‹ De L'Ostéomyélite AiguéChapitre 9 sur 29 · T1 ER · texte numérisé non relu

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- De pareils accidents, toujours possibles, quoique rares

F est vrai, doivent mettre en garde contre Ja trépanation

syslémalique, On voit, par conséquent, fous les avantages qu'il y aurait à faire le diagnostic différentiel de l'abcès sous-périosté avec l'ostéomyélite proprement dite. Peut-on cliniquement faire cette distinelion? Nous croyons que ce diagnostic est basé sur des signes trop incertains ; toutefois M, Armand Bernard, dans une récente étude sur la périostite aiguë suppurée (Presse médicale, décembre 1907), se base sur plusieurs observations personnelles pour affirmer que la périostite aiguë peut se diagnostiquer avant foule intervention par un ensemble

de signes positifs et négatifs.

« Le diagnostic différentiel se base surtout sur le mode de début, sur l’évolution, l'état général, la douleur, la localisation.

» Alors que, dans | ostéomyélite, le débutest le plus souvent brutal, la périostile s'installe au contraire de facon insidieuse, n'élant guère décelée aux gens de l'entourage, s'il s’agit d'un enfant, cas le plus fréquent, que par un certain degré d'impotence fonctionnelle du membre lésé. La fièvre ne s'allume qu'après, la température atteignant ou bout de quelques jours 39° el 4(} avec un pouls un peu rapide, mais en corrélation exacle, restant ample et régulier.

… » L'évolution si rapide dans l'ostéomyélite, où l'affection présente son maximun symptomalique dans les 2 ou 3 premiers jours. se fait ici assez lentement, au point que le chirurgien n'est appelé parfois que huit jours, quinze

jours, deux mois après le début. Nous avons pu voir an

abcès volumineux de la fosse iliaque externe paraissant partir de la crête iliaque, d'évolution si torpide qu'un

chirurgien, cependant qualifié, avait pu penser au début à une sacro-coxalgie.

» L'état général est altéré surtout chezlesenfants jeunes, aux réactions vives el qui font à l'occasion dela moindre pyrexie des troubles gastriques, mais pas au point de faire penser à une infection générale et profonde. EL jamais, comme il arrive assez fréquemment dans l'ostéomyélile, - les symptômes locaux ne sont rélégués au second plan.

» Ce sont, sans doute, des nuances cliniques, mais nous n'avons pu constater chez nos malades cette altération du facies, cette expression de douleur, cette lividité blafarde de la face avec la cernure des veux, l'apparence d’atonie extrême, qui, avec la sécheresse de la langue et des lèvres, peuvent dans une ostéomyélite un peu grave faire penser à une dothiénentérie.

» La douleur aussi diffère, et, si vive qu'elle soit, elle n’a pas d'emblée et n'atteint jamais plus lard Fintensité, le caraclêre de douleur excruciante, l'exaspéralion nocturne, propres à la lésion osseuse. Et elle ne devient vraiment très vive que lorsque labcès est déjà développé, tandis que, dans l’ostéomyélite, elle atteint son acmé. alors que le périoste n’est pas souvent encore décollé.

» Le siège de la collection nous paraît constiluer peutêtre le caractère le plus nettement différentiel; il est toujours diaphysaire.

» Enfin, nous avons parlé de caractères négatifs, qui ont aussi leur valeur, car nous n'avons constaté qu'exceptionnellement laccentuation de la circulation veineuse de la peau. Et jamais nous n'avons trouvé, à la périphérie de la tuméfaction, ce bourrelet limitatif presque constant, tout au moins dans les premiers jours de l’'ostéomyélite, el auquel les auteurs classiques attribuent une grosse valeur diagnostique. »

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