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est de se prélasser au milieu de ses inutiles pape-, fasses (1). Une administration supérieure collective, sans avoir une perfection qui n'est pets do ce monde, offre dos garanties d'instruction, de maturité, de stabilité, dB justice et de probité, que réunit rarement un ministre. Les résolutions des conseils supérieurs d'ad^ ministration sont prises à la majorité des voix et exécutées, en leur nom, par leurs présidents respectifs. Il est du reste évident que, mémo dons un système qui fait décider par plusieurs tout ce qui suppose délibération sur un parti à prendre ou sur un choix à faire de personnes chargées de fonctions publiques, [e principe subsiste tout entier, non-seule m en l de l'utilité mais dn la nécessité qu'il y ait unité dans l'autorité chargée de l'exécution des décisions prises, et par conséquent unité dans la direction et le commandement, sauf au fonctionnaire qui dirige et commande, à rendre compte à qui de droit de l'usage qu'il fait de la portion de pouvoir social qui lui a été confiée. Les divers conseils supérieurs peuvent se réunir pour se consulter sur les choses intéressant à la fois plusieurs services. Ces conseils et les fonctionnaires placés sous leurs ordres no constituent point le gou-
[)) Ceci s'applique surtout il la haute bureaucratie. Usns l'armée pullulante des hommes de bureau, il eu est beaucoup d'un vrai mérite, très -modestes, très-laborieux ot très-estimables; mais ccui-là, sonl habituellement relègues et oubliés dans le» rangs intérieurs.
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veraement: XI n'y a pas d'uutre gouvernement que celui du pays uiùme, représenté par sou Assemblée nationale, qui seule a l'initiative de la présentation de la loi, la discute, la dicte, la promulgue et la fuit exécuter par l'entremise de fonctionnaires qu'elle commet à cet effet. Les fonctionnaires publies, depuis les premiers jusqu'aux derniers, no sont donc que les commis de la nation. Dans ce système , l'intérêt général est constamment sauvegardé et l'unité gouvernementale conservée. La nation s'appartient véritablement et se régit elle-même. Si le mal se glisse quelque part, le remède est là tout prêt : les conseils supérieurs peuvent rotirer leur commission à des fonctionnaires indignes ou incapables; l'Assemblée nationale peut retirer leur pouvoir aux conseils supérieurs qui en useraient mal ; enfin la nation lient constamment suspendue sur l'Assemblée nationale la faculté de lui retirer prochainement un mandat qu'elle ne remplirait pas sagement et justement. Les intérêts généraux sont donc autant que possible garantis.
L'administration des divers services d'un État doit être conforme u la constitution fondamentale de cet État. Rien n'est plus évident que ce principe. 11 b'oiibuU que 1'ofganisation des fonctions publiques ne peut pas être la même dans une république et dans une monarchie. Or la République proclamée en 1848 a conservé le système des divers services tel qu'il avait été organisé par la monarchie et pour qu'il fonctionnât
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au profit dos intérêts monarchiques (t). Après avoir chassé ignominieusement la royauté, elle a gardé respectueuse meut sa maison , sa grande et sa petite livrée, ses hommes liges, sans distinction de ceux qui ne constituaient qu'une valetaille parasite et de ceux qui, pouvant être utilement appliqués au service de la chose publique, doivent être conservés. Il ne sa pouvait rien concevoir de plus inconséquent. Avec ce contre-sens la révolution était menacée de tout ce qui lui est arrivé depuis. De là je conclus la nécessité de réformes radicales à introduire dans nos diverses administrations, et dans le détail desquelles j'entrerai tout à l'heure.
Le nombre dos fonctionnaires publics doit être considérablement réduit comparativement à celui d'aujourd'hui. Us doivent être choisis avec la plus scrupuleuse attention et uniquement d'après des considérations de talent, de services et d'honnêteté. La capacité leur a manqué souvent; mais ce qui leur a manqué plus souvent c'est une sévère probité. 11 importe par-dessus tout que la gestion des affaires publiques
(I) n Les jiréfeta, :tvec toute l'autorité et les ressources locales u dont ils se trouvaient investis, ajoutait l'Empereur, étaient o em-mèmea des Empereurs au petit pied .... Je me trouvais
0 dictateur, la force (les circonstances le voulait ainsi; if fallait u donc que tous let filaments issus de moi se trouvassent en har- • monie avec la cause première, sous peine de manquer le résultat. « {Mémorial de Sainte-Hélène, par M. le comte de Las Cases, jeudi,
1 novembre iolfi, tome 7, Paris, 1824.)
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doit confiée aux plus honnêtes en même temps qu'aux plus capables. J'ajoute que jamais je ne regarderai comme honnête celui qui, étant admis à exercer des fonctions dans une République, serait animé de sentiments hostiles au principe du gouvernement républicain. L'exemple bénin, qu'a donné la France après la révolution de Février, d'une République consentant ïi rester presque uniquement aux mains de ses ennemis qui bientôt ont éloigné de toute participation au pouvoir ceux qui ne partageaient pas leur haine, cet exemple, dis-je, d'une République gouvernée par des fonctionnaires anti-républicains, ne doit plus être possible maintenant qu'est venu le moment de la vraie organisation. 11 faut surtout que le scandale du cumul des fonctions ait un terme et que les traitements attachés aux fonctions publiques, même les plus hantes, comme celles de membres de l'Assemblée nationale , ne soient pas trop élevés. * Vous voulez donc, me u dira-t-on, que les serviteurs de l'Etat soient pauvres ■ au milieu d'une nation riche, et les seuls pauvres. » Je ne demande pas pour eux ce que je ne veux pour personne, l'indigence, maïs une simple et modeste aisance. Plus ils seront riches, plus ils auront d'orgueil, d'avidité et de disposition à se corrompre ; car ce sont là les produits ordinaires de l'opulence. Je prends la nature humaine telle qu'elle est, je ne la fais pas. Voulez-vous que les affaires de tous continuent d'être mal conduites? r.ontimicz d'enrichir ceux que vous
chargez de les conduira. Voulez-vous au contraire qu'allés soient conduites comme elles doivent l'être dans une République digue da ca beau nom? Sorte* donc de ce système dont vous avez tant de peine h vous dégager, ja veux dire du système dos gouvernements qui administraient par la corruption et à qui il fallait par conséquent des serviteurs corrompus comme eux (1). «Mais, objectera- t-on encore, si les
(1) « J'avais, disait encore l'Empereur, donne des traitements i inormes aui préfets et autres, n [Ibidem.) Vient ensuite une tirade, h laquelle on ne s'attendait guère en pareil lieu, contre les gros traitements et leur influence corruptrice, lirode entremêlée d'injures contre ies nécessiteux, et qui se termine ainsi : o Notre excuse ù nuus pouvait être dans les bouleversements et a les commutions de noire révolution ; chacun avait été déplacé, « chacun se sentait dans la nécessité de se rasseoir; et cal pour n aider à cette nécessité générale et pour que let sentiments délis cals se détruisissent te moins possible, que j'ai cru devoir doter o route! les places de tant d'argent, de lustre et de considération ; ■ mais avec le tcmjis j'eutst changé tout cela par la seule force di a l'opinion. ■ [Ibidem.) Cette belle conclusion revient a dire que Bonaparte commençait par corrompre les hommes, se proposant de les rendre vertueux plus tard. L'admirable recette, et comme elle lui a réussi ainsi qu'à ses successeurs!
Les mauvais princes ne font pas tant de mal par eux-mémea que par la foule de maliiuaiir'tfs gens liont ils s'entourent et qu'ils ont achetés pour s'en faire daa instruments de leurs usurpations et de leur tyrannie. Ils ne sont possibles en effet que parce qu'ils ont des complices, lesquels mot toujours au-devant de leurs plus criminels désirs, selon l'ém'i^ique expression de Tacite : Jtuera in servitium. \Annatet, livre 1", art. 7.) Sans aller chercher bien haut dans l'histoire des exemples de celte vérité, n'avons-nous pas vu deux fois, en moins d'un demi-siécle, les sénateurs créés par les deux Napoléons, venir les supplier do se
CHAPITRE 11. sa a fondions publiques sont peu rétribuées, on ne Ibb n recherchera plus. »Eh! tant mieux! Car c'est juste-: ment là ce que je voudrais. Cette manie dos plaças, cette rage des fonctions titrées, que nous a inoculée la monarchie et particulièrement la monarchie de ce siècle, tant impériale que constitutionnelle, est une de noB plus funestes maladies. Loin donc de m' embarrasser eu ai 'objectant qu'on ne recherchera plus les fonctions publiques, on me vient en aide au contraire. N'ai-je pas dit tout à l'heure qu'elles devraient désormais être confiées aux plus honnêtes on même temps qu'aux plus capables? Or les capacités les plus honnêtes ne s'agitent pas, uc s'offrent pas comme les médiocrités intrigantes : elles se tiennent cachées; il faut donc aller les chercher. Elles ne se vendent pas surtout; o'est donc moins avec de l'argent qu'il faut les rétribuer qu'avec de l'estime, de la considération et de ce véritable honneur qui est fort différent de ce qu'on appelle les honneurs.
Je conseille de supprimer les costumes affectés aux diverses fonctions publiques, et qui oui été imaginés soit pour flatter la gloriole des classes privilégiées, soit pour obtenir de la multitude, en ne s'adressant qu'à ses yeux, uue sorte de respect qui ne peut que l'abêtir. Ceux qui ignore-ut combien les distinctions
faire Empereurs au mépris des institutions républicaines dont: ils s'Étaient fait un marchepied el qu'ils avaient s ih> nullement juré de maintenir î
extérieures contribuent ànourrir l'arrogance descastes, pourront seuls s'étonner de me voir prêter quelque attention et attacher quelque importance a une chose si petite on apparence (I).
Je ne me contente pas de conseiller, je demande expressément la suppression de l'institution do la Légion d'honneur, institution monarchique, ne se bornant pas u mener les hommes par cette vanité enfantine qui se lire du costume, ce qui serait déjà un assez grand mal, mais excitant un des plus mauvais sentiments du cœur humain, celui de l'orgueil, institution qui produit ù peine un act e de vertu et de vertu déflorée par sa mise eu spectacle, pendant qu'elle fait naître cent actes, secrets ou patents, de bassesse. Entre les mains des gouvernants, particulièrement des gouvernants malhonnêtes, c'était un redoutable instrument de domination par la corruption. Cette institution, ridicule copie
(1) Il 7 a un fait patent et qui, si l'an réfléchissait aux enseignements qu'il contient, serait bien propre à discréditer l'emploi de ces livrées : depuis l'époque néfaste où Bonaparte s'est appliqué à restaurer sous d'autres noms et d'outrés formes presque toutes les institution» de l'ancien régime, combien n'avons-nous pas vu île ces costumes, brodés et dorés sur toutes les coulures, de chambellans, ministres, sénateurs, pairs, députés, maréchaux, préfets, directeurs, ai lui iuistra leurs de toutes les catégories, aller rejoindre, aux ignobles devantures des marchands de vieux habits, les défroques des marquis d'autrefois, et après avoir brillé quelques jours au soleil de lu place publique ou aux lustres des plus hauts lieux, liuir par ne plus figurer qu#s dans les farces dti la foire et les oriries du