‹ De l'ouverture spontanée dans la vessie des salpingites suppurées et de son traitementChapitre 18 sur 21 · OBSERVATION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PERSONNELLE

Mme M..., 35 ans, rentre le 20 août 1926 à Saint-Louis dans le service de M. le Dr Chifolian parce que depuis le 11 août elle est alitée pour des douleurs siégeant dans le basventre et une fièvre élevée avec mauvais état général.

Cette femme qui a toujours été normalement réglée a eu 2 enfants, actuellement âgés de 15 ans et 4 ans 1/2. Ses 2 accouchements ont toujours évolué normalement. Il y a deux ans, en 1924, elle avait déjà présenté une crise douloureuse analogue: avec douleurs pelviennes, leucorrhée abondante, fièvre légère. On avait porté à ce moment-là le diagnostic de salpingite. Celle-ci s'était d’ailleurs calmée sans que la malade prît des soins particuliers.

Peu de jour avant son entrée à l'hôpital, le 11 août, après un retard de règles de quelques jours, la malade avait com-

mencé à se plaindre de petites douleurs pelviennes qui | allèrent s’accentuant. Le 15 août un médecin qu'elle avait consulté portait le diagnostic de salpingite + métrite. Le 20 août voyant que son état ne s'améliorait pas et surtout épuisée par une fièvre continue elle se décidait à entrer à l’hôpital.

A l'entrée, l'examen montraune malade fatiguée aux traits tirés. Les douleurs pelviennes n'étaient pas extrêmement

vives, mais ce qui frappait c'était une fièvre élevée qui attei-

SN pe gnit 40 degrés, trois jours après l'entrée de la malade à l'hôpital.

Les signes locaux étaient délicats à interpréter :

+ L'examen du ventre montre celui-ci souple sauf cependant au niveau de la fosse iliaque gauche et sur la ligne médiane, où l’on sentait une masse allongée parallèlement à l’'arcade crurale, douloureuse, de forme ovoiïde et fixe. A droite on trouvait une masse régulière, lisse, arrondie, extrêmement mobile qui remontait facilement sous le foie, mais que l’on ramenait facilement dans la cavité pelvienne.

Le toucher combiné au palper montrait un utérus petit, fixé, dévié à droite par la masse annexielle gauche douloureuse et irrégulière qui faisait saillie dans le cul-de-sac gauche.

La masse droite était perceptible maïs moins nettement dans le cul-de-sac droit.

L'examen général ne montra rien par ailleurs : cœur et poumons étaient sains.

En présence de ces résultats le diagnostic, si l’on n'avait paseunotion de l’histoire antérieure de la malade, auraït pu hésiter, cependant en présence de la masse gauche si volumineuse on pensa à une annéxite, la masse droïte étant très probablement un kyste de l'ovaire.

La malade fut mise aux injections chaudes et à la glace sur le ventre ; les douleurs disparurent complètement, l’anorexie persista, mais la température descendit en lysis jusqu’au 4 septembre, pour remonter irréguliérement à 39 degrés qu'elle dépassa la veille de l'ouverture dans la vessie.

Le 13 septembre, trois semaines après son entrée à l'hôpi-

mr 08 taletun mois après le début de son affection, la malade sans aucun prodrome émit subitement des urines troubles contenant une forte quantité de pus fétide, et dont la quantité dans le bocal atteignit 150 grammes dès le premier jour.

En même temps la fièvre tombait brusquement et la température se maintient autour de 37°%5.

Cette pyurie subitement apparue nous fit penser que la collection gauche qui avait légèrement diminué de volume s'était ouverte dans la vessie.

Des lavages vésicaux journaliers furent pratiqués sans que la pyurie subit aucune modification.

Le 9 octobre la malade était vue au cystoscope par le Dr Tissot ;

« Vessie de bonne capacité. Muqueuse et orifices uretéraux normaux. À 20° environ sur la paroi latérale de la vessie à 2 ou 3 cenlimètres au dessus de l'orifice uretéral gauche on voit une poche qui bombe et qui a donné à la muqueuse un aspect granuleux de peau d’orange et au milieu un point blanc donnant l'impression d’un furoncle qui va percer. »

Cependant la malade restait fatiguée,anémique, les signes locaux et surtout la masse annexielle gauche avait peu varié, il existait d'autre part un kyste de l'ovaire probable ce qui fit que M' Chifolian intervint le 19 octobre,

Intervention.— Anesthésie à l’éther.Laparotomie médiane sous-ombilicale. Le kyste développé aux dépends de l’ovaire droit a un long pédicule et en position de Trendelenburg se met sous le foie. A l’ouverture il s’agit d’un kyste mucoïde.

Le petit bassin est rempli par une masse constituée à

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