‹ De l'organisation des services d'assistance médicale gratuite dans les communes autonomesChapitre 14 sur 23 · LEGS · texte numérisé non relu

LEGS

Les intérêts en présence, dans l'application de la loi du 15 juillet 1883.

Loi de 1893 sur l'A. M. G. — Art. 1. « Tout Français malade, privé de ressources, reçoit gratuitement de la commune, du département ou de l'Etat, suivant son domicile de secours, l'Assistance médicale à domicile, ou, s’il y a impossibilité de le soigner utilement à son domicile, dans un établissement hospitalier.

« Les femmes en couches sont assimilées à des malades. Les étrangers malades privées de ressources seront assimilés aux Français, toutes les fois que le Gouvernement aura passé un traité d'assistance réciproque avec leur nation d’origine. »

1° Les InpiGENTS. — Ils tiennent à être rapidement guéris, parce que leur travail nourrit leur famille qui sans cela tomberait à la charge de la Société. Leur santé est leur seul capital. Pourles bien soigner il faut que le médecin, en qui ils ont mis leur confiance, leur consacre tout le temps nécessaire et ne se contente pas de les voir en passant. Dans l'immense majorité des cas, 1ls préfèrent être soignés chez eux, dans leur famille.

Ils ont le tort de se désintéresser du fonctionnement de la loi, bien que les articles 13 et 14 les invitent à exercer leur contrôle. Il est urgent qu’on les instruise. Le contrôle est pour eux un droit et un devoir.

2° Les Mépecns. — Ils ont le tort de se laisser abuser par l’attrait d'un traitement fixe qui les catégorise, les asservit, et les dupe. Un médecin conscien-

UE

RE En cieux et celui-ci n’est pas le rara avis, que l’'Administration a l’air de rechercher avec sévérité derrière ses grosses lunettes, a Le désir de soigner convenablement ses malades ; il faut lui en donner les moyens. Il faut d’abord le payer honorablement ; ensuite lui permettre d'ordonner tous médicaments utiles, à condition qu'il garde la préférence, à mérite égal, aux produits pharmaceutiques bon marché; enfin le convier à participer à la confection des listes d'assistance avec voix délibérative, car 1l est le mieux renseigné des enquêteurs.

3° Les PHARMaACIENS. — Ils désirent que leurs ordonnances soient payées. Ils délivrent souvent des médicaments sans ordonnance et, avec le système à l'abonnement, font ultérieurement régulariser, par une ordonnance médicale, ces livraisons faites sans mandat; le fait ne peut se produire avec le système à la visite, le médecin étant obligé de détacher d’un carnet à souche la feuille d'ordonnance réclamée par le pharmacien.

4 L'Hôprraz. — Il veut être payé des journées d'hospitalisation.

5° Les Communes. — Elles veulent payer le moins cher possible, pour ne pas augmenter leurs centimes additionnels. Elles se méfient des médecins peu consciencieux qui pourraient avoir tendance à exploiter l’indigence.

Elles ont intérêt à faire de l'assistance à domicile

-et à voir diminuer le nombre des indigents, Elles

doivent exercer un contrôle sévère, lors de la confec-

tion des listes d’assistance, et pour cela faire appel à

toutes les compétences, Elles pourront exercer leur

RC | contrôle sur la façon dont le Service médical sera assuré, en donnant au médecin le pouvoir de se justifier et de se faire représenter efficacement dans les Commissions d'enquête.

Il faut qu'elles favorisent le développement des lois sociales de prévoyance, telles que les retraites ouvrières et l'assurance maladie.

Elles doivent combattre par tous les moyens en leur pouvoir les grands fléaux sociaux fauteurs de misères. Les Services d'Hygiène et d'Assistance ne doivent plus s'ignorer, mais collaborer étroitement.

Page 1