‹ De l'ostéotomie dans le traitement des cals vicieuxChapitre 7 sur 39 · CALS VICIEUX DU MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

CALS VICIEUX DU MEMBRE INFÉRIEUR

La plupart du temps, les vices de consolidation tiennent à l’exagération du déplacement. A la cuisse, ils donnent lieu le plus souvent à des cals anguleux, saillants en avant ou en dehors, accompagnés d’un chevauchement quelquefois considérable déterminant alors un raccourcissement énorme. Le fragment inférieur subit presque toujours une rotation en dehors ; par suite, les conditions d'équilibre du sujet sont complètement changées et il existe une impotence fonctionnelle marquée.

D ie On a observé également au niveau de la partie moyenne du fémur des cals en Z.Le processus réparateur s’est toujours montré en rapport direct avec le degré du déplacement ; d'autre part, la consolidation a été d'autant plus longue à s'établir que le déplacement était plus considérable. Il importe de rappeler la communication intéressante faite par Baizeau à l'Académie des sciences (29 mai 1854), sur l'influence des fractures sur le développement des os chez les enfants. Il rapporte, en effet, qu'ayant trouvé à l’autopsie d’un enfant de cinq ans, atteint de fracture de cuisse, mort d’une affection intercurrente, une égale longueur des deux fémurs, il scia l'os brisé et fut fort étonné de trouver un chevauchement considérable. Il entreprit alors des expériences qui lui démontrèrent : 1° que les fractures avec déplacement, chevauchement, excitent le développement des os brisés et déterminent l'allongement; 2° que ‘les fractures sans déplacement n’ont qu'une influence nulle et très bornée sur le développement. Il insiste également sur ce fait, que chez les enfants il y a fusion intime dans le cal même pour les fractures diaphysaires.

Malgaigne s’est attaché à prouver que chez les adultes les fragments diaphysaires étaient simplement entourés et réunis par le cal, mais qu'il était toujours possible de les reconnaître.

Comme nous le disions, le cal sera d'autant plus exubérant que le sujet sera plus jeune et l’irritation plus intense. M. V. Ollier, dans une intéressante étude du cal et, de ses modifications sous l'influence de l’inflammation (1864), a démontré que les mouvements répétés

Ho prolongent la période cartilagineuse et déterminent la médullisation immédiate: s'ils sont continues longtemps, ils peuvent même produire l'absorption du cal.

Les affections générales, débilitantes, ont une action analogue. L'application de sétons donne lieu à une résorption sur le trajet et à uneirritation formatrice dans les tissus avoisinants. Ainsi, l’intensité plus ou moins grande de l’inflammation pourra déterminer tantôt une exubérance, une exagération de la solidité du cal, tantôt la diminution de sa consistance. Il est évident que des corps étrangers, des esquives, par exemple, peuvent produire des effets analogues à ceux du séton.

La production de stalactites, de pointes, de becs osseux gênant souvent beaucoup les fonctions du membre, a été observée au niveau de la hanche. Ces stalactites ne présentent aucune règle dans leur disposition ; quelquefois elles paraissent se développer au niveau des insertions musculaires. Giraldès a observé d'énormes productions osseuses chez un homme de trente-neuf ans présentant une fracture datant de huit ans. Gürlt, dans la première partie de son traité (fig. 164-167), représente des faits analogues. Nous n’avons pas trouvé d’observations de cals vicieux de la cuisse avec lésion des téguments, des nerfs ou des vaisseaux.

CALS VICIEUX DE LA JAMBE. — La jambe, surtout à sa partie inférieure, est fréquemment le siège de consolidations vicieuses. Toutes les variétés de déplacements peuvent être observées ; cependant on peut dire que dans plus des trois quarts des cas, les fragments formaient un angle saillant, le plus souvent obliquement en dehors et en avant, quelquefois en dedans. La cause prédominante

a Of) nee du déplacement (à part l'influence de la direction du trait de fracture) réside dans la contractilité et surtout la tonicité du triceps sural. Le déplacement anguleux atteignait et dépassait même, dans certains cas, un angle de 90 degrés ; si bien que chez certains malades, on voyait, pendant la marche, l'extrémité inférieure du fragment supérieur s'appuyer sur le dos du pied. Très souvent le pied était dévié latéralement, et à part un équinisme variable, il existait un renversement plus ou moins marqué du bord externe ou du bord interne du pied. Tantôt le pied et le fragment inférieur étaient déplacés en conservant leurs rapports réciproques, tantôt après des fractures du péroné avec arrachement de la malléole, l’astragale avait abandonné la mortaise tibio-tarsienne. Il en est résulté quelquefois une ascension et un enclavement de l’astragale entre le tibia et le péroné. C’est surtout dans ces faits que les anciens chirurgiens, ne pouvant redresser, pratiquaient l’amputation.

Signalons encore deux détails importants. Laugier insiste sur l'existence à peu près constante d’un pont osseux s'étendant entre les fragments et réunissant le tibia et le péroné, quelquefois à une certaine distance de la lésion. D'autre part, M. Delorme, du Val-de- Grâce, indique comme très fréquente l'existence d’un fragment tibial entre le péroné et l'extrémité inférieure du tibia. En pareil cas, la malléole externe déviée en dehors entraînant avec elle les ligaments tibio-péroniers, ceux-ci arracheraient sur le tibia un fragment osseux qui deviendrait plus tard un des principaux obstacles au redressement.

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À la partie supérieure de la jambe, on a noté l’existence d’un déplacement anguleux plus où moins saillant en arrière, paraissant dû à l’action des muscles de la patte d’oie. Notons dans quelques cas l'existence de dou: leurs extrêmement vives au niveau du cal ou irradiées à tout le membre. La saillie du cal a déterminé fréquemment des ulcérations des téguments. Nous ne trouvons qu'une observation de lésion nerveuse par consolidation vicieuse. Il s’agit d’un fait rapporté par Fûrlt, dans lequel Smith pratiqua une amputation pour une névralgie interne due à l’enclavement d’un nerf dans le cal.

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