ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Dans l'étude des lésions de l’ostéomyélite, on est obligé, pour la commodité de la description, de distinguer plusieurs périodes au processus inflammatoire, mais il faut savoir que le passage d’une phase à l’autre se fait insensiblement etque, dans un même os, on peut les trouver même associées (Lannelongue).
Première phase. — Le foyer primitif, d'après la théorie de Lannelongue, se trouve, comme nous l’avons déjà dit, dans la région du bulbe de l'os, dans cette région juxta-épiphysaire comprise entre lé canal médullaire central et le cartilage de conjugaison. Les lésions essentielles portent sur la moelle ; celles de los ne font qu'en découler.
La moelle perd sa coloration jaunâtre normale et présente un piqueté rouge plus ou moins intense, rappelant l’aspect de la moelle fœtale. En même temps, elle se ramollitet prend une consistance pulpeuse. Les vaisseaux sanguins sont dilatés et gorgés de sang ; les cellules adipeuses perdent leurs globules de graisse et reviennent à l'état embryonnaire. Avec les éléments cellulaires qui entourent les vaisseaux et les leucoeytes sortis par diapédèse, elles contribuent à former les éléments du pus.
Letissu osseux proprement dil subitaussides altérations
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importantes. La diaphyse prend une teinte bleuâtre et quelquefois d’un blanc mat. Après enlèvement du périoste, on remarque l'agrandissement de l'orifice des canaux de Havers, qui donnent issue à des gouttelettes de sang et sont incomplètement remplis par des vaisseaux dilatés. Dans le tissu spongieux de la diaphyse, les lésions médullaires sont les mêmes que dans la moelle centrale. |
Le périoste participe aussi à Pinflammalion et devient plus épais et plus vasculaire. Il est soulevé par lhyperplasie des éléments cellulaires situés sur sa face profonde
et très facile à décoller.
Deuxième phase. — À cette période de congestion fait suite insensiblement la phase de ramollissement et de suppuration. « Au bain de moelle, succède un bain de pus.» (Gangolphe) Après s'être ramollie, la moelle devient purulente, de coloration tantôt gris sale, tantôt rougeàtre. Le,pus remplit les canaux de Havers du tissu compact et les aréoles du tissu spongieux juxta-épiphysaire, sous forme de taches jaunâtres plus ou moins étendues. Plus lard il se collecte et forme de véritables abcès, siégeant habituellement à l'extrémité de la diaphyse, isolés à la fois du cartilage de conjugaison et du canal médullaire.
En général le cartilage de conjugaison forme une barrière suffisante pour empêcher la pénétration du pus dans le tissu spongieux de l’épiphyse, mais il est des cas, malheureusement assez fréquents, où ce cartilage est perforé et où l’'abcès peut s'ouvrir dans l'articulation voisine et exposer le malade à tous les dangers de l’arthrite suppurée. :
Pendant que se fait cette transformation purulente du issu médullaire, se produisent aussi des lésions d’os-