‹ De l'organisation des bibliothèques dans ParisChapitre 47 sur 54 · EST TRADUIT DE L'ITALIEN · texte numérisé non relu

EST TRADUIT DE L'ITALIEN

C'était une véritable fabrication qui essayait son début; après avoir contrefait l'édition des mémoires de madame Mazarin , on lançait ceux-ci , et on menaçait la duchesse de Bouillon de faire paraître les siens. Il est vrai qu'on ne se donna pas la peine de cacher la fraude. La composition des mémoires d'une femme élégante futabandonnée à un manœuvre sans esprit et sans style, qui ne prit pas même le soin d'apprendre l'épisode le plus saillant de cette vie aventureuse : « Vous saurez qu'une Junon ayant esté déclaré souveraine , je fus traittée comme la fille d'Inachus et baillée en garde à un Argus étranger, » quel ingénieux détour pour dire qu'on la marie au connétable Colonna lorsque Louis XIV eut épousé Marie-Thérèse. « Cependant le temps de partir vint, à quoy je me disposay plus par colère, que par inclination , ce qui fut cause qu'au dernier congé, que je pris du H. qui m'accompagna pour me dire qu'il étoit

BIEN FACHE DE MON ÉLOIGNEMEIS'T, je lliy repli-

quay sire vous êtes R. et vous m'aimez et

POURTANT VOUS SOUFFREZ QUE JE PARTE? Sur

quoy, m 'ayant répondu par un silence je luy déchiray une manchette en le quittant, luy disant : Ha je suis abbandonnée.» (Page îZj.) Ce volume est rempli d'erreurs de ce genre et de circonstances scandaleuses revêtues de pensées dignes d'un laquais. Il se termine (à la page 169) à l'imitation des mémoires de madame Mazarin par un sot portrait de la Connétable (le volume est en tout de 189 pages). On y lit entre autres impertinences : « Qu'elle a un sein qui pourroit faire croire qu'il renferme les pommes de Pâl is et que ses bras sont si remplis qu'il seroit impossible de les pouvoir pincer. » (Pag. 176) En dépit de cette vulgarité de pensées et de style , cet ouvrage eut assez de succès pour rendre nécessaire une seconde édition , elle parut l'année suivante, d'un caractère un peu plus fin , sur 1Z10 pages, avec la Méduse des Elzevirspour lleuron.

On pouvait dédaigner un libellecalomnieux, il était impossible délaisser sans réponse une supposition blessante. Madame de Colonne reçut à Madrid ces mémoires supposés, et sans plus de préparation , elle écri\it ses véritables mémoires et les fit imprimer en Espagne pour les envoyer sans pics de retard en France et en Italie. Us sont précédés de quatre sonnets dont trois en italien et le qua-

trième en Espagnol, ainsi intitulé -.Alallistoria de MM. Manchini , condestable sa Colona iniitulada, la verdad en su luz,compucsta en idioma Fronces por S. E. para desvanecer la falsedad de olra que corrio con nombr e suo. Trois petites pièces en français et en latin complètent ces préliminaires,' dans lesquels la connétable prend les titres et noms de duchessede Tagliacozzo. Vient ensuite le texte des mémoires sur la page 1 au-dessous du titre suivant :

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