PRONOSTIC
Résultat commun de lésions diverses, l'urémie offre des dangers qui varient avec la nature de ses causes.
S'est-elle produite, par exemple à la suite d'une hydronéphrose double, qui a eu pour effet de désorganiser les reins, elle est évidemment fatale. Il est clair qu'en effet dans ces conditions la fonction urinaire est à jamais perdue. De même pour les cas où l'urémie est la conséquence d'une dégénérescence brightique très avancée.
Qu'au contraire elle soit développée par un état aigu et susceptible de régression, le danger est évidemment bien moindre. La lésion peut se réparer, le rein revenir à l'état normal et le malade guérir avec le retour de la fonction urinaire.
La gravité du pronostic n'est pas seulement subordon-
née à la nature des lésions. Elle varie encore suivant d'autres conditions et par exemple :
1° D'après k forme des accidents. J'ai montré précédemment que, loutes choses égales d'ailleurs, les convulsions sont d'un pronostic moins grave que le coma. J'ai déjà tracé ce parallèle d'une façon suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'y revenir ici.
2° D'après le caractère chronique ou aigu des accidents. Défiez-vous de la forme lente; c'est la plus perfide; c'est aussi la plus dangereuse. La forme aiguë est plus effrayante dans ses allures, et cependant elle pardonne bien plus souvent.
3" D'après les conditions où se développe l'urémie. Il n'y a pas de parallèle par exemple à établir entre l'éclampsie scarlatineuse et l'éclainpsie puerpérale. Dans la première la guérison s'obtient pour la grande majorité des cas; 3 morts sur 13 (Rilliet et Barthez). Bien plus grave est la seconde qui ne pardonne guère qu'une fois sur trois.
h" Enfin l'intensité même des phénomènes doit être prise en sérieuse considération, bien qu'elle ne soit pas toujours la mesure du danger. Un coma profond, absolu, établi d'emblée ou rapidement, est un mauvais signe.
La diminution très notable ou la suppression complète de l'urine est encore d'un augure grave, etc.
xm