PREMIÈRE PARTIE
CERTITUDE DE l' AUTHENTICITÉ DES ÉVANGILES»
Certitude de lauthentieité des Évangiles! Est-if donc nécessaire de la prouver ? Quel ouvrage ancien est authentique , si les Évangiles ne le sont pas? Ah !
$i quelque chose nous embarrasse dans cette entreprise , c'est le choix des preuves , et la crainte de prouver toujours trop faiblement une chose évidente. Quel genre de démonstration désirez- vous?
lien est de témoignage, de sentiment, de critique, d'autorité! Voulez-vous des témoignages historiques? — Eh bien; voici des disciples immédiats des Apô-
(9) Ues ; voici d'autres témoins disciples des premiers. Voici des docteurs instruits, s^vants^ou bien distingués par leur bonne foi; voici des témoins anciens, nombreux, irrécusables. La Providence nous a conservé leurs écrits, quelques fragments du moins, fragments précieux, qui feront long-temps encore le désespoir de nos adversaires ! Les uns en appellent aux paroles de nos Évangiles comme à une autorité sacrée, les autres nomment leurs quatre aqteurs; tous proclament à voix forte cette authenticité que pers()phe, dans les premiers siècles, n'imagina jamais de nier. Que si l'autorité des défenseurs du Christianisme ne vous parait pas encore suffire, nous invoquerons celle de ses adversaires ; oui, Chrétiens, de ses adver^ saires ! Ces hérétiques fameux, ces redoutables ennemis de la foi qui obscurcirent par leurs erreurs le Christianisme naissant , ou s'efforcèrent de Fétouffer au ber-
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( xo ) ceau, Ceke, M^rcion^Valentin, Basilides et tant d'autres dont les noms setds rappellent rindépendance ou rincrédulîté, voilà les témoins que nous choisissons ! La preuve que nous tiroœ de leurs ouvrage»
est complète. Ces homones qui firent tant d'eflforts pour affaiblir l'autorité de nos Évangiles, qui, si ces livres n eussent pas été authentiques, l'auraient nécessairement su , l'auraient si facilement prouvé, et avaient tant d'intérêt à le faire, ces hommes n'eil voient pas la possibilité, n'en ont pis même la pensée. C'est dans les écrits de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean qu'ils vont puiser des objections, épier des contradictions, pour convaincre de faiblesse et d'erreur les Apôtres du Christ. Étrange résultat de leurs efforts ! Us ne réussirent point à obsciu*cir la vérité de nos Évangiles^ et démontrant de nos jours leur authenticité, ik sont condamnés à assurer leur triomphe!
Voulez-vous des preuve^ d'un, autre genre ? voulez-vous, le flambeau de la critique en main, analyser jusqu'aux mots de ces écrits sacrés, jusqu'aux détails les plus insignifiants en apparence, pour dé* couvrir dans leurs rapports secrets les traces de l'erreur ou le sceau, de la vérité ? Cet examen est d'autant plus décisif que jamais il ne manqua de déceler l'imposture. Il ne s'est pas encore rencontré un &ussaire, qui ait pu complètement imiter le langage et deviner la poaiti<m de l'homme, sous le nom duquel il voulait faire passer ses écrits. Les hi/storiens , même les jdus célèbres,, lorsqu'ils ont parlé de temps plus anciens qu'eux , n'ont pu éviter ces méprises de noms, de mœurs, d'année ou de lieu, auxquelles une distance de quelques siècles condamne nécessairement -~ Eh bien, mes Frères, c'est ici le triomphe de nos Évangiles, et leur auttxenticité arrive par ce moyen à
une complète évidence. Ces Évangiles qui portent le nom d'hommes entaur^s de circonstances si extraordinaires, si difficiles à toutes retrouver, placés entre les naœurs juives et les mœurs romaines, entre la langue hébraïque et la langue grecque, entre la première invasion des Romains et le bouleversement de la Judée sous les Césars , ces Évangiles qui , s'ils sont authentiques, doivent porter le cachet d'un pays, d'un^iècle, d'une positicMi auxquels rien n'a jamais ressemblé; ces Évangiles sont depuis longues années, fious ce point de vue> l'objet des discussions les plus profondes et des recherches les plus actives, et après tant d'années, tant de discussions et tant de recherches, nous pouvons encore défier nos adversaires de produire leurs preuves. Que serait-ce donc, si nous les écrasions à nofcre tour, sous la multitude de ces coïncidences si neuves, si frappantes, que leurs
( ^3 ) propres recherchés ont fait découvrir!
Coïm^idenûé de temps. Ici ce sont des villes, dont le nom fut change deux fois, peu d'années avanf Jésus-Christ, et peu d'années après, et qui portent dans nos Évangiles précisément celui qu'elles eurent de son temps , et de son temps seulement. Là ce sont les monnaies juives et romaines que nous voyons employées en même temps, mais les premières pour le tribut qui se payait aux sacrificateurs, les secondes pour celui qu'exigeait César; circonstances bizarres, qui ne purent se rencontrer qu'alors, et auxquelles un faussaire n'eût jamais songé. — Coïncidence de personnes. L'antiquité nous dit que Matthieu écrivit pour les Hébreux, et nous le voyons en appeler sans cesse , et plus qu'aucun autre, aux anciens oracles des Hébreux. L'antiquité nous dit que Marc écrivit pour les Romains, et nous le voyons employer des mots latins.
( H) expliquer en détaU les positions et les distances de son pays, les usages de la Palestine comme étrangers à ses lecteurs.
L'antiquité nous dit que Luc était mé* decin, plus instruit par conséquent que les autres.évangélistes, et nous lé voyons faire un ouvrage plus complet, récrire açec ordre après s^en être exactement informé. — Coïncidences de faits. Cest la femme de Pilate , qui, suivant les Évangiles j était à Jérusalem:; et nous voyons par Tacite,* que si Auguste avait interdit aux proconsuls d'emmener avec eux leurs épouses,Tibère avait levé cette défense* Ce sont ces péagers que Jésus appelle, ou convertit à Capemaum et à Jéricho, et nous savons d'ailleurs que précisément dans ces deux villes les douanes romaines furent établies , et que des Juifs en étaient les agents. — Mais à
* rtff«v.^w2fl/.i, 40,41 ;ii, 54, 55^10,33,34.
quoi sert de pousser plus loin cette longue et toujours inconr^plète ënumâ^tion ?
Coïncidences dé lieux, coïncidences de monirs, coïncidences de langues; à cet égard les richesses de nos Évangiles sont immenses, et nous lasserions votre attention long-temps avant d'avoir achevé notre tâche?
Que demanderez-vous encore, mes Frères? voulez-vous une autorité imposante, une longue possession et de glorieux triomphes? ! — St. Jean n avait fhs quitté la terre, que les Évangiles, désignés par les noms de leurs quatre auteurs, repaient partout dans TÉglise la conduite et la foi des fidèles. Les siècles s'écoulent, chaque génération leur apporte à son tour son tribut d'hommages, chaque génération les reçoit comme le rapport des ministres de la Parole. Bientôt TÉglise s'étend et se diivise à la fois, les sectes naissent et se multiplient; Grecs et bar-
( i6 ) bares^ peuples de Torient et de Toccident, opposés d'intérêts, de gouvernements, de mœurs et de foi , tous les chrétiens du monde connu s'accordent cependant à recevoir comme indubitables et authentiques les écrits des disciples, et c'est là qu'ils vont également chercher les bases de leur foi ou l'excuse de leurs èrreui^. Au milieu du. choc des opinions ou des passions, quelque voix s'élève-t-elle contre l'authenticité de ilos Évangiles? Non, mes Frères, aucime jusqu'à notre siècle, aucune. Amis et ennemis de la foi lui rendait également hommage. De nos jours, il est vrai , on a vu ce que n'avaient point vu nos pères; on a vu des hommes, les uns aveuglés par la haine, les autres enorgueillis par la science, ou bien égarés par l'exemple, par l'autorité, par de fausses lumières ou par l'esprit de système, on les a vus mêlant le faux avec le vrai, ré-r pondant aux preuves par des doutes, aux
raisons par des suppositions, bouleversant toutes les idées reçues, porter jusques sûr ftos Évangiles Une main auda-* cieuse, et les dénoncer au monde comme un recueil de traditions mensongères.
Pourquoi s'en étonner? La même fureur d'idées, singulières n essâie-t-elle pas encore de ravir aux plus grands génies de l'antiquité leur renommée et leurs plus beaux ouvrages? Mais qu'ont produit tous ces eflforts? Qu'ont pu, réunis contre nos Évan^Ies, la science, le génie, Taudace et la célébrité?— Ce qu'ils ont pu, mes Frères ? — Ils ont amusé quelques curieux, séduit quelques hommes à systèmes^ eflfrayé quelques âmes faibles ; mais enfin la discussion a commencé, les assertions hasardées ont été réduites à leur valeur, les faits ont été reconnus, le flambeau de la vérité a brillé; l'édifice, à peine élevé jusqu'au faite, s'est écroulé, et ses débris dispersés rendent inaintenant à
l^aathenticité de nos Évangiles un nouvel hommage » Thommagede la science vain* eue par la science même^ rt de la haine ré* dqîte ausilence ! — Sônt^Ues assez fortes^ Chrétiens , toutes ces preuves réunies ? — • Eh bien , nous en avons de plus fortes em core, oui , de plus fortes, puisqu'elles reposent sur là nature du cœur de Fhomme et sur le langage de la vérité! — Lisez , lisez nos Évangiles, et demiandez-vous ensuite s'ils sont Touvrage de Kmpos* ture; lisez ces récits que distinguent tant de candeur et de naïveté! voyez comme les Apôtres de Jésus racontent ce qu'ils ont vu, sans y joindre aucune remarque, sans chercher à faire aucun effet, sans s'inquiéter de prévenir les doutes, sans paraître même les prévoir.
Lisez ces discours du Sauveur si supérieurs aux préjugés de la synagogue et aux doctrines des païens, ces discours rapportés sans commentaire, sans appa-
( »9 ) reil, sans aucune formule d^admiration ou même d'étonnement^ et qui portent cependant ^empreinte du ciel d'où ils sont descendus. Lisez ces mots ou tou^^ chants, ou sublimes , ou profonds, que les grossiers pêcheurs de Capemaum ne pouvaient sentir > et bien moins encore deviner. Lisez toutes ces choses si extraordinaires et si simples, si grandes et si populaires, et dites-nous si cW là une histoire composée, arrangée à plaisir ^ si un imposteur, si même un disciple pos* térieur aux! ApAtres eût jamais écrit avec cette simplicité, s'il n'eût pas cherché à frapper l'imagination, à faille ressortir certains détails, à en déguiser d'autres?
en un mot, si c'est ainsi qu'on invente?
Ah si vous faites cette lectmre avec un esprit, avec un cœur calmes et droits, si .vous y apportez le jugement sûr et paisible de l'homme qui cherche la vérité, et qui a ce qu'il faut pour la trouver;
(âo)
qui ne prietend pas tout comprendre en Un pareil sujet, mais qui sait reconnaître le langage du vrai et apprécier les objections ce qu'elles valent}, si. vous vous recueillez devant Dieu dans cette lecture et vous abandonnez ensuite à l'impression qu'elle ne. tardera pas à exciter; oh pour lors, nous n'avons rien de plus à vous dire : quels raisonnements vaudraient Fëmotion de votre cœur et le sentiment intime de la vérité? Non, mes Frères, la vérité n'a pas deux langages , elle se fait sentir au cœur qui l'aime avec une puissance qu'on chercherait vainement à imiter. Oui ! nos Évangiles sont authentiques, jamais vérité historique ne fut mieux dénu)ntrée. Ils sont authentiques, ou il n'y a rien de certain en critique et en histoire , ou le sens moral nous égare et le sens commun nous trompé. Ils le sont. Après tant de siècles, tant de recherches, tant de preuves, l'ignorance,
Finquiétude^ Finréflexion ou Torgueil peuvent seuls en douter.