DES BUREAUX DE CONCILIATION
Rien de plus louable que le but : rien de moins efficace ou même de plus contraire au but que le moyen.
Voici, pour en juger, un dilemme qui me paraît sans réplique. La décision de ces conciliateurs sera rendue sur des raisons insuffisantes ou sur des raisons suffisantes : dans le premier cas, elle serait injuste : dans le second , le bureau de conciliation aurait rempli les fonctions d’une cour de justice.
L’objet de cette institution est de prévenir les procès : mais comment les conciliateurs doivent-ils opérer ? N’ont - ils pas les parties à entendre , des preuves à examiner, des arguments à discuter? mais exposer ses raisons , faire entendre ses témoins, c’est plaider. Voilà dune une procédure extrajudiciaire instituée pour prévenir un procès ? Il faut que la magie des mots soit bien grande pour que celui-ci ait pu charmer tant de bons esprits.
Une plaidoirie en conciliation doit avoir toutes les parties essentielles d’une plaidoirie en justice ; mêmes longueurs, mêmes difficultés, mêmes frais en les supposant réduits dans les tribunaux à l’ab-