XIV INTRODUCTION
Weizsæcher repousse catégoriquement toute origine apostolique pour l'épiscopat. « L'époque des apôtres ne connaît, dit-il, ni épiscopat, ni presbytérat, ni même ce qu'on peut appeler un office spirituel. Après la disparition des apôtres et des prophètes, il s’est formé une sorte de conseil ecclésiastique, d’où est sorti l'épiscopat f.
Beyschlag est encore bien plus affirmatif. Pour lui, il y a dans l'Eglise absence de tout élément théocratique aussi bien que hiérarchique. Le texte de saint Mathieu : Dominantur eis principes eorum, vos autem non sic (XX, 25, 28), lui semble formel à ce sujet. Les évêques ne sont pas successeurs des apôtres : jamais les communautés ne sont rappelées à une ordonnance de Jésus-Christ, en vertu de laquelle elles devraient obéir aux anciens comme étant successeurs des apôtres ?.
Cest aussi l'opinion émise par de Pressensé : point de domination dans l'Eglise. Les charges ecclésiastiques ne sont qu'un ministère : ceux qui en sont revêtus sont, non les dominateurs., mais les serviteurs de leurs frères *.
Le développement de l'épiscopat, dit-il encore, est dû plutôt au sentiment de péril qu'à une préoccupation gouvernementale : c’est une sorte de dictature, de salut public qui n’a pas encore ses titres en règle *.
La diminution de la piété, dit-il plus loin, l’envahissement d’un christianisme nominal et extérieur étaient tout au profit des progrès du système épiscopal, car la Liberté dans l'Eglise repose toujours sur la sainteté de ses
! Weizsæcker. Das apost. Zeilaller der christiichen Kirche. rme édit., 1892, p. 584.
2 Beyschlag. Die christliche Gemeindeverfassung im Zeitalter LESEN END M0;
3 De Pressensé : Le siècle apost. 2e période, p. 233.
# Idem, p. 475.