‹ De l'origine et des progrès d'une science nouvelle, 1768Chapitre 19 sur 23 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

La communauté d'intérêts entre le Souverain et la Nation, manifestement établie par le partage proportionnel du produit net du territoire, est le plus sûr garant de l'observation des loix de l'orch^e naturel.

Il est impossible qu'un Souverain, arithmétiquement convaincu qu'il ne sauL62jrait accroître ses richesses, et par conséquent sa

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puissance, que par la prospérité de ses sujets, ne soit pas trèsattentif à s'instruire de tout ce qui peut augmenter l'aisance et le bonheur de ses peuples, et très-actif à les maintenir dans la libre jouissance de tous leurs droits de propriété.

Par-tout où une mauvaise constitution rendrait cette communauté moins visible, et où les dépositaires de l'autorité pourraient, ou croiraient pouvoir, faire au moins passagèrement leurs affaires, indépendamment de celles de la Nation; l'instruction publique des loix naturelles dont Y observance peut seule assurer le meilleur état possible des Princes et des Peuples, serait bientôt négligée. On pourrait en venir jusqu'à ne trouver même que peu ou point de Magistrats éclairés sur ces loix. Tout serait abandonné au torrent des préjugés, aux caprices de l'opinion, aux ruses d'une politique ténébreuse et arbitraire. On pourrait oublier ce que c'est [63^ que propriété^ que liberté ; les richesses diminueraient en raison de cet oubli funeste. Des expédiens ruineux pourraient être regardés comme faisant partie du régime habituel, voiler momentanément au Souverain la dégradation à laquelle ils contribueraient, conduire la société au terme de l'atTaiblissement et de la ruine, et le Gouvernement à celui de la pauvreté et de l'impuissance; avant que celui-ci vit la nécessité de remédier efficacement à un désordre si funeste pour lui-même et pour la Nation.

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