INTRODUCTION KY
membres. Il y avait un certain déclin dans la piété ; les progrès de l’épiscopat correspondaient à ce déclin 1.
Il a paru, sur la même question, deux ouvrages récents : l’un de M. Sohm, professeur à Leipzig ?, qui s’est donné pour tâche d'étudier l'histoire du Droit ecclésiastique depuis ses origines jusqu'à nos jours. Plus de 200 pages de son travail sont consacrées à étudier la question qui nous occupe. Après avoir, dans sa préface, rapidement examiné les deux opinions dominantes : celle de l'Eglise catholique et celle de l’Eglise réformée, l’auteur nous donne la sienne propre. Son idée principale, idée dominante à laquelle il revient plusieurs fois, c’est qu’une organisation Juridique, une hiérarchie constituée légalement sont contraires même à la nature de l'Eglise. « L'organisation de l'Eglise, dit-il, ne peut être de nature juridique. Le chef de l'Eglise, c’est le Christ, et la puissance ne peut s'exercer dans l'Eglise qu'au nom de Dieu. Mais est-il croyable qu'une formule de droit décide en dernier ressort et qu'elle ait pour l'Eglise la valeur de la parole de Dieu? Ce n’est pas la parole d’un homme, mais la parole de Dieu qui doit gouverner l'Eglise. Or, la parole de Dieu ne se reconnaît pas à une forme extérieure, mais à sa force intérieure #. ».
« L'organisation de l'Eglise, dit-il encore, ne repose pas sur des principes de droit, mais sur les charismes. Dieu donne ses grâces à chacun et c’est en vertu de cette répartition des grâces qu'il y a. dans l'Eglise, une organisation : car, ceux qui ont reçu les grâces divines ont le droit de réclamer l'attention et l’'obéissance des autres : de 1à, dans l'Eglise, des supérieurs et des inférieurs *. »
1 De Pressensé. Ouvrage cité, p. 563.
Sohm. Xirchenrecht. Leipzig, 1892.
3 Idem, S 3, p. 22.
4 Idem, pr: