MÉTHODES DE TRAITEMENT
DES CALSAVICIEUXUPARS DÉPLAGEMENT
Un rapide examen des différents procédés employés pour remédier aux troubles d'ordres divers, résultant des cals vicieux, nous permettra de nous rendre un compte plus exact de la méthode que nous avons plus spécialement pour but d'étudier. Richard Volkmann et d’autres chirurgiens rangent sous deux méthodes bien distinctes les nombreux procédés usités dans la thérapeutique des cals vicieux. Parmi ces procédés, les uns appartiennent à la méthode non sanglante (différents procédés de redressement et d’ostéoclasie), procurent la guérison au prix d’une simple infraction ou d’une vraie fracture, complète, toujours sous-cutanée, et sans solution de continuité des parties molles : les autres ne permettent d'obtenir le résultat désiré qu’au moyen d’une section ou d’une excision osseuse ; toutes lésions dans lesquelles (même pour les ostéotomies dites sous-cuta-
Vol es nées), il y a à peu près constamment communication du foyer opératoire avec l'air ambiant.
Présentées de cette façon et sans explications com. plémentaires, ces méthodes ne devraient pas permettre au chirurgien d’hésiter longtemps dans le parti à prendre, etilest clair que l’ostéoclasie, opposée à l’ostéotomie, comme méthodes similaires, rivales, devrait toujours être préférée, étant donnée la gravité bien différente des fractures simples, sous-cutanées, et des fractures compliquées de plaie. Mais la question nous parait se poser d’une façon différente ; l’ostéotomie et l'ostéoclasie, opérations orthopédiques par excellence, ont un but commun: le rétablissement de la forme et de la fonction d’un membre ; un mode d’action analogue : la production d’une solution de continuité du tissu osseux ; mais, chacune de ces deux méthodes doit présenter des indications spéciales, qui deviendront de plus en plus nettes, à mesure que les faits cliniques se multiplieront.
Méthode non sanglante
Cette méthode comprend plusieurs procédés, qui ne se difiérencient guère les uns des autres que par le degré de force déployé pour obtenir la correction du cal vi- CIEUX. |
A-t-on affaire à un cal récent chez un enfant, il sera possible de courber les tissus encore malléables au moyen d'un effort plus ou moins grand exercé simplement avec les mains. Le sujet est-il plus âgé, le cal plus
OR ancien, On sera souvent obligé, pour disjoindre les fragments, de pratiquer l'extension et la contre-extension avec ou sans autres manœuvres concomitantes. Ces tentatives sont-elles restées infructueuses, ou a-t-on prévu qu'elles seront insuffisantes en raison de la résistance présumée du cal, on sera obligé de pratiquer la fracture brusque, l’ostéoclasie, au moyen de machines plus ou moins compliquées.
Avant de pratiquer le redressement, l’infraction ou la fracture, certains chirurgiens ont cherché, pour faciliter la manœuvre, à ramollir le cal, soit en appliquant sur le siège de la lésion des substances réputées émollientes, soit en enflammant ou en diminuant la masse du cal par des perforations, sétons, etc... Ces dernières manœuvres, bien que ne constituant qu’un détail opératoire accessoire, changent complètement, à notre avis, la nature de l'opération, et permettent de la rapprocher des procédés sanglants. |
Quel qu’ait été le procédé employé, le traitement consécutif varie peu; on devra, en effet, se comporter comme si l’on était en présence d’une fracture accidentelle, c’est-à-dire assurer par l’application d’un bandage approprié, d’une extension suffisante, l’immobilisation et le maintien de la réduction. Tels sont, rapidement résumés, les moyens d’action de la méthode non sanglante.