OBSERVATION
(Due à l’obligeance de M. TÉDENAT.) Rétrécissement étroit. — Accidents d'intoxication urineuse. — Violents accès fébriles à la suite de chaque cathétérisme. — Uréthrotomie interne suivie de
guérison sans retour de la fièvre.
Laf..., âgé de 29 ans, carrossier, lymphatique, de constitution bonne, sans antécédents rhumatismaux ou syphilitiques. Blennorrhagie à 19 ans, qui dura cinq ou six mois et iaissa une goutte matinale qui revenait de temps en temps.
Depuis un an, le malade urine lentement, avec effort ; le jet uripaire porte assez loin; la miction a lieu toutes les trois ou quatre heures, la nuit aussi bien que le jour. Depuis trois mois, douleurs sourdes à l'hypogastre; diminution de l’appétit, digestions lentes, avec pyrosis,sans vomissements. Grande impressionnabilité au froid.
29 mai 1886. Le matin, sans cause appréciable, le malade ne peut uriner ; des bains de siège, des cataplasmes chauds sont employés sans résultat suffisant. Le D' Hamelin parvient, apres beaucoup de difficultés, à introduire une fine bougie grâce à laquelle une certaine quantité d'urine est évacuée. Un peu de calme, qui dans la soirée est interrompu par un léger frisson suivi de chaleur et d’une abondante sueur.
30. Le malade urine goutte à goutte, une quarantaine de-fois et avec de violents efforts. La bougie est réintroduite dans la matinée : le soir, violent accès de fièvre.
31. Fatigue extrême. Anorexie complète, langue saburrale. Nausées. Le malade rend quelques gouttes d’urine plusieurs fois par heure, au prix des plus grands efforts. — Sulfate de quinine, bains de siège, cataplasmes.
1 juin. Frisson dans la matinée. Douleurs hypogastriques. Besoin d’uriner permanent. Vomissements dans la soirée. Légère tuméfaction au périnée.
2. Frisson la nuit. M. Tédenat, appelé en consultation, constate : T. 3%, Pouls à 120. Langue blanche, nausées. Vessie distendue, formant globe à l'hypogastre. Au prix de violents efforts, l’urine sort goutte à goutte. Tuméfaction marquée au périnée. Il introduit, après injection d'huile, une fine bougie conductrice de Maisonneuve qui est laissée à demeure et permet l'écoulement de l’urine par petits jets.
Re
— Lavements avec 10 gouttes de laudanum. Boissons chaudes. 0er, 75 de sulfate de quinine.
3. Nuit relativement bonne; la bougie est bien supportée. T. 38°,2. P. 100. Dans la soirée, petit frisson suivi d’une sueur abondante. Le globe hypogastrique n'existe plus ; le malade se trouve mieux.
4. Frisson léger dans la matinée. Diminution de la tuméfaction du périnée. La bougie est plus libre dans le canal, qui n’est le siège d’aucune sécrétion appréciable.
5. À cause des frissons et malgré la dilatabilité probable du rétrécissement qui siège à la région bulbaire, M. Tédenat pratique l’uréthrotomie interne, sans anesthésie, au moyen de l'instrument de Maisonneuve (3 heures de l'après-midi).
L'opération, facile, détermine une hémorrhagie insignifiante.Sonde percée aux deux extrémités, n° 17, mise à demeure. — Sulfate de quinine 06,50. Infusions de tilleul chaudes, avec 3 gram. de benzoate de soude. T. 38°,9. P. 110.
6. Nuit bonne. Le malade se trouve fort soulagé et supporte bien la sonde. T. 370,7. P. 90. Dans la soirée, le thermomètre monte à 380,1; pas de frissons.
7. État local bon; diminution du gonflement du périnée ; sonde bien supportée. Pas de fièvre.
8. Nuit bonne. T. 37°,8. P. 80. Sonde enlevée à midi. Dans la soirée, T. 38°,1. P. 95. Pas de frissons. Un peu de cuisson à la première miction.
9. Pas de fièvre. Miction facile et indolore toutes les trois heures.
10. État général excellent. Depuis hier soir, quelques légères douleurs au périnée, où la tuméfaction a sensiblement augmenté. T. 37°,8 le matin; 380,1 le soir. Miction facile.
11. Douleurs au périnée. Fluctuation manifeste. [ncision qui donne issue à une cuillerée à soupe de pus. Miction facile. Pas de fièvre.
{2. Nuit bonne, sans douleurs, miction facile. Suppuration très faible.
17. L'abcès s’est fermé ; l'urine n’a jamais passé par l'incision. La miction est facile. Le malade se lève, mange et digère bien.
20. État local et général excellents. Introduction des bougies 16, 17, 18 de la filière Charrière, moûèle Béniqué.
23. Les bougies 17, 18, 19, 20 sont introduites facilement, sans provoquer ni douleurs ni hémorrhagies.
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