SI
la mort ait rapitlemeiit terminé la scène dans le coma ou dans le cours d'une convulsion, soit que les accès aient cessé pour ne plus se reproduire. Dans l'encéphalopathie scarlatineuse, au dire de MM. Rilliet et Barthez, il esl rare que la durée de l'état convulsif dépasse vingt-quatre heures, et souvent elle est bien moindre (1). Dans l'éclaïupsie puerpérale, la mort arrive en général de douze à quarante heures après l'invasion des premiers accidents (2). En d'autres cas, la durée de la période convulsive est plus longue, et l'on voit les accidents se continuer pendant plusieurs jours.
Quand le malade guérit, tout n'est pas fini, du moins en général, avec les convulsions. 11 reste un peu de somnolence et d'hébétude, parfois du ralentissement et de l'irrégularité du pouls; plus souvent des troubles de la vue et surtout de la dilatation pupillaire. symptôme qui, d'après MM. Rilliet et Barthez, persisteiait le plus longtemps; souvent aussi des troubles de l'ouïe, bruissements, oreille dure, etc. (3). Ces différents troubles nerveux se dissipent bientôt, en coïncidant quelquefois avec un flux uriuaire, et la convalescence s'établit. Les mômes auteurs que je viens de citer font encore cette remarque à propos de l'encéphalopathie scarlatineuse, que cette maladie « à l'inverse des autres affections cérébrales de l'enfance » qui entraînent souvent à leur suite quelques dérange- » ments dans les fonctions des organes locomoteurs et » sensitifs et dans rintelligence, laisse au contraire aux
(1) M. Sée, il est vrai, croit que, dans la majorité des cas, la durée est de trois jours. (Leçons cliniques.)
(2) Cazeaux, Trailc d'accouchements.
(3) Dans un cas, dont je dois la connaissance à M. Sée, une éclanfipsie scarlatineuse fut suivie d'un accès de manie furieuse qui persista trois semaines et guérit.
» petits malades la plénitude de leurs facultés motrices et )) intellecluelles. » — Je signalerai enfin ces troubles si singuliers de la mémoire (oubli d'un mot, d'un nom propre), et ces cas de manie qui ont été observés à la suite de l'éclampsie puerpérale.
La terminaison de l'accès éclamptique est quelquefois marquée par un fiux urinaire.
D'autres fois on a remarqué que pendant la crise éclamptique ou à son début, les hydropisies diminuaient d'une façon notable; puis les accidents cérébraux disparus, il se faisait un retour rapide de l'infiltration. Ce fait a été notamment signalé à propos de l'encéphalopathie scarlatineuse par plusieurs auteurs, Matthey, Coindet, Odier, Rilliet et Barthez. Il y aurait donc, pour ainsi dire, une sorte de balancement entre les troubles nerveux et les hydropisies (1).
Enfin, et c'est par cette remarque que je terminerai, la forme convulsive de l'urémie ne s'accompagne pas plus de paralysie musculaire que la forme comateuse. L'absence de paralysie à la suite des convulsions est la règle, et une règle contre laquelle ne sauraient prévaloir quelques faits très exceptionnels.
Cette forme convulsive de l'urémie est relativement moins grave que la forme comateuse. C'est là un fait certain et du plus haut intérêt. Prenons pour exemple l'encéphalopathie scarlatineuse. Malgré la gravité apparente des symptômes, disent MM. Rilliet et Barthez (2), la terminaison la plus ordinaire est le retour à la santé quand la forme éclamptique domine. Sur 13 malades. 10 ont
(1) Rilliet et Bartheï.
(2) Ouvrage cité, t. III, p. 185.
guéri, 3 sont morts. — Sur l'2 cas, un seul mortel, clans les observations de M. Sée. — Il est vrai toutefois que la mortalité est bien plus considérable clans le cours de l'état puerpéral.
Un fait très curieux au point de vue pronostique, est le suivant : c'est que l'éclampsie est quelquefois le signal, — je ne dis pas la cause, — d'une amélioration dans l'état du malade et même d'une guérison. En sorte qu'on n'a pas craint de la considérer dans ces cas comme une crise salutaire. Erlenniayer, cité par M. Lasègue, a observé un cas où des accès épileptiformes survenus dans le cours d'une maladie de Bright aiguë semblèrent juguler l'affection. L'urine, à dater de ce jour, cessa d'être albumineuse (i). Finger (2) cite un cas du même genre. Le docteur Piberet relate dans sa thèse un fait semblable, à propos d'un enfant hydropique et albuminurique. Deux crises violentes d'éclampsie furent presque immédiatement suivies d'une diminution très remarquable de l'albuminurie et de l'œdème; l'affection, jusqu'alors stationnaire, rétrograda subitement d'une façon notable, et, malgré une rechute momentanée qui se produisit à quelque temps de là, l'enfant guérit complètement.
Pour être rares, ces faits n'en sont pas moins, je pense, intéressants à signaler.
(1) Journal de Prague, 184G.
(2) Journal de Prague, 1847.
FOURMER.