‹ De l'origine authentique et divine de l'Ancien Testament: DiscoursChapitre 4 sur 33 · CERTITUDE DE LA CONNAISSANCE DES FAITS CHEZ LES ÉVANGÉLISTES · texte numérisé non relu

CERTITUDE DE LA CONNAISSANCE DES FAITS CHEZ LES ÉVANGÉLISTES

Les Évangiles sont authentiques, mais les évangéUstes étaient-ils bien instruits de ce qu'ils racontaient? Ne répondons pas encore tout ce qu'un chrétien pourrait répondre ; jugeons d'abord les évangéUstes comme des historiens ordinaires, et montrons que même alors, la con* naissance qu'ils avaient de l'histoire évangélique, serait déjà au-dessus du soupçon.

Je l'affirme, et j'en appelle à leurs

personnes. Qui sont-ib ces historiens du Christ ? — Ses voisins, ses amis, ses con^pagnons d'œuvre ou de voyage; ils mangent avec lui , marchent à ses côtes , sont témoins de ses miracles ; ce sont ses Apôtres enfin, ou lés amis et les associés de ses Apôtresl. Le premier qui se présente demeurait à Capemaîim , dans la ville même où Jésus séjournait , près de Nazareth où il fut élevé, sur les hords de ce lac de Tibériade, théâtre de ses prédications et de ses. mirales ; appelé par Jésus , presque au commencement de son ministère, il Fa dès lors constamment suivi , et peut se présenter avec confiance comme son historien. Lé second est un jeune homme élevé par les Apôtres et peut-être témoin avec eux de ce qu'il devait raconter un jour. Fils de cette pieuse femme dont la maison servait d'asile aux disciples du Christ, cousin de Barnabas, compagnon de voyage de Paul,

et ce qui est bien plus , associé , secrëtaire de Simon Pierre, Marc a écrit non-seulement ce qu'il a su ou ce qtfil a vu, mais ce que Pierre lui a dicté ; Pierre , le plus zélé des disciples, le témoin privilégié de la transfiguration de Jésus, Pierre a été regardé par toute Tantiquité comme le véritable auteur de FÉvangile selon St. Marc. Ce fut sous sa direction que celui-ci reprit les principales parties de FÉvangile selon St. Matthieu, y ajouta quelques détails , rectifia Tordre de quelques événements, et publia cet ouvrage qui fut le second Évangile. Le troisième évangéliste] est de bonne heure associé aux Apôtres dans leurs travaux. Nous ne pouvons affirmer qu'il ait vu lui-même les faits qu'il rapporte; rien ne le démontre , et rien non plus ne prouve absolument le contraire. Mais ce qui est certain, c'est que, consacrant à l'œuvre du Christ tout son temps et toute sa vie^

(24) ami des Apôtres, associé du grand Paul, écrivant son 'Évangile après trente ans de liaison et de séjour avec eux , il avait eu certes assez de moyens de bien connaître ce qu'il voulait raconter. Le <lernier enfin est Jean, le disciple qui reposait sur le sein du Seigneur ^ le disciple bien-aimé, qui partagea les privilèges de Pierre , qui seul eut le courage dfe suivre son maître sous la croix , qui reçut son dernier soupir, courut le premier à son sépulcre, et auquel Jésus légua sa mère. Voila quels sont nos historiens.

J'en appelle à leurs écrits. Les récits du témoin oculaire ont une vie, un naturel tout particulier ; en racontant les faits , il croit les voir encore avec toutes leurs circonstances; il n'omet ni les mouvements des acteurs ^ ni Taspect de la scène ; il retrace mille petites circonstances, que sa mémoire associe toujours au fait prin-

cipal, mais auxquctiles un autre n'eût jamais songé. Or coinment ne pas le remarquer dans nos Évangiles, ce caractère que nos traductions même laissent encore apercevoir? Comment n'en pas conclure que les évangélistes connaissaient par eux-mêmes les faits qu'ils rapportaient 9 ou du moins en étaient exactement instruits jusqu'aux moindres circonstances ? Jean raconte*t-il les ^cènçs touchantes qui suivent la résurrection de Jésus? Quels détails naturels et vrais!

Quelle naïveté, par exemple, quelle simplicité parfaite dans les émotions de cette sainte femme* qui cherche le Sauveur, se retourne, le voit et ne le reconnaît point, tarit les dernières ombres de la nuit et ses propres larmes obscurcissent encore ses yeux ! dans ce dialogue sublime à force d'être simple : Marie j^ —^ Mon Maître; ce dialogue en deux mots, qui .

* Jean XX, 10-17.

expriment tant de choses! Et cependant, combien les scènes où l'évangéliste a été lui-même spectateur ou acteur, Temportent encore par cette fidélité minutieuse et sans art, cachet du témoin oculaire et du narrateur exact! L'Apôtre ne se nommenulle part, mais voyez comme il se trahit lui-même en parlant de cet autre Disciple qui court avec Pierre au tombeau de Jésus ressuscité.* Donnez cette scène à décrire à un conteur de romans, à un fabricateur de récits apocryphes ; il vous dépeindra sans doute en termes pompeux , ou avec une sensibilité peut-être habilement imitée, Témotion des deux Apôtres en approchant du sépulcre de leur maître, leurs regards inquiets scrutant avec avidité cette tombe entr'ouverte et brisée ; la confusion, les craintes, le trouble de Pierre coupable et pénitent, les scènes augustes

♦ Jean XX, S^St

(^7 ) qui attendent les disciples à ce monument du triomphe de Jésus déclaré solennellement^/^ de Dieu. Mais ces artifices d'une adroite et vive imagination sont étrangers à notre vérîdique historien. Il raconte simplement ce qu'il a fait, ce qu'il a senti, ce qu'il a vu. Les deux Apôtres sont partis au premier mot; Jean court plus vite, mais n'entre point; Pierre se laisse devancer, mais arrivé plus tard, pénètre dans le tombeau; les linceuils sont à terre , un linge est plié à part. On peut deviner là, peut-être, le trouble de rame du fils de Jenas, mais Jean n'en dit rien, ne paraît point s'en apercevoir; il ne se rend compte que de ce qu'il a personnellement éprouvé. // vit et crut, nous dit-il de Tùî-mëmï?; ïuîsTous deux repartent sans avoir même vu Jésus.*

♦ Ce caractère de vërité des récita évangâi^ues devient bien plus frappant ^and on le compare aux écrits d'historiens moins simples, moins véridiques, ou moins

Ouvrez St. Marc au hasard; quelle vérité, quelle vie dans tous ses récits ! que ce soit à Stp Pierre ou à lui qu'il faille Tattrîbuer, peu importe; le résultat est le même, et ce caractère de minutieuse véracité n'en est p^ moins empreint dans tout son livre; dans toutes les portions du moins où au lieu de rappeler les faits en passant, il s'arrête à les raconter avec quelque détail. Parle-t-il de la femme guérie en touchant le vêtement de Jésus , ou du

rapprochés des faits. Que l'on exaipine rhistorien Josephe , et Ton comprendra ce que je veux dire. S*il ra^ conte, par exemple» lé sacrifice d'Abraham, il fait adresser à Isaaç par son père un discours d'une page , tout plein de belles choses destinées à lui persuader de se soumettre à la mort; puis il continue de la sorte : « Isaac, qui ëtait un si digne fils d*un si admirable père, écouta ce disvoun, iSoxk^vttulckneiit ersus s'ëtonner, mais avec joie, et lui répondit qu'il aurait été indigne de naître s'il refusait d'obéir à sa yolontë, principalement lorsqu'elle se trouvait conforme à celle de Dieu. En achevant ces paroles , il s'ëlança sur l'autel pour être immole, et ce grand sacrifice allait s'accomplir si Dieu pc l'eût empêche. »

(29) malheureux enfant que tourmente un esprit impur,* toujours il semble voir encore les mouvements du Maître, Tem* pressement, les larmes, Fémotion des acteurs ; ses oreilles conservent encore Tiropression de la voix du Sauveur, lorsqu'elle commandait à la nature et arrachait au sépulcre sa proie : Effata^ Talitha koumi!** Il répète ces paroles dans la langue même où Jésus les prononça, telles qu'il les a entendues, qu'il croit les entendre encore.-^ Voilà le caractère de leurs récits.

J'en appelle à leur témoignage. St. Luc nous dit dans notre texte que la çérité de ces faits a été connue parmi eux açec une entière certitude; il déclare qu'il s'est exactement informé dès leur ori-gine des faits qu'il raconte, et à l'égard des autres évangélistes, que dès le corn-

» Marc V, a5-345 IX, x3-a8.

♦* Marc VU, 34; V, 41.

(3o) mencement ils les ont uns de leurs pro^ près yeux. Pourquoi douter de ce témoignage? Eh, d'après quels principes apprécierez-vous les déclarations d'un écrivain profane? Si elles sont d'accord avec ses écrits et sa position, si tout démontre la bonne foi de l'écrivain , elles sont un document précieux, et elles font preuve. Et le témoignage de nos évangéiistes ne vaudrait pas au moins celui d'un écrivain ordinaire! Grand Dieuî Dans quelles circonstances le rendent-ib ce témoignage? c'est couverts encore du sang de leur Maître, au pied de sa croix et prêts à l'y suivre. Ils peuvent cependant, ils peuvent d'un mot éteindre les bûchers et briser leurs chaînes; ils n'ont pour cela qua démentir leurs écrits. Eh bien, dans cette position, mourant pour soutenir leur dire, ils s'écrient encore : Ce que nous açons ouï y ce que nous açons i^u de nos yeux ^ ce

que nous açons contemplé et que nos mains ont touché ^ nous cous Vannon^ çons* Ce nest point en suivant des fables composées açec artifice que nous vous açonsjidt connaître le pouvoir de notre Seigneur Jésus-^Christ; mais cest après avoir vu sa majesté de nos propres yeux^* Nous ne saurions nous empêcher de parler des choses que nous avons pues et que nous avons ouïes*** Et nous ne les croirions pas ! Ah, c'est s'ik disaient le contraire, s'ils s'accusaient eux-mêmes d'ignorance et d'imposture, que nous devrions leur refuser notre créance et n'imputer leur désaveu qu'aux bourreaux.

Mais non , il persistent et ik meurent :

voilà leur témoignage.

Je vous le demande maintenant, mes Frères; sommes-nous en droit d'affir-

♦ I JeanI, i.

♦» a Pier. I, i6.

♦*♦ Act.IV, 20.

mer que les évangélistes étaient bien instruits ? Peut-il encore rester quelque doute? Mais si d'un côté les Évangiles sont authentiques 9 et deFautre les évangélistes bien instruits, est-il encore per- mis, est-il encore possible de douter que l'histoire évangélique soit certaine? C'est ce qui nous reste à examiner*

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