DES QUALITÉS DESIRABLES DANS UN CORPS DE DROIT
Les qualités qui , par leur ensemble, constitueraient la perfection d’un corps de droit sont tellement liées entre elles, qu’il est difficile de les séparer, même abstraitement. Pour expliquer la première, il faut presque nécessairement anticiper sur les autres , et c’est pour cela qu’il convient de les présenter d’abord dans un état de réunion.
Je ne m’arrêterai pas ici sur le principe qui doit diriger le code dans toutes ses parties, le principe de l’utilité générale, ou, en d’autres termes, le plus grand bien du plus grand nombre. Voilà le fanal du législateur, posé sur le point le*plus élevé.
J’ai dit , le plus grand bien du plus grand nombre , on ne peut pas aller plus loin : il n’est pas possible de maximiser le bien pour tous également; il n’y a pas moyen d’assurer à tous ni les mêmes droits ni les mêmes jouissances; il y a des obligations nécessaires qui pèsent sur les uns plus que sur les autres; et enfin les lois ne se font obéir que par des sanctions pénales qui sont, si je puis parler ainsi , comme la dépense que fait la société pour se procurer la sûreté générale.