‹ De l'UréthrectomieChapitre 6 sur 39 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Rétrécissement traumatique devenu promptement infranchissable. Insuccès de l'opération de la boutonnière pratiquée au devant de l'obstacle. Excision du rétrècissement de dehors en dedans. Mort le vingt-cinquième jour par infection purulente (BouRGUET, d'Aix. Mémoires de l’Académie de médecine de Paris. Tome 27, 1865).

G. cultivateur, 37 ans : — rétrécissement infranchissable produit par une chute sur le périnée. 14 mois après l’accident il fut traité par la boutonnière périnéale et des tentatives de dilatation. 18 mois plus tard, il revint à l’hôpital d’Aix porteur d’un noyau induré dans la région perinéale, du volume d’un gland de chêne ; une fistule s’ouvrait dans l’urèthre en avant du point rétréci. On essaie, à l’aide du Canquoin, la destruction du tissu calleux : insuccès. — Bourguet fait alors l’excision. Durant l’opération un coup de ciseaux ouvre l’urèthre en arrière, 1l en profite pour introduire une sonde dans la vessie. Pas d’hémorrhagie notable. Pansement simple. [nterposition d’un peu de charpie entre les lèvres de la plaie. Cicatrisation rapide. Mais mort vingt-cinq jour après opération d’infection purulente.—A l'autopsie le

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bout antérieur est à quinze millimètres du bout postérieur; la cicatrisation est en partie faite ; le canal, au niveau de la portion excisée, présente un calibre bien supérieur à celui du canal normal.

Un succès complet dans la première, un canal en bonne voie de réparation dans la seconde, qui serait redevenu normal sans la pyohëémie, qui venait si souvent, avant l’antisepsie, compliquer les plaies chirurgicales : tels sont les résultats.

Ainsi donc la méthode de Bourguet consistait dans l’excision totale, et aussi complète que possible, le canal se reformant sur la sonde à demeure ; aucune suture n’était appliquée, ni sur l’urèthre, ni sur le périnée.

C’est cette méthode, si bonne dans ses résultats, qui ne fut acceptée que timidement par Sédillot (1), ne fut pratiquée que rarement, avec défiance par Voillemier (2) et Labbé, après avoir été rejetée à l'écart par les rapporteurs du mémoire de Bourguet à l’Académie. C’est ainsi que Robert disait «malgré la prédilection que l’auteur paraît avoir pour ce moyen, je ne le trouve pas digne de prendre rang dans la médecine opératoire» et Malgaigne : « On ne peut considérer cette manière d'agir comme une méthode régulière» (3).

C'est aux chirurgiens de l’école lyonnaise, qu'il appartenait de la retirer de l'oubli où on la laissait tomber, et, — pendant qu'elle passait en Allemagne (Konig, Stricker, Heussner), — de la porter d’un seul coup à son dernier degré de perfection.

Valette, d’abord, publia en 1873 une observation très intéressante dans le Lyon médical (fistules urinaires uréthro-hypogastriques consécutives à un rétrécissement blennorrhagique, excision, guérison) ; mais son procédé ne différait pas de celui de Bourguet ; il pratiquait l’excision sans faire aucune suture.

(1) Sépizor, in thèse de Bouchez, Strasbourg, 1863. (2) VorzLxMier, traité des maladies des voies urin.. T. I, 1868.

(3) Rapport de Gosselin sur le mémoire de Bourguet. Séance du 14 mai 1864.

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