DELTA
chondrite dans l’évolution d’une collection vers la perforation pharyngienne?
Dans le cas de Rebattu et Gaillard, ces auteurs pensèrent d’abord qu'il s'agissait d’une périchondrite primitive ou secondaire à une infection générale. Dans le cas de notre maître il s'agissait nettement d'une hématocèle suppurée. Chez ces deux malades il y avait des altérations certaines du cartilage thyroïde. Doit-on parler, à ce propos, de périchondrite?
Il nous semble évident qu'il y a des raisons anatomiques suffisantes pour qu’on puisse admettre l'issue directe du pus d’une collection thyroïdienne à la partie postérieure de la gouttière pharvngo-laryngée. Le cartilage thyroïde, au contact de la collection suppurée, pourra présenter des zones de dénudation et même de nécrose; mais la perforation a lieu au travers de l’aponévrose pharyngienne, en arrière. Il n’y a pas d'étape secondaire dans cette perforation, il y a seulement une altération de voisinage du cartilage.
De plus, sans revenir sur les travaux de Canuyt et de Lavieille, cités par M. Rebattu dans son observation, nous pouvons dire que les périchondrites primitives sont peu fréquentes, consécutives presque toujours à une infection générale et d’une pathogénie encore bien obscure. Tandis que les strumites et thyroïdites aiguës et suppurées sont beaucoup plus fréquentes, et même des travaux déjà anciens ne laissaient plus d’obscurités sur la question. Nous pensons donc qu’en présence d’une collection cervicale, même peu volumineuse et perforée dans le pharynx,
nous devons porter d'emblée le diagnostic de suppuration thyroïdienne plutôt que de périchondrite.
Au point de vue clinique, le siège de la perforation au niveau de la gouttière pharyngo-laryngée, dans laquelle séjournent physiologiquement pendant un temps très court les liquides déglutis, explique l’absence de symptômes respiratoires d’une part et, d’autre part, la latence même des symptômes : le malade crache seulement par intermittence de petites quantités de pus.
Quant à l’évolution, nous voyons que le pronostic est fatalement aggravé du fait de la communication de la collection avec le milieu pharyngo-buccal. Ceci est amplement vérifié dans deux des observations que nous rapportons.