‹ De l'organisation des bibliothèques dans ParisChapitre 45 sur 54 · FAMEUX CURIEUX DES OUVRAGES MAGNIFIQUES · texte numérisé non relu

FAMEUX CURIEUX DES OUVRAGES MAGNIFIQUES

M. le duc d'Aumont,ruè de Joùy.

M. le duc de Saint-Simon, rue Taranne.

M. le duc de Richelieu, Pla<e Royale.

M. le chevalier de Lorraine, au Palais-Royal.

M. le marquis d'Hanterive, au Cherche-Midy.

M. le marquis de Rieux, rue de Seine.

mazarin. Note 517.

M. le comte de Flamarin, près Saint-Roch.

M le comte de Barlolet, rue de Tournon.

M. le marquis de Rhodes, près la porte Saint-Honoré.

M. Il- baron de Breteuil, rue de Paradis.

M. le comte de Morstein, sur le quay des Théatins.

M. le comte de Renés, rue Saini-Dominique , quartier

Saint-Germain.

M. le commandeur d'Hautefeuille, rue du Bac. M. le commandeur de Gaults, derrière Saint Roeh. M. le chevalier de Simonville, rue Sainte-Croix-de-la-

Bretonnerie.

M. le chevalier de Nogent, rue d'Anjou au Marais. MM. les présidents Lambert et de Bretonvilhers , isle

Notre-Da me.

M. le président Dorieux, près les Eufans Rouges. M. le président de la Frontière, rue Saint-Dominique. M. Jolly, conseiller en la cour Saint-Antoine. M. de Caumartin, rue Sainte Avoye.

M. Mendat, rue Saint-Louis du Marais.

M. Jabac, rue Neuve-Saint-Médéric.

M. de la Saldiere, rue du Gros-Chenet.

M. le Doyen de Saint-Germain l'Auxerrois. MM. Belluchotet le Riche, rut- des Massons. M. de Fuietiere, rue (lu Roi de Cicile. M. de Creil, rue de Montmorency.

MM. Berlin et de la Touanne, Forte Gaillon. M. Despond, aux Incurables.

MM. Quenel et. de Montigny, à Saint-Magloire. M- l'abbé Vetery, rue des Bons-Eufants , où il donne

entrée aux curieux tous tes matins.

M. de Blois, rue du Jardinet.

MM. Gedoiiin et Bergeron, rue de la Couture-Saiute- Caterine.

M. deChantelou, près le Trône du Fauxbourg Saint-Antoine.

M. Raopes, rue de la Harpe.

M. Puillot, près les Capucins du Marais.

M. de Nasse, rue de Clery.

M. l'abbé Danneeourt, rue de Grenelle.

M. Frauctot, quay d'Alençon dans l'isle.

M. Berthelotde Mareuil. rue Plàtrière.

MM. Bordalou et Rigault, rue de la Sourdière.

M. Robert, près les Petits-Pères.

M. l'abbé de Roiiilliere, rue des Rosiers Saint-Germain. M. de Kenè Moulin, pies l'Estrapade. M. le Chevalier du Guet, Vieille rue du Temple. M. l'abbé Noué, rue Neuve-des-Petits-Champs. M. Gamarre, rue du Sépulcre.

M. de Briancourt, rue Saint-André.

M. de Chaufourneau, près les Felits-Capucins. M. de Treville, près laSorbonne.

MM. Moreau et de' la Gardette, rue Sainl-Nicaise. M. l'abbé d'Apremont, rue de l'Université. MM. Aincelin , d'Apoiguy et de Saint-Maurice, rue Bar du-Bec.

M. Lhuillier, rue des Jeusneurs.

M. de Cormery, près Saint-Roch.

M. Cailler, à l'hôtel de Condé.

M. Manon, à l'hôtel de Belliugant.

M.Hedeline, doyen de Saint-Honoré.

M. l'abbé de la Rouchere, rue Saint-Thomas. M.Imbert, près les Chartreux.

MM. Le Fehvre et le Ferron, rue Mauconseil. M. Leviez, rue Saint-Sauveur.

M.l'abbe Bizot, rue Saint-Jean-de-Beauvais. M. de Gaguiere, à l'hôtel de Guize.

M. de la Ravoire, rue d'Anjou.

M. de Silly, rue Saint-Louis au Marais. M. Malot, rue Neuve-Saint-Eustache.

M. Galot, près le Chevalier du Guet.

M. Dupuis , rue des Tournelles.

M. de La Planche, rue de La Planche.

M. Lavucat, près l'hôtel d'Angoulesme.

M. le Doyen de la Sainte-Chapelle.

M. Chanebras de Cramailles, rue du Cimetière-Saint- André.

MM. Moulle, Bonnet et Bourdelot, rue Sainte-Croix-de.

la-Bretonnerie.

M. Auhert, rue de la Tixeranderie.

M. Hubert, rue du Temple.

M. Guilloite, rue Bourlabè.

M. Du Vivier, à l'Arsenal.

M. Du Plessy, rue de Jouy.

M. Croissade, rue Coquillière.

M. Du Vaux, rue Tictonne.

M. de la Forest, rue du Colombier.

M. Iîrangeon, quav des Balcons, MM- Desvieux et de La Haye, quay de l'Ecole. M. Le Vasseur, rue Grenier-Saint-Lazare.

MM.de La Touche et Du Frayet, Cloistre-Saint-HonOK'. M. LeFcbvre, rue Beauh eillis.

M. Poirée, près Saint-Sauveur.

Note 518.

LE PALAIS MAZAlîIN.

M. Biot, près Saint-Jean-en-Grève.

M. Rivet, rue Saint-Honoré.

M. Mandin, rue des Victoires.

M. de Pile, près les Minimes.

M. de Sainfroy, rue de PEgoût.

M. Vavlet, rue Saint-Antoine, près les Jésuites.

M. de Lonpré, carrefour Saint-Benoist.

Mil. de la Guerre et Chaperon, Cour du Palais.

M. Tirai'd, rue du Bout-du-Monde.

MM. Orangé et de Chambrault , Cloitre-St-Germain-

PAuxerrois.

M. de Bt-auchamp, rue Bailleul.

M. Pabbé Du Plessis, près le Puits d'Amour. M. Oron, près Saint-Thomas-du-Louvre.

M. Bonart, rue Haute-feuille.

M. de ChatiMiy, rue Neuve-des-Petits-Champs. M. Fracansani, rue du Petit-Lion.

M. de Blegny, rue de Guénégaud.

Le H. P. do m Placide, bibliotéquairc de Saint Germaindes-Prés.

Le B.. P. dom Estienne, aux Blancs-Manteaux. Le R.. P. Auchereau, aux Célestins.

DAMES CVRIEVSES.

Madame la duchesse de Lude, près Saint-Euslache. Madame la duchesse d'Orvalle, rue Saint-Dominique. Madame la maréchalle deHumiere, à l'Arsenal. Madame la maréchalle d'Estrées, rue desTrois-Pavillons. Madame la duchesse de Sully, devant Saint-Paul. Madame la princesse de Meklebourg, près Saint-Roch.

Madame la duchesse de Forsmeuch , rue

Madame la duchesse de Bouillon, sur le quay Malaquet. Madame la présidente duTitlet, rue de La Flanche. Madame de Coulange, dans le Temple. .

Madame la marquise de Richelieu, isle Notre-Dame. Madame de Bouftlers, rue de Bourbon.

Madame la marquise de Quintin, même rue. Madame de Chavigny, à l'hôtel Saint-Paul. Madame la marquise de Mallel, rue Saint-Louis-du-Marais.

Madame la marquise d'Allouy, rue du Bac. Madame la marquise de Mouchai , près Bellechasse. Mademoiselle de Cutigny , rue des Rosiers-Saint-Germain.

Madame de Maillier, rue Saint- Anastaze.

Madame la présidenle Le Lièvre, rue de Brac. Madame la marquise de Polignac , près la Charité. Madame de Sauvebœuf, rue de Grenelle, quartier Saint- Gel main.

Madame de Verderonne, rue Saint-Antoine , à l'hôtel de Beauvais.

Madame de Chevry et mademoiselle de Clapisson , près

les Enfans-Rouges.

Madame de Lamec, rue Saint-Antoine.

(Page 64 à 67.)

Ce qui était alors meuble neuf, est déjà pour nous antiquaille et curiosité ; voici les indications doninées par le Livre commode de 1692 sur les meilleurs fabricants de meubles : «Les marchands tapissiers renommez pour les meubles magnifiques, sont entre plusieurs autres messieurs Bon l'aîné , tapissier du roy , rue Tictonne, Bon lecadet, tapissier de Monsieur, rue aux Ours, Barelle, à Luxembourg; Montonnet, Cellier, et Mendron , rue Michel-le- Comte ; Bernier et Malet , rue des Bourdonnois, etc. Messieurs Cussy, aux Gobelins , Boulle , aux galeries du Louvre , Lé Febvre , riie Saint-Denis, au Chesne-Vert, etc., travaillent par excellence aux meubles et autres ouvrages de marquelterie.» (Page 81.) Le volume de l'année précédente avait de moins amples renseignements.

Six ans plus tard, le docteur Martin Lister visitait Paris avec l'attention d'un homme instruit, et il publia ses observations, écrites avec la plume d'un homme d'esprit, curieux investigateur des grandes et petites choses. Le chapitre IV de son accounlof Paris traite of iheprivate cabinets of Paris, and the owners of ikem. Il donne d'intéressants renseigne-

ments sur les personnes et sur les choses. L'histoire des personnes ne se rattache pas nécessairement à l'histoire du Palais Mazarin, mais certains détails complètent ce que nous avons dit des importations du Cardinal en objets d'art et en produits de l'industrie. Je renvoie à son ouvrage qui n'estpas rare, ayant eu trois éditions. Deux faits peuvent prendre place dans cette note. Je mentionnerai en premier lieu, et M.Walckenaer l'a signalée il y a quelque trente ans , la description de la fabrication de la porcelaine opaque ou pâte dure tracée d'une manière nette et précise par ce voyageur-chimiste ; M. Brongniart a sans doute mis à profit ce curieux renseignement. En second lieu je rapporterai la comparaison qu'il établit entre les carrosses anglais et français, nous ne nous doutions pas que nous eussions une aussi grande supériorité sur nos voisins , en 1698 : The carriages here are very mimerons and much embellished with gilding; there are verij few of them, and none except those of the prime nobiliti, that are large and have a double seat , But what they ivant in the size, beauty and neatness of ours in London , is amply compensated by their superior ease , and by the facility with rohich they turn in the norrowest streets. They are ail crane-necked , with the fore-wheels very small, not exceeding two fect and a half in diameter. By this contrivance, they arc not only ectsy to be enlered , but the coach-box is brought doion so low , that the prospect through the front glasses is but Utile impeded, ichile in the London carriages, the highscated coachman is always in the point of view. Another advantage , which they possess is, that they are hung with double springs at each of the four corners, which insensibly break or prevent ail jolts ; and this extends even to the fiacres or hackney-coaches. I never ivas so sensible of the comfort of riding in French carriages,lo which J had now been accustomedsomentonthsasivenJhad occasion to ride in one of the easiest belonging to the ambassador , and which ivas very recenlly brought from England. In this, every inequa* lity in the road was felt in such a degrec, that it ivas less fatiguing to ride six hours in a French carriage, than one only in this. (P. 35, comparer avec la note 84.)

(518) En 1662, le roi dansa dans le ballet composé par Benserade , et intitulé Hercule amoureux ; Marie de Mancini avait pour rôle une étoile et pour récitatif, ces vers :

Chacun dans son estât a sa mélancolie ;

Ne cachez point la vostre, elle est visible à tous,

Etre étoille, est un poste assez doux ,

Les étoilles vos sœurs vous diront qu'autrefois Une Etoile a suffi pour produire un miracle Et pour faire bien voir du pays à des Rois.

( OEuvres. Paris, 120, 1698 , tome II , p. 249.)

Note 519.

L'éditeur des mémoires de Brienne, (t. II, p. 5o,) n'a pas remarqué que Marie Mancini était alors mariée, qu'elle résidait dans son palais de Rome et ne songeait d'ailleurs plus au roi. Le poète de la cour ayant composé ces jolis vers, ne voulut pas les laisser dans l'oubli et il les inséra dans son volume imprimé , en remarquant cependant qu'ils étaient faits pour mademoiselle Mancini qui devoit représenter une étoile , et de fait qui ne la représenta pas.

Dans ses mémoires (pag. 32 à 36), madame de Colonne avoue que sa faiblesse pour le roi aurait continué, si elle eût rencontré pour l'entretenir autre chose qu'une glaciale indifférence. J'ai déjà dit qu'il fallait se méfier de ces mémoires toutes les fois que les sentiments de l'héroïne sont en jeu. Elle torture l'histoire de sa vie pour excuser le roman de son cœur. Elle aimait le duc de Lorraine et voulait dissimuler ce ressort caché de toutes ses actions. La froideur du roi prit son origine dans le dépit et s'entretint, s'accrut par ce sentiment dos convenances politiques qui lui servit toujours de règle de conduite. Lorsque madame de Colonne après s'être échappée de Rome arrive à Fontainebleau, elle ne demande au roi qu'une chose, la permission de se jeter à ses pieds, le roi lui refuse cette entrevue, et lui défend d'entrer à Paris. Mille pistoles de pension mensuelle, tous les égards dus à son rang et les meilleurs conseils que réclamait sa conduite aventureuse, furent comme le dernier congé , le suprême adieu de ce royal amant. Madame de Colonne accepta tout, mais ne profita de rien. Je renvoie a ses mémoires pour la suite d'une vie qui n'a plus de rapport avec le Palais Mazarin et avec ses nobles hôtes. Je citerai seulement une de ses lettres dans laquelle il est question de cette pension de mille pistoles. « De Fontainebleau, le il août i672:J'ay receu, Monsieur, les milles pistoles que le roy a eu la bonté de vous ordoner pour moy de quelles je vous prie de ly rendre mille gracces. Je vous remercieré en mesme tans, Monsieur, de la manière obligente que je scay que vous vous este employé pour me fair plaisir, vous suppliant de la continuation comme aussi d'estre bien persuadé de la reconnoissaneeque en conservera touttesa vie laConestable Colonna.» Cette lettre inédite, de la collection d'autographes de M. le marquis de Fiers , ne serait pas favorable à l'opinion qu'on doit avoir du style et de l'orthographe de Marie Mancini, si l'on ne savait qu'alors on n'écrivait guère autrement etqu'une lettre n'en était trouvée ni moins bien tournée, ni moins spirituelle parce qu'elle péchait contre les règles d'une orthographe , encore bien changeante.

(519) Dès l'année 16Z18 la famille Colonna était entrée en pourparler pour s'unir aux Mancini (Correspondance avec l'Italie, a vol. , mss. Bibl. roy. ) et en i6r>o le cardinal Colonna, chef de la famille, adressa au cardinal

Mazarin une demande formelle au nom de son neveu le Connétable. On lit le passage suivant dans une lettre du père Duneau, chargé des affaires de France à Rome : le 24 novembre i05g :

« Le cardinal Colonna est un des meilleurs amis qu'aytV. E. et m'a fait l'honneur de me communiquer en secret, la demande qu'il luy a faite d'une de ses nièces pour son neveu le Connestable. Je vois qu'il a cela fort à cœur et m'a prié de l'ayder à obtenir celte grâce. Je luy ay dit que V. E. n'avoit plus que trois nièces à marier, qu'il y avoit bien des demandais concurrens, mesme des princes souverains et de la plus haute marque et qu'A mon avis Vostre Eminence ne pouvoit disposer de ses nièces que selon la volonté du Roy et delaRcyne, que néanmoins je luy en escrirois, puisqu'il le désiroit ainsy. V. E. me fera sçavoir s'il luy plaist, comme quoy je me dois comporter en cet affaire. » ( Correspondance de Rome, années 1639-1660 aux archives des affairesétrangères.) Dans une lettredu 5 janv. 1660 se trouvent ces mots : « Le bruit court dans Rome que le connestable Colonna demande une nièce à V.E. et on l'a aussi escrit de Paris. Mais il y a des personnes assez sottes dans la maison de ce prince qui publient que c'est V. E. qui fait cette recherche.» (Arch. des aff. étrang. supra.)

A cette date le cardinal Mazarin ne faisait la recherche de personne, et pouvait choisir entre les plus grands noms ; mais celui du connétable de Colonna était fait pour satisfaire toutes ses prétentions, aussi pressa-t-il la conclusion des négociations relatives à ce mariage dont les préliminaires furent signés à Paris avant sa mort. (Mémoires de la Connestable, p. 35, édit. de Madrid , et la Musc historique du 5 mars). On lit dans son testament du 7 mars ce passage : A Damoiselle Marie Mancini à présent mariée au connestable Colonne tout ce qu'il luy a assigné par sa dot. — Le Cardinal comme 011 le voit considérait le mariage comme affaire terminée, elle ne l'était pas et sa nièce avoue dans ses mémoires que ne pouvant épouser le prince de Lorraine, elle craignait fort que le Connestable n'acceptât point les conditions qui lui étaient faites , bonnes avant la mort du Cardinal, insuffisantes peutêtre après : « Je ne laissois pas d'avoir de l'inquiétude de ne voir point venir de Rome les articles que M. le Connétable devoit envoyer signés, et ce retardement faisoit croire à tout le monde que sans doute il avoit changé de sentiment après la mort de son Éminence.» (Mém.,p. 36, édit. deMadrid.)

Le Connétable accepta, en homme d'honneur, des conditions qui étaient encore fort belles après la mort du Cardinal, et Marie Mancini s'exprime ainsi dans ses mémoires : • Les cérémonies de mon mariage furent célébrées au Louvre, dans la chapelle du Roy, où Monseigneur l'Archevesque d Amasie, aujourd'hui Patriarche de Jérusalem , qui me

Note 522.

fit un très beau présent, dit la messe, et où itiôs le marquis Angelelly m'épousa au nom de mons. le Connétable. Cette cérémonie faite, je fus traitée comme princesse étrangère et comme telle eus le tabouret chez la reyne. » (Mém., édit. de Madrid , p. 37.) La gazette de Renaudot annonce la cérémonie de ce mariage, par procuration, à la date du 9 avril 1G61 et ajoute : « Le duc Mazarin traita magnifiquement les parens dans son palais.» ( N° /4G du 16 avril 1661.) Loret aussi en fait mention le 23 avril :

On maria l'autre semaine

Mancinj, la belle Romaine

Au grand et riche Colonna.

Le 19 juin , le poète-journaliste annonce l'arrivée de la Connétable à Milan et les brillantes réceptions qu'on lui fait.

(520) Dans ses mémoires madame de Colonne n'a que des compliments à faire à son mari sur ses brillantes qualités et des éloges à donner à ses continuelles attentions. Reçue à six lieues de Milan par cet époux , qu'elle n'avait jamais vu, mais dont elle ne pouvait méconnaître les agréments, elle ne se montra pas Cruelle. Le Conneslable voulut consommer ( l'édition de Hollande met consumer) le mariage le soir mesme que nous arrivâmes , malgré toutes les remontrances scrupuleuses de madame de Venelle qui n'y pouvoil consentir sans que nous cussio)is entendu la messe, (p. liO.) Le Connétable, n'oublioit rien de ce qui me pouvoil donner quelque satisfaction, il se mettait bien et de bon air, il avoit des soins , des empressemens et des complaisances qui ne se peuvent exprimer, et je puis dire enfin, quoy qu'il ne soit pas d'un tempérament fort tendre , que je suis l'unique qu'il a le plus fortement agmée cl le plus longtemps. (Page û8.)

Malgré tous les soins du mari, malgré les premièresdispositions favorables de la femme, le prince Charles de Lorraine reprit son influence sur la Connétable quand il vint à Rome et il l'entraîna à sa suite quand il en partit.

(521) Marie et Hortence étaient liées d'amitié de longue date, nous en avons vu la preuve dans les lettres du Cardinal (note i52), elles se rapprochèrent plus tard de Marie-Anne, et, à l'époque dont je parle, elles étaient toutes trois en bons rapports.

(522) Voir Brienne (Mémoires, tome II, p. 11) et Loret (dans plusieurs numéros de sa Gazette). Une aventure de son enfance racontée par Saint Réal sous la dictée de la duchesse Mazarin, mérite de prendre place ici. C'est à la fois un trait de sa Biographie et une esquisse des mœurs libres de la société du temps : « Une autre chose qui nous fit fort rire en ce temps-là, fut une plaisante galanterie que M. le Cardinal fit à madame de Bouillon, qui pouvoit avoir six ans; la Cour étoit pour

lors à La Fère. Un jour qu'il la rai I loi t sur quelque galant qu'elle devoit avoir, il s'avisa à la fin de lui reprocher qu'elle étoit grosse. Le ressentiment qu'elle en témoigna le divertit si fort, qu'on résolut de continuer à le lui dire; on lui retrécissoit ses habits de temps en temps, et on lui faisoit accroire que c'étoit elle qui avoit grossi. Cela dura autant qu'il falloit pour lui faire paraître la chose vraisemblable; mais elle n'en voulut jamais rien croire, et s'en défendit toujours avec beaucoup d'aigreur, jusqu'à ce que le temps de l'accouchement étant arrivé, elle trouva un matin entre ses draps un enfant qui venoit de naître. Vous ne sauriez comprendre quel fut son étonnement et sa désolation à cette vue. Il n'y a donc , disoit-elle, que la Vierge et moi a qui

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