TRAVAUX PUBLICS
Les Travaux publics, consistant en routes nationales, chemins de fer, canaux. artificiels, canalisation et redressement des divers cours d'eau naturels, création do digues, d écluses et de grands bassins ou réservoirs Ù la naissance ou sur le passage des fleuves, irrigations des contrées desséchées, dessèchement et assainissemont dos contrées basses et marécageuses, défrichemont et mise on culture des landes et terrains vagues, reboisement des contrées élevées et dénudées, ports, édifices publics, etc., tous les grands travaux en un mot ayant un but d'utilité générale et ceux-là seulement, tous ceux qui revêtent de telles proportions et nécessitent de telles dépenses qu'ils réclament manifestement, pour leur exécution, l'intervention de la richesse et do la puissance sociales, incombent à l'État. Les grandes voies de communication par terre et par eau doivent être sa propriété ; car lui seul est apte ù les exécuter, les entretenir et les mettre au service du public dans les meilleures conditions. Lui soul est
également apte à exécuter les grands travaux nécessaires pour ménager drsïirmnis et distribuer les grandscours d'eau, au triple pai ut do vue de l'intérêt de la culture du sol dans les irrigations, de la salubrité publique et de la nécessité do prévenir les ravages dos inondations.
Le service deslravaux publics est déjà pourvu de deux bonnes institutions, mais qui demandent des réformes ; je veux parler de l'école des Mines (1) et de l'école des Ponts et cbnussées. D'abord elles peuvent être réunies en une seule, non pas uniquement au point do vue des économies réalisables sur le personnel et le matériel, mais encoro au point de vue du profit des études : dans une troisième et dernière année, le travail serait spécialisé selon les aptiludes et les destinations. En second lieu, l'école dos Travaux publics n'aura pas seulement à faire des ingénieurs pour les routes, les canaux et les mines, mais encore des ingénieurs pour la construction des édifices publics, dos ports, des vaisseaux de l'État, etc. Enfin la réforme la
(1] La loi d'avril 1810, relative a !'M|>li>itjliiui des mines et attribuant A l'ELil 1>: droit .l .ii't nnk-r eus concessions qui ont ouvert la porto a tant d'nhus et de tromperies, duit être remplacée par une loi très-simple, reciiiiiinissaLil lu droit de tout propriétaire du sol d'en espluiler le dessous sans avoir besoin d'aucuna autorisation préalable, mais a la charge de prévenir l'autorité dont le devoir est de surveiller l'exploitation par te* agents, UDiquement alin de s'assurer que les travaui ne dépassent point les limites de la propriété et qu'ils présentent toute garantie a la surete publique.
MIAflTIMS VII.
plus indispensable est d'en ouvrir les portes toutes larges et d'en faciliter l'accès à toutes les fortunes. Elle sera constituée ou externat gratuit, et ses cours seront publics.
L'admission dans les divers services des Travaux publics doit être réglée par le concours dont j'ai parlé plus haut ( note do la page 46 ). Les fonctions d'ingénieur n'étaient accessibles jusqu'ici qu'aux jeunes gens des classes aisées, parce que les voies qui conduisaient aux écoles des Mines ou des Ponts étaient très-coùteuses. Or c'est là un état de choses dont la justice et l'intérêt social réclament également la cessation. Qui oserait nier en effet la possibilité que tel enfant pauvre fît un jour un ingénieur aussi distingué, plus distingué peut-être que tel de ceus qui ont eu, par le privilège de leur fortune, le monopole de ces fonctions ? Si cette possibilité est évidente, il faut aviser aux moyens de la faire passer à la réalité.