‹ De l'ostéoclasie [electronic resource]Chapitre 6 sur 51 · OG · texte numérisé non relu

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Le l'ësultiit de cette expérience ne laisse rien à désirer au point de vue de la fracture, seules les parties molles ont eu à souffrir, et cela s'explique par la raison que nous n'avons pas eu la précaution de régulariser la forme du prisme jambier par l'interposition de compresses mouillées. Tout l'effort de la pression, au lieu de se disséminer à la surface du membre, s'est localisé aux points saillants. Dans nos deux dernières expériences, le membre ayant été moulé dans les compresses, le résultat a été des plus satisfaisants.

Expérience XXII. — Cadavre d'une femme de 20 ans; petite et maigre. Jambe gauche. Oa emploie le petit modèle de l'instrument et on a le soin de bien matelasser le membre avec des compresses de vieux linge mouillées. Le bord de la gouttière immobilisatrice porte à l'union du tiers inféx'ieur avec le tiers moyen de la jambe. La fracture est facilement produite. Rien du côté de la peau, ni des parties molles sous-jacentes. Le périoste est intact et il faut le décoller tout autour du tibia pour découvrir le trait de fracture. Il a la direction suivante : sur la face interne et la face externe, il se dirige obliquement en bas et en arrière et est régulier sans dentelures accentuées ; sur la face postérieure il est transversal. En somme c'est uné fracture en biseau, analogue aux fractures ordinaires de la jambe. Le péroné n'est pas fracturé ; ses articulations supérieure et inférieure sont intactes. Cette intégrité s'explique par le peu de violence développée pour fracturer le tibia. Seul il était immobilisé par la gouttière ; le péroné se trouvait complètement en dehors du champ d'action de l'ostéoclaste.

ExpÉRtEKCE XXIII, — Même sujet. Jambe droite. Appareil disposé avec les mêmes précautions que précédemment. La fracture est produite sans plus d'effort à la partie moyenne de la jambe. Intégrité absolue des parties molles. Le tibia présente une fracture sous-périostée, sauf au niveaudesa crête, où existe un éclat esquilleux, Cette esquille est sans doute due à ce qu'au cours de l'opération la compresse mouillée a glissé et le membre esi devenu un peu mobile.

Ces quatre expe'rieiices, bien que leurs résultats ne soient ])as tous parfaits, montrent cependant ce que peut donner rostcoclasic appliquée au squelette de la jambe.

M. Nuguet, dans sa thèse sur le traitement des fractures de l'extrémité inférieure du radius vicieusement consolidées, termine son travail en mentionnant les résultats de 5 fractures expérimentales du radius sur des sujets d'âge et de sexe très divers. Ces expériences, faites sous la direction de M. Robin^ sont trop importantes pour que je ne les rapporte pas in extenso.

Expérience XXIV. — Femme âgée de 35 ans, bien conformée, pas trace de rachitisme. Ostéoclasie du radius à la partie inférieure. Il faut assez de force pour fracturer l'os, qui cède sans un bruit net.

La dissection couche par couche nous montl-e les faits suivants : la peau est intacte, les muscles ne présentent aucune trace de rupture ; les artères radiale et cubitale sont indemnes, les nerfs ne présentent ni éraillures ni déchirures. Il en est de même des gaines tendineuses et des ligaments de la partie antérieure et de la partie postérieure, qui n'offrent pas la moindre trace de tiraillement. La fracture est en partie sous-périostée. Il existe en avant et à la partie externe une légère déchirure du périoste ; l'apophyse styloïde du cubitus a été en partie arrachée (il a été prouvé que ces deux dernières lésions avaient été produites par des manœuvres ultérieures et inutiles). La fracture est eu forme de capuchon. La longueur du fragment inférieur en arrière est de 9 millimètres, en avant de 13 millimètres, de la partie externe de l'extrémité de l'apophyse styloïde en haut, de 2 centimètres.

Expérience XXV. — Femme âgée de 81 ans, bien conformée. Ostéoclasie facile du radius à sa partie inférieure ; il cède sans un bruit net.

La dissection est faite. Aucune trace de lésions des parties molles. La fracture, entièrement sous-périostée, est transversale

et siège à 2 cent. 1/2 de l'extrémité inférieure. Le cubitus est respecté.

Expérience XXVI. — Enfant sexe masculin, 7 ans, bien conformé. Aucune trace de rachitisme.

L'ostéoclasie est pratiquée en deux endroits diiférents, à 4 centimètres de l'extrémité inférieure, où l'on produit une fracture transversale entièrement sous-péi'iostée, et à la partie tout à fait inférieure, où l'on constate une légère disjonction épiphysaire. Aucune trace de lésions des parties molles. Le cubitus est respecté.

Expérience XXVII. — L'ostéoclasie du radius a été pratiquée chez un homme de 45 ans, bien conformé. La fracture siège au lieu d'élection. Son trait est transversal et sous-périosté. Le cubitus a été respecté.

Expérience XXVIII. — L'ostéoclasie du radius a été pratiquée sur un garçon de 15 ans, bien conformé.

La fracture existe un peu au-dessus du cartilage épiphysaire. Ici, il est difficile de voir la fracture. En efiet, chez les enfants, l'ostéoclasie du radius présente ceci de remarquable, c'est qu'ellene produit pas une fracLurd proprement dite. Il n'y a pas disjonction entre les fragments ; c'est, si l'on veut, une fracture interstitielle, une simple fêlure toujours sous-périostée.

Il faut encore une certaine force pour produire de la mobilité anormale.

Comme dans les expériences précédentes, on ne remarque aucune trace de lésions des parties molles. Le cubitus est respecté.

Les faits expérimentaux précédents suffiront, je pense, pour édifier les chirurgiens sur la valeur de l'appareil de M. Robin.

Les expériences que je vais maintenant rapporter, et qui ont été faites avec l'appareil de M. Collin, ne sont pas moins propres à démontrer la confiance que doivent avoir les opérateurs dans la nouvelle méthode ostéoclasiquc.

M. Rc'iiiiard, dans sou travail déjà cite, s'est attache à étudier sur le cadavre les effets immédiats de l'oste'oelaste de M. Collin. Sans rapporter en détails les faits qu'il a observes, je me contenterai de signaler les conclusions qu'il s'est cru en droit de formuler, mais avant je rapporterai deux expériences personnelles, que j'ai pu faire grâce à l'obligeance de M. Collin, qui a bien voulu appliquer devant moi son appareil. J'aurais pu en faire un plus grand nombre, mais la similitude des lésions que j'ai obtenues, avec celles mentionnées par M. Regnard, m'ont donné à penser que cela n'était pas utile.

Expérience XXIX. — Sujet masculin de 30 ans environ. Muscles peu développés, mais os gros. Cuisse droite. La cuisse est petite, les chair* sont flasques et on a une certaine difficulté à bien fixer le membre. Cependant on y parvient, et les deux poignées du bras de levier étant rapprochées lentement et sans secousse, on ne tarde pas à entendre un bruit sec, indicateur de la fracture. A l'autopsie du membre on ne constate du côté de la peau ni des muscles placés au-dessous aucune lésion, pas plus au niveau où a porté la plaque de cuisse que sur le point de la plaque d'appui. Le cul-de-sac de la synoviale est intact, les vaisseaux et tous les organes de la région sont respectés. La fracture est tout entière sous-périostée, siégeant en avant à 5 centimètres au-dessus du cartilage d'encroûtement des condyles. Le trait antérieur est un peu oblique en dehors, mais le postérieur est franchement transversal et légèrement dentelé.

Expérience XXX. — Cadavre de femme de 26 ans environ. Cuisse 'gauche. L'appareil est facilement appliqué et la fracture produite avec un bruit éclatant. Intégrité absolue des parties molles, des vaisseaux et du cul-de-sac de la synoviale comme dans le cas précédent. Le trait de la fracture est sous-périosté mais il remonte sur le fémur un peu haut, à 6 centimètres environ du rebord cartilagineux des condyles. Il est très légèrement oblique en dedans à la face antérieure, mais en arrière il est transversal.

M. Rcgiirtrd rapporte dans son mémoire 8 expériences, faites sur des sujets adultes, mais il déclare en avoir fait un plus grand nombre et avoir obtenu des résultats constamment semblables, à savoir une fracture régulière, sans esquilles, sous-périostée, siégeant très près des condyles, avec intégrité complète des téguments, des muscles et des organes voisins. Il insiste sur les précautions à prendre dans l'application de l'appareil, qui, mal appliqué, peut entraîner des désordres sérieux. 11 fait aussi remarquer de quelle façon il faut disposer les pièces de l'instrument pour abaisser ou élever le siège de la fracture. Ne voulant pas paraphraser ces détails techniques, je lui emprunte sa description. La cuisse « doit être exactement fixée par les deux demi-gouttières latérales, de façon à rendre tout mouvement impossible. Pour atteindre ce résultat, il faut serrer la vis compressive avec une très grande force. Pendant ce temps de l'opération et au début de la traction, une tendance à la rotation en dehors de la jambe doit être prévenue par la main d'un aide tenant solidement le pied.

La fracture peut se faire en divers points de l'extrémité inférieure du fémur, qui sont déterminés à l'avance, suivant le point ducondyle où l'on applique la puissance. Si l'on veut produire une fracture épiphysaire immédiatement au-dessus des condyles (2 centimètres au-dessus de la trochlée fémorale), il faut appliquer la 'plaque de puissance immédiatement au-dessous de la tubérosité du condyle. Si on veut produire une fracture diaphysaire à 6 ou 7 centimètres au plus au-dessus des condyles, on doit appliquer la plaque de puissance au niveau ou immédiatement au-dessus de la tubérosité du condyle.

Dans les deux cas la fracture est toujours obli(iue, très légèrement dans le premier, beaucoup plus dans le second, et la partie inférieure du trait de fracture est toujours située du côté où a été appliquée la plaque de puis-

saiiee. Daiislo second cas, il peut y avoir quelcjuefois une petite tissure, (pii ne dépasse pas i2 ou 3 centimètres.

Un craquement sec, unicpie, indique la production de la fracture; il est beaucoup plus sec, plus éclatant dans la fracture diai)hysaire que dans la fracture opiphysaire. »

Je ne sache pas qu'il ait été anatomiquement constate que l'ostéoclaste de M. Collin produise le décollement épiphysaire. L'habile collaborateur des chirurgiens de Paris pense, que chez un certain nombre de sujets jeunes on a pu obtenir ce décollement, qui s'annoncerait par un bruit sourd, particulier. Il me semble, d'après l'examen de pièces anatomiques, que le point d'union entre la diaphysc et l'cpiphyse est placé trop bas pour que la plaque mobile de l'appareil puisse prendre appui sur la portion épiphysaire de l'os et produire sa séparation d'avec la diaphyse. C'est là, d'ailleurs, une critique de peu d'importance. Que la fracture soit diaphysaire, épiphysaire ou diaépiphysaire, elle ne s'en consolide pas moins rapidement : les nombreux faits cliniques des chirurgiens de Paris, qui ont opéré en général avec l'appareil de M. Collin, sont là pour le prouver.

En somme, l'arsenal chirurgical possède actuellement deux excellents appareils, reposant sur le même principe et ne différant que par ce point de détail que, tandis ([uc l'un, le premier en date, celui de M. Robin, agit en produisant la fracture dans le sens antéro-postérieur, le second la détermine en agissant dans le sens transversal. On a fait à l'ostéoclaste de M. Robin le reproche d'exposer à la compression des vaisseaux et nerfs poplités pendant son application, et à la blessure des mômes organes après la production de la fracture par bascule des fragments. L'auteur, en montrant qu'une injection poussée par la fémorale, pendant les manœuvres mômes de l'os-

tcot'lîiste, parvient dans l'artère pedieuse, à refuté la première objection. Quant à la seconde, ce que nous avons dit de l'existence constante d'un manchon périoste, qui maintient les fragments, suffirait à la repousser a priori, si les faits cliniques n'y répondaient d'ailleurs d'une façon éloquente.

On lui a encore objecté qu'au lieu de briser l'os dans le sens antéro-postérieur, il serait plus rationnel de le fracturer transversalement, dans le sens où s'opère le redressement pour le genu valgum. Le chirurgien lyonnais fait remarquer que le fémur étant aplati d'avant en arrière à son extrémité inférieure, la fracture, dans le sens de la plus grande largeur, a de graves inconvénients, car le tissu osseux se tasse alors à la partie interne. De là nécessité de déployer un effort plus considérable, qui expose à des esquilles. Par contre, la fracture suivant le petit diamètre du fémur est toujours nette et facilement produite.

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