OBSERVATION LXI
Lesions tuberculeuses disseminees, retrecissement blennorrhagique, excision et suture (Guyon).
32 ans ; blennorrhagie il y a 13 ans, qui ne s'est jamais tarie complètement. Rétrécissement léger à l’urèthre périnéal et fistule indurée intarissable. En plus lésions tuberculeuses des deux épididymes, de la pointe de la vésicule droite et induration du sommet du poumon droil. Pendant trois jours, grands lavages de lurèthre au permanganate de potasse (1/3000), puis excision de la fistule avec ses indurations, de deux centimètres de muqueuse uréthrale friable et suture au catgut des deux bouts sectionnés ; trois plans de suture sous-jacents réunissent le tissu et la peau ; pas de draìnage, pansement compressif. La sonde à demeure, changée le 3° jour, est laissée pendant 20 jours. Le 7° jour réunion complète et le malade urine facilement.
Dix mois après l’opération, le périnée parfaitement souple laisse voir à peine la cicatrice de l’incision. L’écoulement uréthral est tari et
l’on peut aisément introduire dans la vessie une sonde molle de Nélaton N° 22.
Une contre-indication , qui paraît plus sérieuse, pourrait vraisemblablement être tirée de l'infection des voies urinaires;
il semblerait que la présence de microbes dans le canal, ou le
passage d'urines purulentes, dût nécessairement faire échouer la cicatrisation.
Il n’en est rien.
Que le foyer infectieux soit dans l’urèthre postérieur, dans la vessie, ou dans les reins, l'opération peut être indiquée ; témoin, ce malade de D. Mollière atteint de pyelo-néphrite et chez lequel l'uréthroplastie eut un succès complet (observation LIX); cetautre, du même auteur, atteint de cystite (observation LXIV) et un troisième d'Albarran (observation LX VII) atteint d'uréthrite postérieure et chez lesquels la guérison se produit rapidement; citons enfin celui de Stricker (observa-
tion LXII) ayant des urines purulentes, 40,7 de température et chez le quel la suture, pratiquée après l’excision, détermina une réunion primitive et une guérison complète en moins de 10 jours.
Tout au plus a-t-on constaté, dans quelques cas, une petite fistule, à l’un des angles de la plaie, qui d’ailleurs s’est tarie rapidement. Et, bien souvent, non seulement le succès opératoire est bon, mais encore l'intervention fait tomber la fièvre et disparaître l’état inflammatoire des voies urinaires.
OsservarioN LXII.
Rétrécissement traumatique, excision et suture (STRUKER- DEUTSCHE ZEITSCHRIFT für chirugie, 1882. T. XVI, p. 433.).
Homme de 25 ans, chute à califourchon sur une poutre, rupture de l’urèthre (octobre 1880), sondes à demeure; néanmoins le canal se rétrécit et il entre à l’hôpital en octobre 1881.
État général mauvais, incontinence d’urine, fièvre hectique à exacerbations vespérales atteignant jusqu’à 40°,7 Urines purulentes ; les sondes, même les plus fines ne peuvent pénétrer dans la vessie.
Le 27 octobre, boutonnière périnéale, qui permet, après l’excision d’une cicatrice d’un centimètre de longueur, de réunir, au moyen de quatre points au catgut les deux extrémités de l’urèthre, béantes à quelque distance l’une de l’autre dans le voisinage du bulbe. La dissection de l’urèthre montre son calibre distendu en forme de sac, en arrière du rétrécissement.
Le 29 octobre, plus d’incontinence ; Purine est plus claire et la fièvre est moindre. Au commencement de novembre, miction normale, passage facile des grosses sondes ; cicatrisation parfaite de la plaie opératoire ; plus de fièvre depuis longtemps. Il y a encore dans l'urine des traces de dépôt d’origine inflammatoire.
ce Se
OgBservarion LXIII.
Rétrécissement traumatique et fistules périnéales, excision ; suture. STRICKER-DEUTSCHE ZEITSCHUFT für chirurgie, 1882. TEXVI, p:429):
Homme de 29 ans, menuisier, entré le 22 juin 1880. Il y a trois mois, chute sur une pierre de 5 centimètres d'épaisseur. Rétention d'urine, tuméfaction du périnée. Un médecin ne retire que du sang par la sonde et fait deux jours après la ponction de la vessie ; Cathéter à demeure pendant trois semaines. Pendant c> temps formation d’un abcès périnéal dont l’incision laisse couler du sang, du pus et de l’urine, qui ne semble pas avoir séjourné dans la poche. Au moment de son entrée, près de la ligne médiane et en avant de l’anus, fistule droite, laissant couler sans cesse de l’urine. Du même point un trajet se dirige en avant vers la partie spongieuse de l’urèthre, point où il est complètement oblitéré. On sent tout autour du tissu cicatriciel calleux épaissi ; urine alcaline, fétide, purulente.
Trois jours après son entrée incision périnérale sans conducteur suivant le trajet de la fistule, qui ne conduit pas dans la vessie, mais dans une cavité siégeant derrière la symphyse. Une autre incision, faite en haut, sous la symphyse, ne donne pas de résultat ; l’opération est laissée inachevée. Le malade peut garder son urine pendant une heure environ.
Quatre semaines plus tard, on pousse une sonde par la fistule inférieure jusque dans la vessie ; on fait une seconde incision périnéale avec division de toute la partie de l’urèthre située en avant ; après cette intervention le sondage se fait très facilement, mais plus tard pourtant on retombe dans des fausses routes ; au bout de 3 semaines, nouvelle incision périnéale, on voit que les deux bouts de l’urèthre sont écartés de 2 à 3 centimètres et que l’inférieur est complètement entouré de tissu cicatriciel ; après l’avoir débarrassé de sa gangue, on rapproche les deux bouts au moyen du catgut.
Désormais le sondage se fait facilement. Quatre semaines après, les troubles urinaires n’ont pas reparu, bien qu’il persiste une petite fistule. La sonde N° 24 passe facilement ; à la fin du mois de mai 1881,
A es
le malade écrit qu’il se trouve si bien de son traitement, qu’il n’a plus de troubles de la miction et qu’il se sonde lui-même une fois toutes les semaines.