‹ De l'Origine Divine de l'ÉpiscopatChapitre 5 sur 25 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

puisaient dans l'Ecriture, contestaient absolument toute supériorité hiérarchique, l'église luthérienne, après avoir supprimé les privilèges de l’épiscopat, jure divino, les rétablissait, jure humano.

«Nous avons souvent affirmé, dit l’Apologie de la Confession d'Augsbourg, notre volonté souveraine de conserver l'ordre et les degrés établis dans l'Eglise par l'autorité humaine. Cest dans un but louable et utile, nous le savons, que les Pères ont établi sur ce mode conforme aux anciens canons, la discipline ecclésiastique . »

Un des principaux tenants du côté des presbytériens fut Saumaise, qui soutenait que l’épiscopat n'avait été introduit dans l'Eglise que vers le commencement ou le milieu du second siècle ?. Après lui, David Blondel chercha à démontrer que l’année 136 était la date précise qu'il fallait lui attribuer ?. L'institution épiscopale trouva de vaillants et savants défenseurs chez les théologiens anglicans, parmi lesquels on peut citer Zammond, Pearson, Bereridge, Bingham : is soutenaient que l’épiscopat est difrérent du presbytérat et lui est supérieur.

Mais c'est dans notre siècle surtout que nous voyons paraître, sur ce sujet, une foule de travaux. Depuis Baur, qui publiait à Tubingue., en 1838, son ouvrage de l'Origine de l'Episcopat *, jusqu'à Réville qui a fait paraitre,

! Sœpe testati sumus nos summa voluntate cupere conservare politicam ecclesiasticam et gradus in Ecclesia factos etiam humana auctoritate. Scimus enim bono et utili consilio a Patribus ecclesiasticam disciplinam hoc modo ut veteres canones deseribunt, constitutam esse. (4pologie de la Conf. d'Augsbourg, p. 204, citée dans l'ouvrage de Réville : Les origines de l'Episcopat, p. 7.)

2 De episcopis et presbyteris. Amsterdam 1641.

3 Apologia pro sententia Hieronymi de episcopis et presbyteris. Amsterd. 1646.

# Baur. Der Ursprung des Epicopals. (Tübinguen 1838).

INFRODUCTION XI

eu 1894, un volume sur les Origines de l'Episcopat 1, la question a été traité dans un grand nombre d'écrits. Ce que l’on remarque dans les auteurs en grande partie protestants et rationalistes, c'est la variété des hypothèses qu'ils ont mises en avant pour expliquer l’origine de l’épiscopat, son caractère, sa nature, l’époque où il a commencé à paraître : sur ces différents points, ils sont loin d'être d'accord, bien qu'ils le soient pour contester l’origine divine de la hiérarchie dans l'Eglise. Jetons un coup d'œil sur les principales opinions émises à ce sujet.

Pour Baur, l'épiscopat unitaire est le fait d’un développement qui repose plutôt sur un concours fortuit de circonstances que sur une volonté divine. Au début, il y aurait eu des communautés privées ayant à leur tête un ancien Ageo6Tegos : Ces Communautés se seraient fusionnées. ce qui aurait donné lieu à la pluralité des presbytres ou épiscopes : toutefois, le gouvernement d'un seul aurait fini par prévaloir.

Ritschl distingue deux formes primitives de gouvernement ecclésiastique : la forme judéo-chrétienne et la forme ethnico-chrétienne. La première est surtout représentée à Jérusalem par Jacques, le parent du Seigneur : ce type cesse à la destruction de Jérusalem sous l’empereur Adrien. La seconde forme beaucoup plus répandue n'aurait eu d'abord qu'un caractère local : ce n’est que vers la fin du IT° siècle, avec Irénée, qu'on voit l’épiscopat apparaitre comme une institution de l'Eglise ?.

D'après Aatch et Harnackh, pour étudier l’organisation de l'Eglise, il faut tenir compte des emprunts qu'elle à pu faire aux nombreuses associations existant alors dans le

1 Jean Réville: Les origines de l’Episcopat. Paris, chez Leroux. 1894. 3 Ritschl. Ænistehung der altkatholischen Kirche. Bonn, 1857, p. 418, 441.

XII NTRODUCTION

monde païen. Les communautés chrétiennes se seraient donné des présidents comme le faisaient alors les associations similaires du paganisme. Dès le début, l'évêque n'eut été qu'un simple préposé aux finances, chargé de recevoir les aumônes, d'en faire la distribution aux pauvres et aux veuves f.

De plus, la situation des communautés chrétiennes exigeait un pouvoir central dans la main d’un seul. L'unité de la doctrine apostolique eut été exposée à périr si elle avait été livrée à une foule d'organes : pour la maintenir, il fallait l’enseignement d’un seul ?.

Lœning, qui reconnaît que. dès le milieu du second siècle, l'épiscopat unitaire a déjà pris pied dans une grande partie de la chrétienté, explique son introduction par le fait de circonstances particulières : au commencement, les chrétientés avaient à leur tète un conseil. Mais ces communautés entamées par les idées gnostiques étaient exposées au schisme et à l'hérésie : même dans les collèges des prêtres, des ambitions se faisaient jour ; il se formait de petites associations : c'est pour parer à ce danger de scission qu'on établit une autorité centrale unitaire : l'épiscopat à.

Toutefois, ce changement, fait remarquer l’auteur, ne s'est pas opéré sans lutte, bien qu'aucun écrit ne soit venu jusqu à nous pour nous renseigner à ce sujet. On peut en voir l'indice dans le fait que, plus tard encore, les évêques sont appelés n10s08uTeço.

Cette idée d'expliquer par des luttes intestines l'origine

1 Hatch. Harnack. Die Gesellschaflsverfassung der christtichen Hirochempr 20931654

2 Idem, p. 9,4 et suiv.

3 Lœning. Die Gemeindeverfassung des Urchristentums. Halle.

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