CIRCONSCRIPTIONS. S FORFAIT. — ABONNEMENT
1° Les Crirconscriprions. — C’est le régime du médecin fonctionnaire, dévoué autant que docile, qui s’assure, aux dépens de ses confrères, une situation de toute tranquillité. Or 1l lèse gravement les intérêts de l’indigent ; 1l est contraire à la dignité de la profession médicale et antidémocratique. Il est d’ailleurs condamné et en voie de disparition. Il favorise honteusement les combinaisons politiques, là où les médecins ne sont pas recrutés par vole de concours, mais nommés par les municipalités.
En 1907, au Conseil général de la Creuse, on a proposé la mise en adjudication de l'emploi de médecin de l’Assistance !
2° Le Forrarr. — Il est corollaire de circonscription. Voici ce qu'en pense le D' Rinuy : « Les communes trouvent souvent, pour remplir cet emploi, de jeunes médecins sortant de l’école et désireux de se faire
RE connaître; médecins souvent sans fortune, ils sont souvent préoccupés d'avoir un fixe, pour faire face aux dépenses de première année. »
3° ABONNEMENT. — Encore appelé « Système Landais ». Tantôt par inscrit, tantôt par tête d’habitant,. Il est suspect à l'indigent, qui pourra soupçonner le médecin de faire le minimum de travail pour rendre rémunérateur le taux de l'indemnité. Les communes ont intérêt à inscrire le minimum d’assistés sur les listes et à faire de l’urgence. Or chaque malade est «une urgence », dès lors il n’y a plus d'abonnement. Il est vrai que certaines communes paient double pour les visites d'urgence. C’est un régime commode pour les communes et les sans-souci de la médecine,
Libre choix. — Rémunération à la visite. — Objections. Contrôle.
« Le système du libre choix est le seul qui concilie les intérêts de l’indigent et celui du médecin. Le mode de rémunération qui convient le mieux au libre choix est le tarif à la visite. (Système Vosgien.)
« Comme un client ordinaire, l’indigent fait appeler le médecin. Celui-ci continue à le voir s’il reste malade. S'agit-il d’un simple avis, le médecin fait sa prescription et ne Le revoit plus. Le malade est-il transportable? Il vient au cabinet du médecin demander sa consultation. L'indigent ne peut pas dire qu’il n’est pas soigné et ne peut pas soupçonner le médecin de lui faire de rares visites, parce qu'il ne le paie pas lui-même. Pour le médecin, la visite est la seule manière de rémunérer
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sa peine, proportionnellement à son travail, et de tout temps ce mode de paiement a été adopté pour la clientèle courante.
« Il est irrationnel de toucher une même somme pour un travail qui dure plus ou moins longtemps, et il est naturel de penser que l'abonnement ou le forfait se traduiront par un minimum de travail.
« Enfin, le tarif à la visite et le libre choix associés assurent au corps médical l'indépendance nécessaire pour exercer dignement sa profession,
« Il n’est pas jusqu'au département et à la commune qui n’y aient avantage : l’année où 1l y a peu de malades. les dépenses seront peu élevées, et le médecin, ayant un avantage matériel à soigner l’assisté chez lui, ne l’enverra à l'hôpital qu'en cas de nécessité absolue. » (D' Rinuy.)
Les objections les plus importantes, qui sont habituellement faites au système du libre choix, sont de trois ordres : l’indigent n'est pas capable de choisir son médecin, — certains médecins ne présentent pas les garanties d'honorabilité suffisante et sont portés à abuser des droits que leur confère leur diplôme, — le système de rémunération à la visite coûte cher.
1° L’'INDIGENT N’EST PAS CAPABLE DE CHOISIR SON MÉDE- GIN. — Que voilà une idée singulière qui consacre, en même temps qu'un attentat à la liberté individuelle, une flagrante injustice, quand elle:ne sert pas à masquer de lamentables combinaisons politiques! Le pauvre, parce qu'il est pauvre, est incapable de raisonner, d’avoir une opinion et d'accorder sa confiance à qui lui plaît ! Il à pourtant le droit de voter, j'imagine!
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Alors il est compétent pour choisir un député, un conseiller municipal, et pas son médecin! Avec ça que les riches ne font pas antichambre chez les charlatans.
Que signifie cet amour exagéré et bruyant des pauvres gens, qui s'affiche avec tapage en période électorale ?
Un exemple : une famille, par suite de revers de fortune, se voit momentanément privée de ressources. Elle demande et obtient l'assistance médicale. Sa siluation s'améliore, elle est rayée des listes. Dans le premier cas, la pauvreté l’oblige à abandonner le médecin en qui elle a mis sa confiance ; dans le second, elle peut se confier à lui de nouveau. C’est absurde!
Que le lecteur veuille bien se reporter, à la fin de notre travail, à l'exposé des motifs présentés par M. le D' Levrat au Conseil municipal de la ville de Lyon. |
2° (CERTAINS MÉDECINS NE PRÉSENTENT PAS TOUTES GARANTIES D'HONORABILITÉ. — Voilà un argument de meilleure qualité, et il faut bien avouer quil présente une réelle valeur. N’exagérons rien cependant.
Nous nous sommes longuement étendu sur les garanties professionnelles que doit présenter le corps médical, nous n’y reviendrons pas. Nous envisagerons seulement ici le remède a y apporter.
30 NÉCESSITÉ DU CONTRÔLE. — La société a le droit de se protéger contre les brebis galeuses de la profession médicale, les médecins ont le devoir de l’aider, nous ajouterons que les deux y ont intérêt.
« L'idée de contrôle est un corollaire de l’idée de l'obligation ; elle est corrélative de l’idée de solida-
TRE rité. » (Cons. sup. de l’Assist. publique, fase. 55, P+ 179.)
« Il appartient aux Syndicats médicaux de jeuer un rôle dans cette police, car les médecins doivent être jugés par leurs pairs. » (D' Boudin.)
Comment doit-il s'exercer pour étre efficace ?
1° Les Commissions : Une Commission, composée de membres représentant la commune ou le Bureau de bienfaisance et les médecins syndiqués, ainsi que la nouvelle Commission départementale d'assistance ér1gée en tribunal d'arbitrage (à condition qu’on y fasse rentrer également des représentants des Syndicats médicaux), jugeront les cas litigieux. Nous disons des représentants des Syndicats médicaux, parce qu'eux seuls peuvent représenter légalement les médecins (lois du 21 mars 1884 et 30 novembre 1902).
Enfin, il y aurait lieu d'étudier s'il ne serait pas possible de faire entrer des indigents au sein des Commissions de contrôle.
20 Rôle des Syndicats médicaux : Le D' Prunet, secrétaire de la Fédération des Syndicats du Centre, expose ainsi la question : « À mon avis, la question la plus importante en matière d'assistance médicale gratuite est celle de la Commission de contrôle. Il faut que, dans tous les départements, les médecins obtiennent la création d’une Commission de contrôle.
Il faut aussi qu'ils obtiennent d'y être représentés par des confrères élus par eux.
Ensuite tout ira sinon bien, du moins mieux, Sans compter que les médecins donneront aux Pouvoirs publics, Préfecture, Conseil général, Municipalités, un
ae avant-goût de ce dont ils sont capables, en matière d'organisation d’un Service public.
Sans compler que, progressivement, cette idée entrera dans l'esprit de nos hommes politiques, que les médecins doivent nécessairement étre associés à l'organisation et au fonctionnement de tous les Services de Médecine publique et sociale.
Mais, pour que les médecins acquièrent, dans la Commission de contrôle, le prestige et la situation prépondérante qu'ils y doivent acquérir, pour qu'ils y jouent le rôle qui doit être le leur, il est nécessaire qu'ils s'y montrent impartiaux et sévères.
Il faut que nos adversaires sachent que les délégués des médecins, qui doivent être les représentants des Syndicats, sont, en même temps que Les défenseurs de leurs confrères, les ennemis implacables de tous les abus.
Ainsi les pouvoirs publics feront le départ entre les dépenses qui sont le fait des abus et celles qui sont le fait d’une juste rémunération des services des médecins.
A l’héèure actuelle, de toutes parts, dans tous les départements, on erie contre les médecins, on les accuse d’être les auteurs — les seuls auteurs — de l'augmentation énorme des dépenses d'A. M. G.
Le rôle des médecins dans la Commission de contrôle est de :
1° Signaler les abus, d’où qu'ils viennent, médecins, maires, indigents ;
2° Poursuivre la répression de ces abus et perfectionner le fonctionnement des services ;
3° Démontrer que partout les dépenses d'A. M. G.,
augmentent et que les médecins n’en sont pas la cause.
Il faut que ces Pouvoirs publics soient mis en face de la réalité et qu’ils ne puissent pas prétexter de la mauvaise volonté ou de la mauvaise foi du Corps médical pour vous imposer des conditions désavantageuses en échange du rôle si important que nous jouons dans le fonctionnement de l'A. M. G.
3° Les « Bons de visite » : Le système des « Bons de visite », employés à la satisfaction générale par les communes qui ont adopté le système Vosgien, doit être généralisé. Ils seront remis à l’indigent, revêtus du sceau de la mairie et de la signature du maire ou de son délégué. Le médecin inscrira chaque visite. faite, avec le détail des interventions qu'il aura été appelé à pratiquer. Une partie du bon ira à la mairie, l’autre ira au Syndicat des médecins ou bien restera entre les mains de ce praticien s’il n’est pas syndiqué. Sur une troisième partie, sera rédigée l’ordonnance (d’après un tableau de médicaments), elle ira au pharmacien, les bons seront collationnés, en temps utile. En cas de conflit, les Commissions d'arbitrage jugeront.
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