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APERÇU GÉNÉRAL SLR I.' ORGANISATION DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

(IW/antrt* i delà page 81.) Objets de l'enseignement.

Langue française. Principes, exercices oraux el écrits. Lecture à haute vois, intelligente el sentie; ]irûnonciation, intonation et accentuation correctes. Exercices de mémoire, peu étendus mais dits posément et exactement, choisis dans les meilleurs modèles de prose et de poésie.

Langue grecque et latine. Principes, traductions, orales et écrites, en français. Versions seulement mais point de thèmes. On n'a plus aujourd'hui ù apprendre les langues mortes pour les parler ni pour les écrire, mais pour Être en état de comprendre et de traduire les beaux ouvrages classiques qui ont été écrits dans ces langues, et sans l'élude desquels il n'est pas possible d'avoir une connaissant étendue et un peu profonde des littératures des langues modernes qui en sont issues en grande partie. Le temps que l'on cou-

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sacrait aux exercices des thèmes grecs et latins, doit cire employé plus utilement. Règles do versification grecque et latine, étudiées uniquement pour être en état de comprendre et île goûter les œuvres poétiques, mais point d'exercices de composition de vers grecs ou latins. Les remplacer par des exercices de composition en vers français : comprend-on en effet qu'on apprit à de jeunes Franrais à faire des vers latins et qu'on les laissât ignorer l'art d'écrire en vers dans leur propre langue? Exercices de mémoire, choisis daus les meilleurs modèles en prose ou en vers, grecs etlatius, et récités comme il a été dit ci-dessus.

Langues vivantes, italienne, espagnole, allemande et anglaise. Ici les exercices de thèmes sont à leur place ; car on apprend les langues vivantes non-seulement pour être en état d'en lire et d'en comprendre les œuvres littéraires et scientifiques, mais pour les parler au besoin et les écrire. Beaucoup d'exercices oraux, comme il a été dit plus haut pour la langue française.

Cours supérieurs d'histoire et de géographie politique, des littératures anciennes et modernes comparées, et de philosophie comprenant, outre les études de psychologie, de théologie rationnelle et de morale, les éléments du droit positif et de l'économie politique. L'enseignement spécial de l'histoire, devant être éclairé par une saine critique philosophique, aura sa place dans les dernières années des études classiques.

Cours de mallié rua tiques élémentaires et spéciales,

do physique et de chimie, de cosmographie, île minéralogie et de géologie, do botanique el de zoologie, éléments de physiologie et d'hygiène publique et privée.

Plusieurs parties de ce vaste enseignement devront élre entremêlées et suivies simultanément. La distribution et l'enchaînement devront en être faits do telle sorte que le cours des études puisse être parcouru, dans sa totalité ou dans ses parties essentielles, en nu temps moyen de huit années, les élèves commençant vers l'âge de dix ou douze ans leurs études classiques et les terminant vers dix-huit ou vingt ans.

L'instruction religieuse no sera l'objet d'aucun enseignement spécial autre que celui du cours de philosophie; mais l'esprit religieux du pur déisme rationnel n'en devra pas moins pénétrer et animer toutes les études. Les familles devront être averties que l'on ne veut pas faire dos athées mais des libres penseurs, solidemont religieux, et que le nouvel enseignement littéraire, scientifique, historique et philosophique, tout en excluant les fausses doctrines théologiques du passé , sera fortement empreint du spiritualisme déiste.

L'instruction classique ne doit pas se proposer de faire immédiatement ot directement des savants, mais de donner les moyens de le devenir plus tard aux jeunes gens qui on auront la capacité et le besoin. Elle doit surtout s'appliquer à leur faire désirer d'acquérir

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la science, au lieu de la leur présenter sous des formes qui la leur font prendre d'avance on dégoût : le succès à cet égard dépend du grand sens des instituteurs, de la valeur des méthodes , du régime des occupations quotidiennes ordonnées do façon à faire goûter la travail et le repos l'un par l'autre. Il convient dans ce but de ne point trop prolonger l'application de l'esprit à une même étude, les forces pouvant se répaver par le changement de travail mieux encore que par le repos absolu. Les classes ne dureront qu'une heure et demie chacune, et les élèves devront ensuivre trois par jour. Le reste du temps journalier sera affecté aux études préparatoires des classes, aux repas, aux récréations et aux arts de la musique, du dessin et de la peinture. Les deux jours hebdomadaires de congé, adoptés dans la plupart des établissements d'instruction, interrompent beaucoup trop (2/7 du temps) l'enseignement proprement dit : l'année classique, composée de 300 jours, sera partagée en 30 décades, et les jours appelés de congé auront lieu les cinquième et dixième jours de chaque décade; l'enseignement ne sera ainsi suspendu que pendant 1/5 du temps au lieu des 2/7, ce qui donnera ce résultat considérable de rendre 20 jours au travail do l'année classique et à un travail modéré. Mais, au lieu do prendre, au grand détriment des études, des vacances annuelles d'une durée de deux mois consécutifs, je crois qu'il serait beaucoup plus convenable d'en prendre deux, qui commenceraient

PHEM1KH APl'XKDICE.

aux équinoxes du printemps et de l'automne, et qui dureraient la première une vingtaine de jours et la seconde un mois : il y aurait encore là une dizaine de jours à rendre au travail.

Les diverses branches des connaissances humaines seront étudiées dans le but de faire des hommes dans toute la vérité de l'expression, des hommes éclairés, moraux, dévoués au progrès des idées et des institutions libérales, et forts de volonté et de caractère plus encore quo do pensée. Par conséquent point do ces programmes d'études, rédigés et suivis en vue d'examens d'admission à tels grades, à telles écoles spéciales ou à telles fonctions, programmes qui ont causé une décadence si notable des études, les élèves n'étudiant plus la science peur elle-même, pour sa valeur intrinsèque, mais no se préoccupant que de réponses à faire dans des examens et que du soin de confier à leur mémoire une petite collection de mots qu'ils savaient par tradition devoir être au gré des examinateurs et qu'ils se hâtaient d'oublier aussitôt qu'ils étaient parvenus à obtenir des fonctions titrées et a être des personnages dans la société. Ce système était la dégradation organisée do la science. Pour n'avoir pas été dressés à ce manège, ceux des élèves qui, après avoir achevé leurs cours d'études, croiraient devoir so présenter aux concours publics, ne so montreront pas pour cela au-dessous de ces éprouves. Que l'institution d'examens à] subir réclame des programmes publiés d'à-

vancc, des programmes généraux et non des questionnaires détaillés, et que les jeunes gi-.ns qui veulent subir ces examens soieut oîilipés de faire leur préparation spéciale sur ecs prngiammes, cela est évident; mais ce que je veux établir ici, c'est que l'organisation du système général de l'enseignement secondaire ne doit pas se régler îà -dessus.

Point d'uniforme, habituant les élèves à l'idée et au désir de porter un jour ces costumes ou plutôt ces livrées dont tant de gens étaient si fiers et qui leur faisaient si peu d'honneur. La parfaite égalité du régime des collèges et de l'éducation qu'y recevront les élèves devra mieux que tous autres moyens les familiariser avec ces sentiments de bienveillance et de confraternité qu'ils porteront ensuite dans le monde.

Lespuuitions corporelles, de quelque nature qu'elles soient, seront absolument interdites. Le système des pensums devra également être abandonné et remplacé par des remontrances bienveillantes et des avertissements paternels, faisant appel aux bons sentiments du véritable honneur. Les élèves qui se montreraient opiniâtrement réfractaires à ce nouveau régime, seraient rendus à leurs familles; mais on peut dire d'avance que par i'efiicai:ité mémo du régime la nécessité de ces regrettables exclusions deviendrait toujours plus rare.

Je conseille enfin do renoncer à ces distinctions et récompenses qui enflent les uns et humilient ou décou-

MUOIIEII APPENDICE.

ragent les autres, à ces proclamations de places et ces distributions publiques de prix, qui, sous prétexte de stimuler l'émulation, éveillent et exaltent lo penchant à la vanité, et font faire, dès le collège, l'apprentissage de mauvais sentiments, traduits plus tard, dans la vie sociale, en luttes haineuses d'envie, d'orgueil et d'ambition.

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