‹ De l'ouverture spontanée dans la vessie des salpingites suppurées et de son traitementChapitre 12 sur 21 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

L'évolution de ces accidents varie avec la nature des salpingites, avec leur date d'apparition.

Chez notre malade, l’annexite remontait à deux ans environ, et la perforation vésicale s'est faite avec un minimum de symptômes au cours de la dernière crise de salpingite. La pyurie n'avait pas présenté cetteintermittence dans l’évolution considérée classiquement comme caractéristique. Malgré la chute de la température, la malade restait pâle et anorexique ; malgré les lavages vésicaux, la pyurie persistait aussi abondante, l'examen local, d'autre part, montrait une annexite volumineuse bien refroidie, c’est pourquoi l’on est intervenu.

Dans certains cas cependant, la guérison spontanée peut s’observer :

Gras en rapporte une très belle observation de M. Legueu. Ce même auteur, plus récemment, rapportait avec Duverger-Dax un cas où la guérison fut aidée par desinstillations de nitrate d’argent dans la poche.

Razy, de même, rapporte un cas qui guérit après ouverture dans la vessie.

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Volle, dans sa thèse, rapporte même un cas de guéson spontanée d’une fistule tuberculeuse.

Chever rapporte enfin un cas où la guérison spontanée fut observée après que la collection se fût ouverte également dans l'intestin.

Mais ces guérisons spontanées demeurent l'exception et en l'absence de tout traitement, l’évolution des fistules tubo-vésicales se fait vers la chronicité.

Malgré la pyurie persistante, la cystite peut ne pas apparaître. Reymond a publié le cas d'une femme qui charriait du pus dans ses urines depuis quatre ans et chez quiles mictions n'étaient ni douloureuses ni fréquentes. La vessie ne présentait aucune sensibilité anormale. La distension vésicale était bien supportée, à la cystoscopie la muqueuse avait sa couleur normale.

Violet et Chalier, d’après leurs trois observations insistent sur la dissociation : « Pyurie assez abondante sans phénomènes de cystite. » Une seule des malades de M. Auvray a présenté, assez tardivement d’ailleurs, des signes de cystite.

Legueu et Labadie-Lagrave insistent sur la rareté de cette infection vésicale par propagation d’un foyer suppuré. Cependant les cas où la pyurie ne s'accompagne pas de phénomènes de cystite ne doivent pas être considérés comme la règle, et le plus souvent les troubles vésicaux sont intenses comme le montrent la plupart des observations, et surtout celles de M. Legueu, de Campenon (Thèse de Gras), de Folet, de Dubar.

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Notre malade. n'avait présenté aucun signe de cystite, mais la cystoscopie montra une légère atteinte de la muqueuse, ét les signes fonctionnels dé cystite seraient sans doute apparus, si l’on n'était pas intervenu. |

En l’abscence de tout traitement, il faut, au cours dé cette évolution, redouter l’apparition d’accidénts graves : M. J.-L. Faure dit que l'ouverture däns la vessie, fâcheuse complication des annexites suppurées, estle point de départ de nouveaux accidents, accidents d'infection urinaire surtout :

Cystite purulente avec muqueuse grise et ulcérée;

Pyélonéphrite, abcès dans le parenchyme rénal, dont moururent les malades de MM. Auvray, Campeñon, Michaux.

Si l'infection ne se localise pas surle système urinaire, les malades meurent affaiblies et cachectiques ; d’ailleurs, le mauvais état général dans lequel se trouvent certaines malades explique la plupart des morts après intervention tardive (Auvray, Legueu)

En cas d’annexite bacillaire, il faut craindre, outre ces accidents d'infection secondaire, la tuberculisation secondaire de la vessie constatée par Vio let ét Chalier.

L'affection ne suit cependant pas toujours cétte marche chronique et progressive, son évolution peut être entrecoupée de périodes d’accalmie trompeuse : la fistule se ferme, les urines se clarifient, les phénomèmes de cystite, s'ils existaient, disparaïssent ;

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on croit à une guérison définitive, lorsque au bout de plusieurs mois, de nouvelles poussées aiguës salpingiennes se produisent qui aboutissent de nouveau à l'ouverture de la collection suppurée dansla vessie ;

les cas d’ouverture à répétition, ne sont pas rares.

Cas de Bernutz, dont la maladeurina, par intermittence, du pus pendant dix ans ; cas de Legueu, dont la malade urina par intermittence du pus pendant cinq ans. Ces accès de rétention, peuvent, dans certâins cas, ét comme l’a montré Pozzi, revêtir un caractère de septicité extrême, la malade mourant rapidemmenten proie à une fièvre hectique, et surtout une anorexie invincible.

Ces différents modes d'évolution, et malgré les cäs où cette complication s’est montrée bénigne, prouvent que l’ouverture des salpingites suppurées dans la vessie, doit être considérée comme une éventualité grave.

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