INTRODUCTION
Cest dans notre siècle, et on pourrait dire, surtout de nos jours, que la question des origines de l’épiscopat a suscité une foule de travaux. Sans compter les monographies particulières qui se sont donné pour but d’éclaireir le problème, il n'est presque pas d'histoire de l'Eglise, de traité sur le droit canonique dans lesquels cette question n'ait été touchée. Combien différentes ont été les solutions, combien divergentes ont été les conclusions auxquelles ces études ont abouti, c’est ce qu'il est facile de voir pour peu qu'on jette un coup d'œil sur la nombreuse littérature du sujet.
Jusqu'à l’époque de la Réforme, la solution de l'Eglise catholique avait été admise presque sans opposition. Pour le catholicisme, l'épiscopat est une institution essentielle à la constitution même de l'Eglise : l'autorité de celle-ci repose sur la régularité de la succession épiscopale et sur l’origine apostolique de cette succession. Sans prétendre que cette autorité ait eu, dès le début, tout le développement qu'elle a acquis aujourd'hui, le catholicisme n’a jamais admis qu'il n'y ait pas eu de pouvoir épiscopal dès l’origine, ni que les dépositaires de ce pouvoir ne le tiennent pas des apôtres. L'évêque est donc, d'après la doctrine catholique, le successeur des apôtres, supérieur aux simples prêtres de par l'institution divine. Dès