II. y a trois points principaux a considérer en ce qui con
(1) Dans plusieurs des grandes bibliothèques de Paris, qui sont des établissements considérables, les conservateurs, qui doivent être choisis parmi les membres de Tuniversité, sont même nommés par décret du chef de l'Etat (Ordonnance de 1839).
DE l'usage de la BIBLIOTHÈQUE ET DES RÈGLEKIENTS âid
cerne Tentretien d'une bibliothèque : 1*" 1 entretien du local el du matériel ; S*' les appointements du personnel ; 3* l'achat des livres.
' l"* Dans l'entretien du local et du matériel, il faut distinguer d'abord l'entretien de l'immeuble lui-même^ consistant dans les grosses réparations qui peuvent être nécessaires k différents intervalles, et dans le paiement des primes d'assurances qui auraient pu être consenties. Ces dépenses incomberont ordinairement a la ville, propriétaire de l'immeuble. Il y a, en outre, le mobilier intérieur, dont l'entretien doit être à la charge de la bibliothèque elle-même. Sur le budget de la bibliothèque, il faudra donc prendre les sommes nécessaires pour pourvoir a cet entretien. Mais le bibliothécaire chargé de ce soin ne devra pas négliger de faire a temps les petites réparations dont le besoin pourrait se faire sentir : ce sera le moyen d'éviter souvent des réparations qui deviendraient plus tard beaucoup plus coûteuses, et avec un peu d'attention, il lui sera possible, moyennant un budget relativement faible, de maintenir les différentes parties dans un état satisfaisant.
A ces frais d'entretien du mobilier proprement dit, il faudra en joindre quelques autres non moins nécessaires : ce sont ceux de chauffage et d'éclairage, et ceux de reliures des livres. Il faudra également réserver des sommes pour ces articles spéciaux. Enfin, comme il peut se présenter certaines circonstances imprévues, où il soit nécessaire d'effectuer quelques dépenses en dehors des dépenses ordinaires, il sera bon de porter un crédit plus ou moins fort dans un article spécial intitulé : Dépenses imprévues.
S'* En ce qui concerne les appointements du personnel, il faut évidemment les régler suivant l'importance des fonctions et la responsabilité des fonctionnaires. Point de sinécures, d'une part; point non plus, d'autre part, de traitements dérisoires pour les employés inférieurs, qui seront toujours tentés de faire le moins de travail possible et de n'en donner que pour l'argent qu'ils reçoivent. Si l'on veut avoir le droit d'exiger de tous les employés sans exception toute l'assiduité et le zèle dont ils sont capables, il faut que les connaissances et les travaux de chacun soient convenablement rémunérés. Plus l'administration supérieure s'inspirera de ces principes en
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fixant le chiflBre des traitements, plus elle pourra compter sur des fonctionnaires et employés capables et remplissant consciencieusement leurs fonctions.
3« Il faut aussi, sur le budget de la bibliothèque, réserver des sommes plus ou moins fortes pour les acquisitions nouvelles k faire. Ce point est d'une importance capitale de nos jours, où les publications se succèdent avec une si prodigieuse rapidité. Sans doute, parmi, tant décrits que la presse jette journellement en pâture au public, il en est beaucoup qui méritent peu cet honneur ; mais il en est aussi qui ont leur place marquée dans les bibliothèques publiques : il s'agit seulement de foire un choix. Pour que ce choix puisse se faire dans les meilleures conditions et de la manière la plus utile, il n'est pas bon qu'il appartienne à une seule personne : son goût particulier et sa prédilection pour une science, une appréciation inexacte des besoins de la bibliothèque et des goûts du public, son indifférence quelquefois, pourront lui dicter des choix peu judicieux. Le mode qui paraît devoir le mieux atteindre le but désiré, c'est de charger une commission de déterminer les achats à faire, en s'inspirant des propositions du bibliothécaire. Pour les bibliothèques de facultés, le bibliothécaire et les professeurs présentent concurremment leurs propositions, la commission de surveillance les ramène au chiffre voulu, le comité de perfectionnement les examine, et le ministre les approuve. Il est bon aussi de ne pas épuiser immédiatement tout le crédit, et d'en réserver une part pour faire face aux imprévus ou profiter de quelque occasion avantageuse. Comme, dans ce dernier cas, il sera généralement nécessaire de se décider promptement, il faudra laisser au bibliothécaire assez d'initiative pour lui permettre de servir utilement les intérêts de la bibliothèque.
§ IV. Slerrice intérieur et prêt des libres.
Le service intérieur comprend l'ensemble des obligations des divers employés dans l'intérieur de la bibliothèque, le service de lecture et le prêt des livres.
Dans l'intérieur de la bibliothèque, chacun des employés doit avoir ses fonctions bien marquées et distribuées de telle
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sorte que tous se prêtent un mutuel appui. Le bibliothécaire est chargé d'assurer la régularité constante du service. Comme il est responsable de toutes les parties, ses ordres doivent toujours être respectés et exécutés avec ponctualité.
Dès qu'une bibliothèque est, d'une manière générale, reconnue publique, le service de lecture a l'intérieur doit être favorisé le plus possible, tout en tenant compte des exigences propres a la conservation. Le temps des séances sera le plus long et le moins coupé qu'on le pourra. Mieux vaut une seule séance de cinq heures que deux séances durant ensemble six heures. Cependant il faudra tenir compte de certaines particularités locales. Si les personnes qui sont a même de fréquenter la bibliothèque sont empêchées de la visiter pendant un certain temps de la journée, et qu'elles puissent le faire avant et après, il sera bon alors de faire deux séances. De même, il peut se présenter certaines circonstances locales, grâce auxquelles la bibliothèque sera fréquentée assez assidûment le soir : il sera convenable alors d'établir une séance du soir, sauf k rendre moins longue la séance de jour.
Pour le service de lecture a l'intérieur, il y a certaines mesures d'ordre et de conservation, qu'il ne faut pas négliger. Un premier point qui doit appeler notre attention, c'est l'emploi des moyens les plus propres a prévenir toute sousitraction. On pourrait établir cette règle qu'il ne sera confié aux visiteurs aucun livre qui ne soit inscrit sur un bulletin ; ce bulletin serait alors remis a la sortie avec les volumes. En outre, pour éviter l'encombrement a la sortie, il faudrait aussi que, dans la dernière demi-heure de la séance, on ne pût plus rien demander. Enfin toute personne sortant avec* livres ou porte-feuilles devrait être tenue de les présenter a l'employé de service dans la salle de lecture (1).
Il y a encore d'autres précautions k prendre, tendant k pré* venir les dégradations. Pour cela, il est nécessaire que l'employé de service dans la salle de lecture, prête toute son attention k ce que les lecteurs usent convenablement des
{{) Dans les bibliothèques où il y a un grand mouvement de lecteurs et d'emprunteurs, il serait convenable qu'outre l'employé de service dans la salle, il y en eût un qui se tînt constamment près de la porte pour l'inspection des sortants.