VIII INTRODUCTION
l'origine, cette distinction entre le prêtre et l'évêque se manifestait déjà. Voici comment en parle saint Thomas : « Quant aux prêtres et aux évêques, nous pouvons en parler sous un double point de vue : si nous ne Considérons que le nom lui-même, autrefois, il n'y avait pas de différence. Mais si nous faisons attention à l'office des uns et des autres, la distinction existait déjà au temps des apôtres !. »
Cest la même doctrine que nous retrouvons proclamée au Concile de Trente : « Si quelqu'un dit que, dans l'Eglise, il n'y a pas une hiérarchie d'institution divine, comprenant les évêques, les prêtres, les diacres, qu'il soit anathème ?. » |
Cette doctrine, avons-nous dit, fut admise pendant quinze siècles, presque sans interruption : même aux époques les plus troublées par les hérésies christologiques, aucune voix ne s’éleva. contre. elle, "AumINe#siècie cependant, un certain Aërius semble avoir enseigné le contraire. Son erreur principale, telle que nous la connaissons d'après saint Epiphane *, était de n'admettre aucune différence entre les évêques et les prêtres : «Il v a chez tous deux, disait-il, même ordre, même honneur, même dignité : l’évêque impose les mains, le prêtre le fait aussi ; l'évêque administre le baptème, le prêtre aussi; l’évêque s'occupe de la direction du service divin, cette fonction revient aussi au prêtre. » — « Mais, répondait saint Epiphane‘#, n'est-il pas absurde de n’admettre aucune distinction entre le prêtre et l’évêque ? L'ordre épiscopal est le seul qui donne des pères à l'Eglise, l’ordre sacer-
1 S, Th. Sumima La, 2e quæst 184, art. 6.
2 Conc. Trid., sess. 23, can. 6.
3 S'Epiph. adv. Hæres, lib. III, heres. 75, 3, APT ONE AN