OBSERVATION LXIV
Reétrécissement blennorrhagique. — Fislules périnéales. — Excision des callosites. (Parizor. Thèse de Lyon, mai 1884).
L..., François, garçon d’écurie, 45 ans. Rétrécissement à la suite de deux blennorrhagies ; plus tard deux abcès urineux, qui se transforment en fistules; le cathétérisme est impossible ; les urines s’écoulent goutte à goutte. sont ammoniacales et contiennent: du pus. D. Mollière pratique l’opération le 26 juin 1883.
Un cathéter n° 12 pénètre dans la vessie par la pression d'un aide. Excision des tissus indurés entourant les fistules, — Le canal est fendu dans une longueur d’un centimètre et demi et le col atteint de cystite est dilaté au moyen d’une pince hémostatique dont les branches sont écartées vivement. — Sonde à demeure et pansement antiseptique sur la plaie ouverte.
La sonde, changée toutes les semaines, est laissée à demeure pendant 50 jours. Le malade est guéri le 1° octobre.
OgservarTiON LXV (Guyon).
Enfant de 12 ans atteint, trois mois auparavant, d’un traumatisme du périnée et ayant subi depuis cette époque deux uréthrotomies externes et trois uréthrotomies internes. Le canal indilatable était difficilement et douloureusement traversé par des bougies, puis par des Béniqué 24, 25 ou 26. L'état général devenait mauvais et le rein droit augmentait très notablement de volume. La résection est faite le 5 août 1891; la restauration de l’urèthre est faite avec les parties molles. Le malade, guéri sans incident, a repris l’état général le meilleur et se passe lui-même sans la moindre difficulté le Béniqué n° 38.
OBservarioN LXVI (ALBARRAN).
54 ans. — Plusieurs blennorrhagies dans sa jeunesse ; rétrécissement ancien, infiltration d'urine, fistules périnéale et scrotale. — Actuellement rétrécissement pénien, périnéo-scrotal et bulbaire, laissant passer l’explorateur à boule n° 16 ; périnée dur et irrégulier traversé par deux fistules ; urines purulentes ; amaigrissement prononcé.— Lavages antiseptiques de l’urèthre: uréthrotomie interne et introduction d’une sonde n° 20, qui doit rester à demeure. — Puis extirpation des parties fibreuses du périnée et de 4 centimètres d’urèthre, en conservant la paroi supérieure saine; suture juxta-uréthrale à trois étages ; pas de drain.
Tout va bien. Le sixième jour, abondante uréthrorhagie par le méat et dans la vessie, par suite d’une imprudence du malade, qui se leva et voulut se laver la vessie. — Néanmoins la plaie est comptètement réunie le 18° jour. — Cinq mois plus tard l’état général est amélioré ; les urines sont plus ciaires et le malade passe un Béniqué 56.
Ogservarion LXVII. `
Quelques cas de resection de lurèthre (ALBARRAN. Annales des maladies des organes génito-urinaires, mai 1892).
I. — 38 ans. Trois blennorrhagies, dont la plus ancienne remonte à 16 ans. Deux abcès urineux ; — dilatation et uréthrotomie interne. — Actuellement fistule périnéale qui laisse passer un peu d’urine au moment de la miction, noyau induré adhérent à l’urèthre et plusieux anneaux rétrécis à l’urèthre périnéal; un peu d'écoulement provenant de l’'urèthre postérieur.
Pendant deux jours grands lavages de l’urèthre au permanganate — excision de la fistule indurée et de trois centimètres de paroi inférieure d'urèthre altéré, la paroi supérieure étant laissée ; sonde à demeure n° 20 et suture à trois étages des parties molles.
Le troisième jour, T. = 38°2; le périnée est un peu tendu et tuméfié; les fils de suture sont enlevés et il s'écoule quelques gouttes de pus par la plaie. Sonde à demeure changée et laissée pendant dix jours. Le 24° jour, la plaie périnéale était tout à fait cicatrisée.
Ce malade est resté parfaitement guéri neuf mois après l’opération, et quoiqu'il ait négligé de se sonder pendant cet intervalle, il peut passer facilement une sonde de Nélaton n° 20.
Ce n’est pas une raison néanmoins pour délaisser les moyens connus de diminuer ou de paralyser l’action nocive des germes infectieux ; aussi, dans ces cas, faut-il employer les antiseptiques à l’intérieur, (salol, borates, benzoates), et en injections (permanganate), augmentant ainsi le succès de l'uréthrectomie, même dans les cas les moins favorables et nous permettant de tirer les conclusions les plus larges au point de vue de ses indications.
L'uréthrectomie ne doit plus être désormais une rressouce extrême, après l'échec successif et répété de tous les procédés ordinaires.
Elle doit être employée primitivement dans les rétrécissements calleux vrais et dans les rétrécissements traumatiques.
Elle est applicable aussi, et le plus vite possible, aux rétrécissements « indilatables > (scléro-cicatriciels), périnéaux ou péniens : — elle prévient ainsi un traitement indéfini, inutile et pénible et préserve de graves complications.
Dans les ruptures graves avec contusion du tissu uréthral, nous la croyons utile pour faciliter la réunion primitive et surtout pour éviter une récidive.
Enfin, l’âge avancé, un état général mauvais et l'infection locale ne sont pas des contre-indications à son emploi.
Souvent au contraire l’uréthrectomie , très attentivement soignée, fait disparaître rapidement la suppuration des voies urinaires.