‹ De l'UréthrectomieChapitre 36 sur 39 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

ou fil d'argent), il en a obtenu de beaux résultats, mais dans un cas (obs. de Parizot), un des bouts s'étant retourné dans la lumière du canal, empêcha le cathétérisme et fit échouer en partie la réunion ; en second lieu l’ablation en est délicate et peut déterminer des déchirures.— Le fil de soie, également, nécessite son ablation au fond de la plaie opératoire et peut aussi devenir la cause de désunions partielles et de fistules temporaires — Le fil résorbable n’a aucun des inconvénients précédents et maintient bien le rapprochement ; c’est donc le catgut qu’il faut préférer.

Le fil sera suffisamment fin pour être introduit dans le chas des aiguilles délicates auxquelles il faut recourir ; mais il sera d'un volume suffisant pour ne pas se résorber prématurément et pour laisser au canal le temps de se reconstituer : c’est pourquoi, il conviendra d'adopter le catgut n° 2, soit à l'huile phéniquée, soit à l’acide chromique.— Dans ces conditions, trois fils suffiront habituellement à réaliser un bon affrontement.

Un point controversé, et non encore résolu, est celui quise rapporte à la nature des tissus de l’urèthre qu'il convient de suturer ; toute la discussion repose sur le point de savoir s’il faut comprendre la muqueuse dans la suture, ou bien s’il est nécessaire de l’éviter :— La plupart des chirurgiens s'accordent à recommander la suture sous muqueuse, évitant ainsi l'incrustation par les sels urinaires des fils à l'intérieur du canal, la formation de petites fistules dans leur trajet, qui retardent la cicatrisation. — Dans tous les cas, les nœuds seront avantageusement posés à l’extérieur, pour se mettre à l'abri de la suppuration et de leur expulsion en masse par le méat (obs. LVII).

Pour mener à bien ce temps délicat de l'opération l'outillage devra être parfait.

En pratique, M. Guermonprez se sert d'aiguilles très fines et très courbes, modèle de Sims ; les fils, de catgut n° 2, sont passés au travers de l'enveloppe fibreuse et du tissu spongieux et n'intéressent pas la muqueuse ; ils comprennent dans leur

BERRIES

anse 7 à 8 millimètres du tissu de chaque bout; le nœud double, dit du chirurgien, est toujours fait à l'extérieur. Trois points sont posés : deux latéraux-supérieurs et un inférieur sur la ligne médiane.

Le périnée est ensuite réuni par un ou deux plans de suture, selon la quantilé plus ou moins grande de tissu excisée : la peau est réunie au crin de Florence et un drain placé à l’extrémité postérieure de la plaie laissée libre dans une très petite étendue : pansement à la gaze antiseptique sans aucun bandage. — La suture ainsi faite a pour résultat une réunion primitive complète dès le 2° ou 3° jour (obs. LXXIV) et une guérison parfaite en huit ou dix jours. On la pratiquera donc toutes les fois qu’elle sera réalisable.

Mais, si l'urêthre avait été réséqué dans une étendue de plus de 5 à 6 centimères, il faudra avoir recours à la suture juxtauréthrale (uréthro-périnéorraphie italienne de Postemki, de Durante, de Codivilla, heureusement modifié par M. le professeur F. Guyon).

Dans ce troisième procédé, on pose d'abord, au contact de la sonde à demeure, un plan de suture sur les tissus profonds compris entre les deux bouts du canal : sa brèche se trouve donc ainsi réparée par un manchon intercalaire constitué au moyen des tissus sains voisins, qui vont se transformer. Un deuxième etun troisième plan de sutures, tantôt indépendants, tantôt unis l’un à l’autre, sont ensuite appliqués sur les tissus périnéaux et sur la peau, (suture à étages du périnée) Tantôt un drain est placé à l'un des angles de la plaie, tantôt celle-ci est complètement fermée. C'est ainsi qu'agit M. le prof. F. Guyon; mais, grâce à son procédé a’excision partielle et de conservation de la languette saine supérieure, (dans le cas de rétrécissement cicatriciel dû à une rupture incomplète), il laisse, au milieu de ce manchon cruenté, une traînée épithéliale, qui active la réparation.

Enfin, dans les cas de gangrène et de sphacèle, ou de fistules en pomme d’arrosoir, et de périnée en bloc cicatriciel, il peut résulter des pertes de substance considérables et la suture juxta-uréthrale peut devenir irréalisable. Toute ressource n'est cependant pas perdue; et on ne laissera pas le malade avec un méat périnéal.

On aura recours au quatrième procédé, soit à l'autoplastie d'Earle-Delorme, soit, et de beaucoup préférablement , aux greffes muqueuses de Wolfler et de Meusel. qui ont procuré au malade une si belle réparation comme on l’a vu dans notre historique.

En résumé, l'uréthrectomie comprend deux temps : l'excision d'abord, la reconstitution du canal ensuite.

L'excision est totale ou partielle.

La recherche du bout postérieur est facilitée, soit par l'introduction d’une sonde cannelée dans la fistule, s’il en existe, soit par l'injection d’un liquide colorant bleu.

La reconstitution se fait par l'usage de la sonde à demeure, —- seule, — avec suture immédiate des deux bouts, — avec suture juxta-uréthrale {ou à étages du périnée), — ou avec greffes muqueuses.

Page 1