‹ De l'ouvrage de Pascal contre les athées: 1ere partie: De la méthodeChapitre 5 sur 9 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Da Scepticisme.

"Certitude; la nature et les philosbphes. — Unité de la certi- I0de. ^ EKhilistes. — Point de pyrrhoniens effectifs parfoiti. — Le sceptidflme dans les individus et dans les peu(Âe8.

Parmi les hommes qui pensent^ le scepticisme, il ^n'est que trop facile de s'ten convaincre y est la doc-

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trîne, peut-être aujourd'hui, dé toutes, la plus commune : scepticisme avoue ou couvert, scepticisme dissimule, le plus souvent, sous les dehors d'une foi qui ne tient à rien, ou sous le masque d^une incrédulité moins sûre d'elle-même qu'elle n'affecte de le paraître. Vainement cherche-t-on à se faire illusion ; il faut se l'avouer. N'est-ce pas» d'ailleurs, une loi de notre nature , que la jeunesse soit crédule , et là vieillisse défiante? Faut41 s'étonner qu'en s'élot^ gnant de son berceau, la société suive la loi imposée à l'homme?

Peut-être serait-il plus doux de s'endormir sur le mol oreiller de l'ignorance et de l'incuriosité} mais peut-être aussi n'est-il pas sans quelque gloire pour notre siècle, que les hommes d'aujourd'hui soient arrivés, en si grand nombre, à ce point extrême où aboutissaient autrefois, après de longues recherches, quelques rares esprits , les plus grands et les plus forts de leur temps, et où viennent nécessairement s'unir, dans un tardif accord, tous les systèmes les plus divers de la philosophie.

' Cependant Tfaumanité ne peut pas vivre dans le scepticisme} et il semble être dans la destinée des peuples, qu'une fois poussés, par la puissance de la raison, à ce terme fatal, impatients de cet éblouissement qui fait tournoyer toutes choses sous leurs yeux, ils se précipitent, en aveugles, dans les erreurs les plus grossières, préfèrent même aux excès delà liberté l'avilissement du plus humble esclavage, et souvent ne trouvent d'asile , pour se reposer, que

dau les tènèhres de la plus profonde barbarie. C'est que le scepticisme semble ôter à la société ce dont elle a besoin par dessus tout^ les lois et la morale» Tout an plus parait-il laisser place au désolant système social de Hobbes. Il y a un trop grand fonds de gravité dans la nature humaine^ pour que nous puissions nous plaire à la frivolité de Gorgias 3 il y a en nous un trop grand fonds d'honneur et de vertu , pour que nous consentions à reconnaître les droits de la force brutale^ et à nous en prévaloir. Que faire donc?

Pascal aussi se posa un jour cette terrible question. Engagé dans le labyrinthe y il en explora les issues* Il entrevit toutes les conséquences de Hobbes (1)9 et, non sans une triste ironie^ il glorifia plus d'une fois la raison du plus fort. Cependant; trop profondément pénétré y par l'éducation de son enfance ; de la sainteté du devoir ^ il ne put trouver le repos dans un si triste système. Il chercha longtemps; vains efforts! Désespérant d'arriver jamais *au certain ; il abandonna cette autre pierre philosophale, et se réfugia dans le probable. Il s'y attacha 3 il crut j .trouver un appui. Mais que de peine pour réduire an silence celte raison et ce cœur rebelles! « Taisez-^YOus, raison imbécile! y> s'écrie-t-il; ou bien ^eneore.: « Cela vous abêtira : tant mieux! »

Trïstes |)arolesi mais au moins logiques et consè* quente»; j)lus conséquentes et plus logiques que le

(t) T. II, p. 133 et 131

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