‹ De L'Uréthrotomie InterneChapitre 7 sur 19 · DE LEUR COMPARAISON · texte numérisé non relu

DE LEUR COMPARAISON

À quel de ces deux instruments faut-il donner la préférence ? Bien sûr, s’il faut s’en rapporter à ce qui se passe chez nous, c'est celui de Maisonneuve qu’on doit adopter. Cependant, si Von se reporte au principe de la méthode : « Pour qu’il y ait uréthrotomie, il faut que l’incision du rétrécissement soit complète »; et, si l’on aborde l’étude de la récidive, on ne peut s'empêcher de croire que celui de Civiale est le meilleur.

En effet, la lame mousse de Maisonneuve, arrivée sur la portion du canal où commence le tissu induré, en avant et en arrière du rétrécissement, presse sur les fibres de tissu nouveau, sectionne les moins élastiques et respecte les autres en les distendant; «ce sont ces fibres restés intactes qui bientôt manifesteront leur présence et reproduiront l'obstacle ». Thompson, Clin. sur l’uréth. int., 29 novembre 1875.

En outre, comme, lorsqu'on se décide à pratiquer l’uréthrotomie avec l'instrument de Maisonneuve, on ne connaît presque jamais la longueur et surtout l’épaisseur du rétrécissement, la lame, une fois arrivée contre lui, celui-ci étant souvent excessi-

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vement dur, «on est obligé de faire une assez forte pression qu’il est impossible, même à une main exercée, de supprimer dès que lo rétrécissement est franchi ; aussi la lame pénétre-t-elle dans la région membraneuse plus ou moins contractée et peut-elle faire une incision tout à fait inutile ». (Horteloup, Soc. Chir., 9 juin 1886.) Voillemier ne l’a-t-il point accusé de tout sectionner, sauf le rétréeissement ?

Avec linstrument de Civiale, au contraire, tout opérateur habile, guidé par le tact et l'expérience, et éclairé par lolive sur le siège et l’étendue du point rétréci, peut donner à sa lame une saillie convenable d’après la résistance des tissus indurés, et celle-ci, sortant quand on le veut et rentrant de même, sectionner tout le rétrécissement et, à quelque chose près, rien que lui.

Le chirurgien n’a point ainsi à suivre en aveugle une sonde conductrice qui peut s'engager dans une fausse route et lui faire commettre une erreur, ou se replier au niveau de l'obstacle et se faire sectionner pendant l’opération. Il n’a pas non plus à redouter la fragilité d’un porte-lame s’il arrive sur ua rétrécissement un peu dur. Ajoutons à cela que la facilité que l’on à à manier l'instrument de Maisonneuve a permis de « voir des praticiens, ne doutant de rien et peu habitués à ce genre d’opération, ne pas hésiter à s’en servir et produire des accidents terribles ». (Horteloup.)

Son grand avantage consiste en ce qu’il permet d'opérer immédiatement, le cas étant urgent, sans attendre que le rétrécissement ait subi un commencement de dilatation et sans obliger à pratiquer des scarifications comme moyen préparatoire.

Nous voici donc arrivé au principal reproche que l’on puisse adresser à l’uréthrotome à lame fixe : Pour livrer passage ‘à l’olive, il faut d’abord élargir le rétrécissement,.

Oui, malgré les améliorations introduites dans la construction des nouveaux uréthrotomes, ce reproche est fondé ; mais on voudra bien nous accorder que l’olive force le chirurgien d’essayer

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tout d’abord « de la dilatation, qui est la méthode générale pour le traitement des rétrécissements de l'urèthre ». (Guyon, Soc. Chir., 13 juin 1886.)

De plus, nous dira-t-on, il occasionne des hénorrhagies plus souvent que celui à lame courante. Nous conviendrons seulement que chacun de ces deux instruments peut faire partager cette crainte, et que, si l’uréthrotome à olive peut contusionner la plaie, faire des angles profonds en entamant le rétrécissement, malgré la convexité de la larne actuelle, on a de même observé (Delafosse, owv. cité, pag. 45), dans des expériences sur des chiens, après s'être servi de l’instrument de Maisonneuve, des plaies en cul-de-sac déterminées par le refoulement des tissus.

Est-il encore utile d'ajouter que, s’il n’y a qu’incertitude avec l’uréthrotome à lame fixe dans le degré de profondeur de l’incision, celle-ci dépendant de la pression de la lame, de la saillie qu’on lui donne et de la résistance des tissus, aucun autre instrument n’est à l’abri de ce reproche ?

Signalons, ea dernier lieu, un fait qui a été constaté, à savoir: que la récidive est plus prompte avec l’uréthrotome à lame courante qu'avec celui à lame fixe.

Pour toutes ces raisons, nous serions donc porté à donner notre préférence à l’uréthrotome à lame fixe ; mais, comme la bonne fortune d’avoir vu un de nos Maîtres s’en sérvir nous a manqué, nous ne voulons pas aller contre la faveur qu'a obtenue l’uréthrotome de Maisonneuve.

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