OBSERVATION XXXI
Rétrécissement traumatique de Vurèthre gueri par l'eæcision. (Mayo Rosson. British medical journal. Mars, 1885, p. 481).
A. M., âgé de 48 ans, jardinier, est admis dans mon service , le 24 avril 1884, présentant des signes très accentués de rétrécissement, avec rétention partielle d’urine qui coulait seulement goutte à goutte: il dit qu’il avait toujours été très bien portant jusque trois mois auparavent ; alors il tomba sur une charbonnière, son périnée portant violemment sur le couvercle en fer qui était relevé ; il fut très contusionné; du sang s’écoula en même temps que de l’urine pendant quelques heures ; mais il n’y avait pas de plaie extérieure.
Le jet de l’urine diminuait graduellement, si bien qu’il dut se faire sonder par son médecin ; mais eulin aucune bougie ne peut plus passer et c’est dans ces conditions qu'il fut admis dans notre « Infirmerie. »
Pendant les quelques jours qui suivent son admission, le plus petit instrument, ni mou, ni dur, ne put être introduit. Le rétrécissement était situé au niveau de la jonction du périnée à la racine des bourses; mais, comme les symptômes n’étaieut pas alarmants, et que la vessie pouvait elle-même se soulager un peu , il fut décidé qu'on attendrait
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quelque temps avant de déclarer le rétrécissement infranchissable ; et, le 29 avril, M. Robson réussissait à introduire une bougie filiforme très étroite , suivie bientôt d’une plus grosse , el ensuite de la sonde de Lister du N° 1 au N° 14 (c'est-à-dire du N°3 au N° 24 de la filière Charrière) en une séance et dans l’espace de quelques minutes. Comme le malade ne présentait ni frissons ni autres symptômes graves, on lui passait chaque jour le N° 14 et il fut fait sortant le 6 mai, emportant une bougie N° 12 pour se sonder chaque jour chez lui.
24 mai. — Il revient avec son rétrécissement resserré comme avant la dilatation ; alors il parut nécessaire d'employer un traitement radical.
29 mai. — Le patient est éthérisé, placé dans la position de la taille périnéale ; alors le cathéter cannelé de Wheelhouse est passé dans l’urèthre à travers le rétrécissement, le scrotum relevé et l'urèthre mis à nu un demi-pouce (13 millimètres) en avant et en arrière du rétrécissement , en même temps que celui-ci est incisé avec soin. Le rétrécissement étant ainsi découvert, on constate qu'il est formé par une bande de tissu cicatriciel fibreux, large d’environ 7 millimètres, entourant la muqueuse, le tissu sous-muqueux et le tissu du bulbe. La totalité de la cicatrice est excisée ; et les bouts avivés de la membrane muqueuse sont rapprochés à travers la brèche ainsi formée et maintenue par une suture continue au catgut ; un cathéter étant alors passé dans la vessie, l’incision verticale de l’urèthre est réunie au catgut, fermant ainsi le canal et donnant par conséquent un urèthre continu et fermé. Les dernières sutures étaient peut-être inutiles ; elles cédaient dès le second jour ; et Purine s’échappait en partie pour un temps très court par la plaie périnéale, qui guérit bientôt par bourgeonnement, comme il arrive ordinairement dans l’opération de la boutonnière. Deux jours après l’intervention, la température montait à 101° Farenheit (38°,4 centigrades), mais elle redevint bientôt normale.
24 juin. — Un mois après l’opération, M. Robson passa une sonde N° 13 et ne put sentir aucun obstacle au lieu de l’ancien rétrécissement.
22 juillet. — L'état du malade est le suivant : périnée tout à fait sain, miction facile, jet de l’urine plein, sonde N° 13 (22 filière Charrière) passe comme au travers un urèthre normal. '
10 septembre. — Quatre mois après l’opération, le malade vint se