d'estre obligé de quitter sa fille qu'il ayuioit si tendrement, c'esloit de voir qu'il la donnoit pour femme à un Roy aussi bien fait que le nostre et qu'il regardoit déjà comme son propre fils, sur quoy il esleva la voix, afin que Sa Majesté le peut entendre, adjoustant que ses enfans qu'il retrouveroit a Madrid, ne luy seroyenl pas plus chers que ceux qu'il laissoit en France. Et après avoir asseuré Son Eniinence de l'affection et de l'estime qu'il avoit pour elle; il finit par ces mots: Toute l'Europe, dit-il, vous a obligation de la paix ; c'est à elle à vous en remercier, et j'entre dans cette reconnaissance publique comme père d'une fille qui vous doibt beaucoup, et du ressentiment de laquelle je vous réponds par avanc.

« Getadveu n'est-il pas bien obligeant pour Son Éminence, principalement en ayant pour témoins Leurs Majestés, et il a semblé aux deux nations, le regardant avec une égale admiration, qu'il y avoit un certain rayon de gloire qui environnoit la teste de ce grand ministre, et qui ne laissoit pas de luire entre l'esclat de tant de Majestés. »

De ce moment, l'opinion changea, et la correspondance de notre cliargé d'atlairesà Rome, montre qu'il fallut un acte aussi éclatant, pour persuader au Pape, peu bienveillant à l'égard de Mazarin, que le premier ministre ne continuait pas la guerre pour se rendre nécessaire. (Voir, aux archives des affaires étrangères, la correspondance de Rome, i65g et 1660.)

Cette admiration partagée par toute l'Europe, n'empêcha pas plus tard d'écrire : Mazarin, pour se rendre nécessaire ainsi que Bichclieu, se fit un devoir d'entretenir la guerre. (Le véritable portrait des cardinaux Richelieu ei Mazarin (Paris), 8", 1734.) Vous devons l'un et l'autre (la paix et le mariage) aux larmes delà Reyne- V ère , qui fléchirent l'esprit du Cardinal qui ne vouloit entendre ni à la paix, ny au mariage, etc. (De l'étal présent de lu France. A Cologne, 1 liez Pierre de Marteau, l'an 1672, 12°, à la Sphère, p. 3o.)

(255) « Un jour que je me trouvois dans sa chambre et qu'il étoit au lit, la reine-mère l'étant venu visiter, lui demanda comment il se portoit : « Très mal, » répondit-il, et sans dire autre chose, il jeta sa couverture, sortit sa jambe et sa cuisse nues hors du lit, et les montrant à la Reine qui en fut étonnée aussi bien que tous les spectateurs, Il lui dit : « Voyez, madame, ces jambes qui ont perdu le repos,

LE PALAIS MA/.AKliV.

en le donnant à la France. » En effet, sa jambe et sa cuisse étaient si décharnées, si livides et si couvertes de taches blanches et violettes, que cela faisait pitié. La bonne Heine ne put s'empêcher de pousser un grand cri et de jeter quelques larmes eu voyant ce déplorable état. On auroitdit Lazare sortant du tombeau. » (Brienne, Méni. , chap. 9, p. 108.)

Dès 1653, il était atteint de la goutte (Loret, Muse Hist., liv. IV, p. 119, 11 oct.) ; en i654, il eut une première atteinte de coliques néphrétiques (21 mars, liv. V. p. 36); enfin, en 1 65g, il ressentit de vives douleurs causées par la gravelle (10 may, liv. X, p. 70).

Il répond à Colberl (le 22 octobre 1657) qui s'était informé de sa santé : Je me porte aussi bien que on le peut avec la pierre qui n'est pas encore sortie, dont je suis souvent attaqué des grandes douleurs.

Brienne, si injuste pour la mémoire du cardinal, convient cependant que : Son Eminence se consuma j>ar sa faute, dans la négociation des Pyrennées. Le Cardinal n'êtoil soulai/é par personne, avoit à répondre seul à tout le conseil de Madrid, que don Louis de Haro avait été trop habile pour ne pas mener avec lui. (Tome II, p. 107.)

(234) La Muse royale dit à ses lecteurs que les trois nièces du Cardinal, accompagnées de madame de Venelle, sont arrivées à Paris et descendues au Louvre. Loret annonce ainsi le retour des trois jeunes Mancini, le 7 février 1660:

Ces trois illustres demoiselles, Ces trois sœurs, ces trois jouvencelles De mérite presque infiny.

Dont le surnom est Manciny.

De fait, elles étaient de retour depuis la fin de janvier:

Les illustres Mancines,

Du Louvre à présent citadines.

(21 février 1660.)

Elles seules logèrent au Louvre ; le Cardinal descendit rue de Richelieu :

Le grand héros qu'on nomme Jules,

Est venu dedans son palais, Se retirer en un lieu frais.

Hors de cette foule importune Qu'à la Cour traîne la fortune, Et fort peu propre en vérité Pour goûter la tranquillité.

(Muse royale, 26 juillet 1660.) A quelques jours de là, « le samedy, 21 aoust 1661, MM. le lieutenant civil et conseillers assemblés chez M. le lieutenant civil, à huit heures du malin, se sont transportés chez Monseigneur le cardinal Mazarin , auquel M. 'le lieutenant civil a fait une belle harangue au sujet de la paix et du mariage du Roy avec l'infante d'Espagne.

« La réponse de M. le Cardinal élant dans son lit, malade, a été qu'il sçavail que les officiers du Châtelct auoienl toujours été obéis-

sants au Boy et zélés au bien de l'État, que la paix avait été faite, dont on n'avait pas encore ressenti les effets, mais qu'il y travailleroit aussitôt qu'il auroitplu à Dieu lui rendre la santé. » (Extrait d'un manuscrit inédit de la bibliothèque des archives de la préfecture de police, intitulé : Journal du Chàlelel de Paris, depuis 1 6 49 jusqu'en 16O9, tenu par monsieur Emery, couse, lier au dit Chàlelel. Un volume papier, de 211 pages. Lorsqu'oa voudra éclaircir les juridictions parisiennes, ce manuscrit sera d'une certaine utilité; sous le rapport historique ou biographique, il offre peu d'intérêt.)

(255) Je crois avoir retrouvé la place de celte machine assentionnelle dans l'épaisseur du mur, près la lettre O du plan général. Les mémoires de Tallcmant des Réaux (lome VIII, p. ii), nous apprennent que plusieurs personnes commandèrent des chaises faites comme celle du cardinal Mazarin, pour se faire porter du bas en haut du logis, et du haut en bas, avec des contrepoids. On peut citer M. Villayer, maître des requêtes; et cette anecdote prise dans le Furetiriana, le plus médiocre des ana : M. Tonier étoit assez bon mrchanicien, quoi/que cette science n'eut aucune liaison avec ce qu'il faisait. Il fil une. chaise au bord de sa fenêtre, faite eu forme de balcon, qui se haussoit et se baissait avec une grande vitesse, par le moyen des contrepoids. Il étoit souvent incommodé, ce qui l'empêchoit de reconduire jusqu'à la poi te de la rue, ceux qui le venaient voir ; il étoit le premier à les prévenir là-dessus, mais lorsqu'ils avaient commencé à descendre dans la cour, on était surpris d'y trouver M. Thonier. Un jour qu'il fit la même chose, pour surprendre agréablement un de ses amis, il le surprit désagréablement; car la machine rompit, M. Thonier se blessa au bras et se mutila tout le corps. Depuis ce temps la, il n'est pas rentré dans la machine, et a toujours reconduit ses amis comme les autres font. (Furetiriana, ou les Bons Mots et les Remarques — de M. Furetier. A Paris, 12°, 1696, p. 158.)

Comme l'anecdote racontée par des Réaux, se rapporte à l'année 1655-58, comme d'un autre côté, il est question de cette chaise ou de quelque chose d'approchant dans une Mazarinade de 1649 (voir la note 29), il se pourrait bien que j'aie placé, après le retour de la frontière d'Espagne et comme expédient d'un malade, ce qui daterait de la construction même de la gallerie en 16Û5-Z|8, et qui ne serait qu'une recherche de paresse d'un homme aimant ses aises. Le point n'est pas grave, j'en laisse juge le lecteur, et je le renverrai à la critique, un peu bien exagérée, du pamphlétaire (note 29).

(236) Après avoir décrit la marche générale, Loret s'écrie :

Mais, chers lecteurs, cela n'est rien, (A parler en homme de bien)

LE PALAIS MAZAR1N.

N'oie 258.

Au prix de la magnificence

Du beau train de Son Eminence,

Conduit par cet homme prudent

Monsieur Colbert son intendant

Qui, dit-on, du siècle où nous sommes,

Est un des plus agissaus hommes.

(28 août 1660.)

Une des plus curieuses descriptions de celte entrée, est celle que composa le sieur Parent, sous le titre de la Muse en belle humeur. Je ne puis résister au plaisir de copier ces détails qui pourront paraître minutieux; pour moi, ils ne le sont jamais assez.

Mais brisons là notre langage, Car je vois filler un bagage, Et si je ne débutte mal, C'est de monsieur le Cardinal.

Ouy que je puisse avoir la liergne, Ce sont là ses mulets d'Auvergne, Je reconnois bien ses couleurs, Ses valets ce sont des seigneurs.

O Dieux ! que ces nobles montures Portent de riches couuertures, Mais un plus agréable faix, Puisqu'ils sont chargés de la paix.

Sus, Messieurs, qu'on leur fasse place.

Sont des mulets de bonne race; Mais détournez un peu vos yeux, En voicy bien qui vallent mieux :

Ceux-ci sont nourris dans les Landes, Ils ont les oreilles plus grandes, Lejarelset les reins plus forts, Et portent de plus grands trésors, Toutesfois des mêmes livrées, Mais qui sont mieux élaborées :

Ce n'est que soye à petits points, Dessus le fond et sur les coins, Et partout riches broderies; Au milieu sont ses armoyries El ses chiffres tout allentour, Qui sont de vrays chiffres d'amour.

Quelles surprenantes merueilles Charment mes yeux et mes oreilles!

En voicy venir de nouueaux, Bien mieux parés et bien plus beaux, Dont mon aine est toute esbaye, Ceux-cy sonl-ils de l'Arabie, Et portent-ils (si chargés d'or) Le bagage du grand Mogor, Or, soye, argent meslez ensemble L'art derouuricr y rassemble, 'l'ont ce qu'il y a de nouveau Et de plus riche et de plus beau, Si bien que jamais couuertures N'ont porté si riches ligures, A chaque Mulet un suivant, A chaque Mulet mord d'argent, Sur leurs testes plumes esgrettes.

Les plaques, grelots et sonnettes, D'argent massif bien travaillé Rendoit le peuple esmerveillé.

Parmy ce pompeux équipage Et ces carrosses de bagage, Celuy qu'on voit si chargé d'or Qui vaut Imv seul un grand trésor,

C'est le char où Son Eminence Meyne la fortune de la France.

Je vois venir des cavaliers Assez digne de tes lauriers.

Toute cette cavalierie Ce n'est qu'une mesme escurie, De Monseigneur le Cardinal Où il n'y a pas un cheval, Parmy son illustre bagage Sous l'officier ou sous le page, Qui ne vaille bien Pacolet.

Une noblesse fort guerrière, De la maison de Monseigneur De ce train relètie l'honneur.

Voicy des gardes plus de cent Je ne sçay pas si l'on en ment, Mais ils esloient très grande bande Portant chacun une houppelande Rouge et brodée de fin or, Et je vous puis bien dire encor, Tous les estaffiers de la suitle Esloient des estaffiers d'eslite.

( Pag. 32 à 37.)

(237) Parmi les gentilshommes qui l'avalent suivi en Espagne, on comptait Saint-Evremont , et au milieu de ceux qui s'étaient réunis à sa maison, lors de l'entréede la Reine à Paris, on distinguait le brillant chevalier de Grammont (Lettres de Madame de Maintenon, tom. I , pag. 29), qui se vante, dans ses Mémoires, d'avoir fait courber la morgue du Cardinal sous le coup de son ironie (Voir ses Mémoires racontés par le comte Ant. Haniilton, chap. V). Il faut admettre qu'Hamillon invente pour lui, ou que le chevalier de Grammont donne un démenti à son historien , car le mépris pour le ministre se concilie mal avec cet hommage respectueux, rendu publiquement à sa personne. Parent, qui n'y voyait pas malice, dit tout bonnement dans sa Stuti en belle humeur :

Je reconnois bien ses couleurs, Ses valets ce sont des seigneurs.

(Pag. 32.)

Le poète Benserade adressa à Mademoiselle de Bcauvais son poème sur l'accomplissement du mariage de Leurs majestés. Par une feinte ingénieuse, il passe en revue tous ceux auxquels il pourrait le dédier :

J'aborderois Jules très volontiers Et je lui dois des volumes entiers.

Ses nobles soins, ses travaux et ses veilles Ont entassé merveilles sur merveilles.

Je garde aussi pour ce grand demy-dieu Tout mon encens, mais ce n'est pas son lieu. C'est à vous seule, adorable Angélique, Que je consacre un si petit labeur.

(OEuvres, 120, 1698, tom. 1, p. 2.)

(2o8) Loret nous ledit aussi :

Le posle de la Reine-mère, Pour voir tout ce brillant mystère

Note 263. LE palais

Et de Monsieur le Cardinal Que Dieu préserve de tout mal.

Puisqu'il s'est rendu par ses veilles, La cause de tant de merveilles, Fut chez Madame de Beauvais.

Poste qui n'était pas mauvais Etant un palais, à la mode, Fort sompteux et fort commode.

Et dont pour sa construction On a de l'obligation, (Qu'on ne peul passer sous silence) Aux bontés de Son Eminence.

(28 août 1660.) La princesse Palatine, la reine d'Angleterre et sa fille, Turenne et d'autres personnes de la cour, y étaient réunis. Nous avons une estampe de Marot, intitulée Vliôtel de Beauvais, rue Saint- Anlhoine, Jean Marot fecit, qui fait partie d'une publication mise au jour à l'occasion de l'entrée de Marie-Thérèse. On voit Anne d'Autriche au balcon du milieu et le Cardinal à la fenêtre de droite. L'hôtel de Beauvais s'est conservé intact rue Saint-Antoine, n° 62. J'en parlerai ailleurs (note 387).

Le gazettier, auteur de la Muse Boyale, adressa, au sujet de cette triomphante entrée, une épître descriptive à la princesse Palatine. Il donne ainsi essor à sa muse :

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