‹ De l'ovariotomie. Avec six planches lithographiéesChapitre 9 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les indications de l'ovariolomie ont été très-diversement comprises. Tandis que quelques chirurgiens tendent de nos jours à faire de l'ovariolomie le traitement général, initial, des kystes de l'ovaire arrivés à un certain degré de développement, avant qu'il ne soit survenu d'accidents graves et que Tétat général ne soit compromis, le plus grand nombre ne considère cette opération que comme une ressource extrême, désespérée, comme un pis-aller après que d'autres moyens de traitement ont échoué. Les malades qui ont survécu sont alors le plus souvent très-débilitées, et il est survenu des complications consécutives à la durée de la maladie et aux moyens de traitement qui ont été mis en usage. Cette dernière catégorie de malades donne nécessairement des résultais peu favorables. Les opérées, déjà affaiblies, supportent difficilement l'hémorrhagie; l'énergie vitale, épuisée, ne résiste pas au traumatisme, à la péritonite consécutive et aux divers accidents qui peuvent survenir, et dont aurait triomphe une constitution moins affaiblie.

,7ti DE l'ovariotomie.

Les indications de l'ovariolomie peuvent être formulées ainsi qu'il suit :

1° La malade doit jouir d'une bonne conslilution;

2° L'affaiblissement ne doit pas être trop considérable ;

â° La malade doit manifester le désir formel d'élre opérée, et être convaincue de la nécessité et de l'ulililé de l'opération;

[i° Toutes les tumeurs des ovaires, pourvu qu'elles ne soient pas de nature cancéreuse, sont susceptibles d'être extirpées. Tels sont : V les kystes uniloculaires, dans lesquels le liquide, d'ailleurs incolore et séreux, tend à se reproduire rapidement; ceux dont le contenu est épais, visqueux, de couleur foncée; 2° les kystes muUiloculaires, dont le contenu albumineux est sé- :reux, colloïde, gélatineux, soit incolore, soit de couleur foncée ou blanchâtre; 2>° les tumeurs solides, ou en partie solides (sarcome, cysto-sarcome); li' les kys- ,tes dermoides.

Les tumeurs libres, d'un volume moyen, celles qui ne présentent que des adhérences peu étendues, peu iVasculaires, et dont le pédicule est long et étroit, sont donc les conditions les plus favorables.

5° L'extirpation est indiquée lorsque la maladie suit une marche progressive et que la vie de la malade est sérieusement menacée.

Il y a urgence d'opérer, lorsque les tumeurs tendent à augmenter rapidement, et lorsque la reproduction du liquide évacué s'opère promptement, et même lorsque le statu qiio^ sans être une cause de souffrance

et de troubles fonctionnels continus, amène cependant le dépérissement et l'amaigrissement.

6' Le moment d'opportunité pour l'opération est celui où une ponction palliative va bientôt devenir pécessaire, par suite du trouble que le volume de la tumeur menace d'apporter ou occasionne déjà aux fonctions de l'économie.

7° Les tumeurs compactes et les kystes multiloculaires, à petites loges, doivent être extirpés, autant que possible, avant qu'ils n'aient acquis un volume trop considérable, soit 25 à 30 centimètres de diamètre, quand même ils ne donnent pas lieu à des accidents immédiats; parce que si l'on ne peut évacuer^parliellement leur contenu, et s'ils doivent être extirpés en bloc , l'incision des parois abdominales deviendrait trop considérable, ^t lu gravité de l'opération augmen^ terait en proportion.

8° Ce ne sont pas seulement les tumeurs d'un grand volume qui doivent être opérées : tandis que des tumeurs énormes restent parfois très supportables, des tumeurs d'un faible développement occasionnent souvent des troubles graves, mais alors elles sont enclavées dans l'excavation pelvienne qu'elles obstruent complètement, et elles présentent des adhérences qui donnent lieu à des difficultés d'extraction très-considérables, sinon toujours insurmontables.

9° L'ovariotomie doit être entreprise , autant que possible, quelques jours avant ou après l'époque menstruelle; mais, du reste, l'apparition même immédiate des règles, ne paraît pas avoir d'influence

bien marquée sur les suites de l'opération. 10° Le traitement palliatif, par ponctions répétées, n'est applicable qu'aux kystes uniloculaires, dans les cas où le liquide se reproduit très-lentement, surtout lorsque la malade a passé l'époque de la ménopause, et lorsque rovariolomie est contre-indiquée.

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