‹ De L'Ostéo-Périostite Éburnée TyphiqueChapitre 4 sur 23 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Due à l'obligeance de M. le Dr Jeanbrau, professeur-agrégé. Ostéopériostite éburnée typhique. — Evidemment du tibia. — Guérison rapide.

Maladie actuelle. — Jeune fille de 17 ans, antécédents personnels et héréditaires nuls. - Fièvre typhoïde de faible intensité en novembre 1902.

En janvier 1903, tuméfaction très douloureuse du tibia droit à l'union du tiers moyen et du tiers supérieur, qui augmente rapidement jusqu’à prendre le volume d'un petit œuf de poule. A son niveau, la peau était rouge et violacée, avec des caractères nettement inflammatoires. Application de pommades résolutives. Pendant deux mois, douleurs très violentes et paroxysmes provoqués par la marche et la pression. La tuméfaction diminua peu à peu de volume, en même temps que la peau reprit son aspect normal.

SERRES fe OE À partir du mois d'octobre 1903, la tuméfaction est restée stationnaire et indolore. Elle ne gêne en rien la marche, mais préoccupe vivement la malade, qui demande à en être débarrassée.

Elat actuel en janvier 1904. — Jeune fille en bonne santé générale, bien constituée. Elle présente au niveau du tibia droit une saillie de 5 centimètres de hauteur, ayant la largeur de la face interne du tibia, recouverte par une peau normale, non fistulisée, ni ulcérée. La saillie est dure et de nature nettement osseuse. A son pôle inférieur, la pression délermine une douleur assez aiguë. Rien dans l'articulation du genou. Pas de gène pour la marche. Pas de varices.

La malade réclame vivement une intervention. On avertit la jeune fille que la guérison opératoire sera probablement retardée, à cause de la nécessité de faire une large brèche osseuse.

Opération le 14 janvier 1904. Ether. [ncision verticale sur le milieu de la saillie, sur une longueur de 8 centimètres : incision du périoste qui est soigneusement décollé à la rugine et récliné de chaque côté avec des écarteurs. On sent nettement les limites de l’hyperostose, qui présente un orifice presque entièrement oblitéré à la partie inférieure, au point qui était douloureux à la pression: ce pertuis témoigne que los s’est trépané spontanément et qu'un foyer médullaire s’est ouvert sous le périoste. Il y a eu probablement abcès en bouton de chemise.

Avec les fraises de Doyen, M. Jeanbrau trépane cet os qui a la dureté de l'ivoire el arrive, après avoir pénétré à 3 cent. de profondeur, dans le canal médullaire considérablement réduit de volume et dans lequel on trouve quel-

rues

ques gouttes de pus épais et bien lié. On aspire le pus ou sang avec unepipette stérileet on l’ensemence immédialement dans des tubes de bouillon et de gélose. A l’aide du ciseau et du maillet, l'opérateur fait sauter toute la zone éburnée. IT en résulte une brèche, dans laquelle on peut faire pénétrer le pouce de 5 cent. de hauteur. Curettage énergique. Hémorragie en nappe que l’on arrête par un tamponnement serré avec de la gaze stérilisée.

Suture du périoste au catgut. Suture de la peau aux crins de Florence. La partie moyenne de l'incision est laissée ouverte pour permettre l'issue de la gaze.

Pansement à la gaze aseptique.

Suiles opératoires. — Pas de fièvre le soir, tous les jours suivants. Le lendemain, le pansement est complètement imbibé de sang. On en renouvelle les couches superficielles, sans toucher à la gaze qui recouvre lasuture et qui est sèche etadhérente.

Le 17 janvier, trois Joursaprès l'opération, M. Jeanbrau enlève la gaze stérilisée qui comblait la brèche osseuse et ne la renouvelle pas. La cavité reste donc complètement vide. Pansement compressif.

Le 27 janvier, treizième jour, pansement. Réunion per primam. On enlève les fils. L’orifice par lequel sortait la gaze suinte très légèrement, mais il n’en sort qu'une sérosité graisseuse et non du pus.

Le 5 février, pansement. La cicatrisation est complète. La région est absolument indolore et le doigt ne s'enfonce pas au niveau de la brèche opératoire, qui paraît déjà comblée par du tissu osseux. On permet à la malade de marcher.

Le 19 février, c’est-à-dire.35 jours après l'intervention, M. Jeanbrau revoit la malade qui est complètement guérie. La région opératoire n'est reconnaissable que par les traces des points de suture, A son niveau, le tibia a sa forme, son volume et son indolence normale.

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