HISTORIQUE
Jusqu'en 1880, époque où le microbe de la fièvre . typhoïde fut découvert par Eberth, les auteurs se contentent de remarquer les lésions osseuses de la dothiénentérie, sans les rattacher d’une facon directe à cette maladie.
Citons : la thèse d’agrégation de Maisonneuve (1839) sur les lésions du périoste ; le Trailé des Suppuralions de Chassaignac dans lequel cet auteur indique la prédisposition de l’organisme à la pyohémie, à la suite de certaines affections, telles que la fièvre typhoïde.
Augé (1862), Masse (1867), Droin (1868), Sezary (1870), Auboyer (1873) signalent également les inflammations osseuses post-typhiques.
Tous ces auteurs, on le voit, font part du fruit de leurs observations à la science, sans en tirer cependant une relation de cause à effet.
À Sir Paget, en Angleterre (1876), revient le grand mérite d'avoir montré nettement la périostite comme une complication de la dothiénentérie.
Mais la première œuvre importante sur la question qui
Mas CRE
nous occupe, fut faite par Keen, en 1878. Cet auteur recueillit toutes les observations antérieures, auxquelles il en Joignit quelques nouvelles et publia un intéressant mémoire surles complications chirurgicales de la fièvre typhoïde. On y trouve 39 observations de périostites posttyphiques.
Dans la Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie, Maurice Mercier fait paraître en 1879 sept observations de lésions osseuses consécutives à la fièvre typhoïde.
Il insiste sur la fréquence de ces complications chez les adolescents et dans le cours de la convalescence.
Dans la quatrième leçon du cours de Pathologie générale, Bouchard montre que «l'inflammation médullaire (convalescence des fièvres graves) dépasse parfois les limites dans lesquelles elle se maintient d'ordinaire », et qu'elle peut aboutir à « l'ostéo-périostile phlegmoneuse avec ses conséquences et sa gravité. »
En 1880, thèse de Rondu. En 1883, thèse de Siredey. Tous deux traitent de lostéomyélite dans ses rapports avec la fièvre typhoïde et présentent des observations personnelles.
À la même époque, Terrillon fait une leçon importante sur le même sujet et Hutinel établit l'étude clinique des lésions osseuses post-typhiques.
Dans son étude sur l’inflammation des os, publiée dans l'Encyclopédie de Chirurgie, Ollier consacre quelques lignes fort intéressantes aux ostéites post-fébriles.
À ce moment, ce sujet, peu traité à l'étranger devient de mode et nous voyons éclore partout de nombreux travaux. En Angleterre, Mackey, Jackson, King et Gossling ; en Allemagne, Freund surtout, étudient les lésions osseuses consécutives à la dothiénentérie et concluent à Ja localisation du bacille d'Eberth.