DES DEUX PA.BTIES
cause dépend du seul témoignage des parties , la décision pourra être immédiate. Livrez la même affaire au système commun de procédure , elle pourra durer des mois et des années.
Si la cause n’est pas terminée dès la première comparution , elle sera du moins éclaircie par les concessions mutuelles de tous les faits que ni l’une ni l’autre des parties ne veut contester. L’affaire se trouvera donc réduite à ses moindres termes , dégagée de tout ce superflu ordinairement plus considérable que le principal. Point de témoins à entendre sur tous ces faits convenus , point d’enquête pour les établir. La procédure, éclairée par ces aveux formels, marche directement à son but.
Si le cas est de ceux qui admettent un arrangement amiable, voilà le moment le plus avantageux pour le faire ; le j uge sera le premier à le conseiller, car il n’y a point d’opposition entre les fonctions de médiateur et celles de juge.
Si un délai est demandé, le juge pourra le proportionner au besoin réel de la cause ; celui qui le demande sera, non seulement tenu d’alléguer une raison, mais encore de prouver qu’elle est valable.
Dans le système habituel de procédure, il faut, dans tous les cas, fixer un délai, parcequ’il est nécessaire dans quelques uns. Tant que vous tenez les plaideurs éloignés l’un de l’autre et de leur juge, une profusion de délais est inévitable. Il faut
COMPARUTION
les accorder et les renouveler sur les prétextes les plus vains et les mensonges les plu£ impudents. Il faut en donner en maintes occasions où les parties, si elles étaient consultées , n’en demanderaient point. On ne saurait dire à combien de longueurs et de fausses démarches on est entraîné par la seule omission du moyen simple et primitif que je propose.
Quoi ! dira-t-on dans quelques pays où le respect du au rang l’emporte sur celui qu’on doit à la justice, ferez- vous paraître devant un tribunal des hommes d’une classe supérieure ? Serat-il au pouvoir de leurs laquais de les citer devant un juge ? Le temps d’un homme d’état , d’un député, d’un ministre , n’est-il pas aussi précieux au public qu’à eux-mêmes? N’est-il pas convenable de les exempter d’une corvée onéreuse et humiliante ?
Laissant à part ce préjiigé de l’orgueil qui pourrait bien n ’être qu’un artifice des plus forts pour opprimer les plus faibles, je suppose qu’en tout pays, même ceux où l’inégalité est à son plus haut point , les hommes du rang le plus élevé seraient obligés de comparaître en qualité de témoins; est-il plus pénible d’y venir pour soi que pour autrui? Si un grand seigneur qui a un procès ne se présente pas au juge, il doit exposer son affaire à un homme de loi : or, il n’y a pas moins de temps perdu par cette méthode que par l’autre; il y en
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