‹ De l'origine authentique et divine de l'Ancien Testament, discours (volume 2)Chapitre 12 sur 24 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

M. F.^ la miséricorde céleste dotma jadis l'ancien Testament aux Hébreux pour les éclairer, les conduire à Jésus* Elle le destinoit encore à notre perfectionnement, à notre salut. Conservé jusqu'à nous , il est en nos mains. Heiffeux celui qui ne répondra pas à ce bienfait par une dédaigneuse ingratitude !

Chrétiens , dès aujourd'hui , de semaine en semaine , on viendra développer dans cette chaire ces récits sacrés , qui jadis préparoient au Christ des disciples fidèles.

(49) Mettez quelque importance à venir les écouter , et n'abandonnez pas nos temples , précisément lorsqu'ils s'ouvrent pour vous offrir des clartés dont vous sentez le besoin, et des connoissancés dont vous vous plaignez de manquer.

Laisserions-nous donc s'éteindre au mi-lieu de nous, par notre incurable tiédeur , une institution que nous devons à la sage piété de nos pères , que les étrangers nous envient, et qui seroit si propre à nourrir dans l'Église la connoissance de l'Écriture sainte, l'habitude de la lire et l'art de la comprendre ? — M^F. , gardez-vous de négliger des secours aussi précieux et aussi faciles. Faites plus encore. Ouvrez souvent dans vos demeures les livres de l'ancienne alliance, et joignez cette lecture à l'étude de la nouvelle. Vous y verrez briller quelques traits de la gloire du Fils de Dieu ; cette lecture élèvera vos âmes et parlera à

( 5o ) votre cœur. Lisez Thistoire du peuple juif. Contemplez cette action constante et sublime d une providence paternelle , qui fait tourner toutes choses au bien de ceux qui aiment Dieu y et vous apprendrez à vous décharger sur ce Dieu^ du fardeau de vos peines.— Lisez ces Psaumes, poétiques monumens de Thumilite d'un monarque et de la sensibilité d'un guerrier; ces Psaumes, où la piété la plus vive se multiplie sous tant de formes ; lisez-les, et vous apprendrez à pleurer vos fautes, à fléchir votre Dieu, à res- j sentir à la vue de ses bienfaits et de ses œuvres, les pures et vives émotions d'une piété confiante et animée. — Lisez les Prophètes ; osez suivre Ésaïe dans son vcd impétueux, et que son imagination brûlante élève vos pensées j usqu'au trône de rÉternel. Entendez Içs soupirs de Jérémie, et contemplez en le voyant aisfijs sur de sanglantes ruines, ce qqe de-

viennent les nations qui abandonnent leur Dieu. Allez écouter siu* les pas de Daniel cette voix prophétique, qui, perçant les ténèbres de la nuit, fait déjà entendre le nom du Christ, et prosternezvous devant le soleil de justice dont elle annonce Faurore. Ah ! si le roi prophète , au milieu des embarras de la royauté et des soucis d'une vie agitée, aimoit à se nourrir la nuit et le jourde la loi de son Dieu; si, dans la vivacité de sa reconnoissance^, il quittoit quelquefois sa couche pour célébrer le riche présent que ce Dieu avoit fait à la terre , vous qui devez connoitre mieu!?c encore ses desseins paternels , et les religieuses beau* tés des écrits de l'ancienne alliance , ne sauriez-vous trouver aucune douceur dans ces pieuses méditations ?

M. F. , n'auriez- vous donc jamais compris de quelle miséricordieuse bonté l'ancien Testament est pour vous le gage ? . • • .

Nous n'étions pas encore nés; nos ancêtres plongés dans la barbarie, célébroient une culte impur sur des autels découlans de sang humain, et Dieu songeoit à nous ! Il avoit pitié de ces générations nombreuses qui alloîent naître pour l'offenser et mourir! Touché de compassion il a appelé Abraham , il a envoyé Moïse , il a inspiré les Prophètes , il leur A ordonné d'annoncer le Sauveur, de *lui préparer la voie , de déposer eni des mains fidèles la charte sacrée qui, tant de siècles à l'avance , le promettoit | auxhommes infortunés.Charte précieuse!

Monument auguste et révéré du salut de rhomme et de la miséricorde de Dieu !

qui voudroit, qui pourroit négliger tes oracles divins! Ah plutôt, quelle bouche ne s'ouvrîroit pour célébrer ce bienfait!

Quelle âme si insensible n'en seroit émue !

— Dieu nous aimoit et nous n'étions pas pés ! — Non , nous ne repousserons aucun

des moyens de salut qu'il nous oflGre; nous aimerons à le bénip pour ses faveurs passées comme pour ses faveurs nouvelles. Nous étudierons tout œ qu'il a fait pour nous ^ toutes les voies diverses par lesquelles il a voulu conduire ses enfans au bonheqr^ toutes les lignes de cette Écriture utiles à instruire^ à e/iseigner^ à com^aincre^ à rendre T homme de Dieu accompli en toutes sortes de bonnes œuvres! Seigneur, tu connois la sincérité de nos résolutions , mais tu connois en même temps leur inconstance ; donne-nous les dispositions simples et chrétiennes avec lesquelles ta parole nous rendra plus heureux et meilleurs !••...

Seigneur, apprends-nous à lire ta loi!

Amen.

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