‹ De l'origine et des progrès d'une science nouvelle, 1768Chapitre 21 sur 23 · XX · texte numérisé non relu

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Un Monarque héréditaire associé avec sa Nation, par le partage proportionnel du produit net des biens fonds, a un intérêt visible que le produit net soit le plus grand possible.

Il a donc un intérêt visible que toutes les conditions nécessaires à Texistence du plus grand produit net possible soient complettement remplies.

Il a un intérêt visible que la concurrence soit la plus grande possible dans tous les travaux qui contribuent directement, ou indirectement, à la formation de ce produit net.

Il a un intérêt visible que la liberté de toute espèce de commerce, tant intérieur qu'extérieur, soit entière.

Il a un intérêt visible que la jouissance [701 de tous les droits de propriété personnelle, mobiliaire et foncière, soit assurée.

Il a un intérêt visible que Tusag'e de ces droits soit éclairé, par l'instruction publique la plus lumineuse, la plus étendue, la plus universelle, la plus favorisée.

II a un intérêt visible que cette instruction générale des loix de Vordre naturel^ lui forme des Magistrats sur les lumières et sur la vertu desquels il puisse compter, pour examiner et décider d'après ces loix, quelle doit être dans les cas particuliers l'application de son autorité Souveraine, afin de maintenir la propriété, sur le produit de laquelle est fondé son revenu.

Il a un intérêt visible que ces Magistrats habiles et studieux comparent les loix positives qu'il est obligé de promulguer avec les loix divines de l'ordre .naturel: afin de l'avertir, s'il lui échappait dans ces Ordonnances quelque erreur préjudiciable à ses revenus. Car les [71 loix positives qui paraissent même les plus éloignéesd'être des loix fiscales, ne sauraient jamais être indifîérentes aux revenus d'un Monarque co-propriétaire.

Elles sont nécessairement ou conformes, ou contraires aux loix naturelles ; ou favorables ou nuisibles à la propriété, et à la liberté qui en est inséparable.

Si elles sont conformes aux loix de Tordre naturel, favorables à la propriété, et à la liberté; elles excitent les hommes à mettre la plus grande activité dans leurs travaux en laissant le champ ouvert à linlérêt licite de tous, et donnant à chacun la certitude de recueillir le fruit de ses peines. Alors elles étendent la culture, multiplient les richesses, accroissent le produit nef, et par conséquent le revenu du Souverain proportionné à ce produit net.

Si elles sont contraire's aux loix de l'ordre, nuisibles à la propriété et à la liberté; elles jettent le découragement dans le cœur des hommes, en raison de i 72] l'impuissance où elles les réduisent, et des difficultés dont elles hérissent leurs travaux; elles restraignent la culture, elles diminuent les richesses et le produit net, et par conséquent le revenu du Souverain.

Il n'y a donc aucune Ordonnance positive, sur laquelle on ne puisse proposer cette question : s'acjit-il d'augmenter nos moissons, d'élever nos en fans, et d'accroître les revenus du Prince; ou de brûler nos récoltes, d'étouffer notre postérité, de ruiner les^ Finances publiques ?

La solution de cette question discutée jusqu'à l'évidence par les Magistrats, rappellera toujours à un Monarque héréditaire et copropriétaire, quelle est sa véritable volonté. Car on ne peut supposer un Souverain, on ne peut même supposer un homme, qui veuille nuire à autrui sans profit, et encore moins avec une perte évidente pour lui et pour ses descendans : ce serait supposer une détermination sans motifs, un effet sans cau[73]se; ou plutôt une détermination contraire aux motifs, un effet contraire à sa cause : ce serait supposer une absurdité complette.

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