‹ De l'organisation judiciaire, et de la codification, extraits de divers ouvrages de Jérémie BenthamChapitre 59 sur 139 · DES BUREAUX · texte numérisé non relu

DES BUREAUX

solu nécessaire. Un bureau de conciliation fera donc tout le mal qu’une cour de justice peut faire, mais il fait le même mal sans pouvoir opérer le même bien.

Prononcer sans raisons suffisantes est un acte de témérité qui ne convient ni à un homme, ni à un tribunal : mais si vous avez des raisons suffisantes pour former une décision , pourquoi ne pas décider ? Votre décision peut faire du bien et ne peut faire aucun mai. Elle fait du bien si les deux parties y acquiescent : car que peut-on attendre de plus du tribunal je plus respecté ? Elle ne peut faire aucun mal, puisque si l’une des parties n’y donne pas son acquiescement, le recours à l’appel lui est ouvert, et la cause est portée de suite devant le tribunal qui lui inspire le plus de confiance.

Il y a toutefois un cas, mais un seul , où il serait utile d’engager les parties à faire une conciliation, lorsque les circonstances sont telles que les dépenses inévitables d’un procès pourraient excéder la valeur de l’objet en litige et que le droit des parties est incertain. Un ami du demandeur peut lui dire : « L’issue de la question est douteuse ; il n’est pas possible de prévoir sur qui tomberont les frais. Vous croyez avoir droit à mille livres : votre antagoniste prétend que vous n’avez droit à rien : les frais, qui ne seront pas moins de deux mille „ seront aussi probablement à votre charge qu’à la sienne. Votre chance de mille est donc égale à

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