POUVOIR DE DÉLÉGATION
Une des plus grandes nouveautés du plan que je propose, consiste à donner à chaque juge la nomination d’un délégué qui aura tous les pouvoirs d’un juge, sous la même responsabilité, mais qui sera subordonné à son principal, soit pour l’exercice des fonctions , soit par la durée de son office, et qui servira sans salaire.
Entre les divers avantages que je vois dans cette institution, le premier qui me frappe est celui de former une pépinière de sujets connus et comparés qui fourniront aux électeurs un nombre suffisant de candidats pour s’assurer d’un bon choix.
Je donne la nomination au juge, parcequ’il . faut que la chaîne de l’élection commence quelque part , et que le premier choix ne saurait être mieux placé qu’entre les mains d’un homme qui jouit de la confiance publique, et qui doit bien connaître les qualités nécessaires dans un emploi dont il a fait son étude principale. Tous les motifs d’honneur et d’intérêt personnel sont des garanties du scrupule qu’il apportera dans le choix de l’homme qui le représente, et pour lequel il sera respon sable, seule chose qu’on pourrait craindre,
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serait cette tendresse paternelle qui peut mettre un bandeau sur les yeux des plus sages ; mais le moyen de parer à cet inconvénient se présente de lui-même.
Entre tous les plans d’élection , celui-ci est le seul qui présente l’avantage d’une éducation graduelle, d’un apprentissage régulier de judicature. Dans tous les établissements connus, un juge est élu sur des talents présumés et non sur des preuves acquises. L’exercice du barreau peut bien faire connaître l’avocat le plus habile, mais de l’habileté de l’avocat à la capacité du juge, la conséquence n’est rien moins que certaine. Il y a donc toujours du hasard dans le choix, et cependant la première cause dans laquelle ce nouveau magistrat fera son essai , peut se trouver la plus difficile comme la plus aisée, la plus importante comme la plus frivole. Dans le plan que je propose, le délégué recevant ses causes de la main de son principal fera sous lui le noviciat de son art. Le res-* pectable vétéran ne confiera pas d’abord à son élève les affaires les plus délicates ; il s’assurera par degrés de ses forces , et s’il le voit dans une situation embarrassée, Mentor sera toujours auprès de Télémaque. L’expérience de l’âge guidera l’activité de la jeunesse.
Au moyen d’une telle institution, on ne peut plus voir de danger dans une élection même populaire; car il doit être entendu que les élec-