‹ De L'Uréthrotomie InterneChapitre 8 sur 19 · SOINS PRÉPARATOIRES · texte numérisé non relu

SOINS PRÉPARATOIRES

Que doit faire le chirurgien après avoir interrogé un rétréci sur les causes probables de sa maladie, sur les accidents qu'elle a déterminés et sur les divers modes de traitement auxquels il peut déjà avoir été soumis ?

L'urèthre ayant été exploré et l'indication de l’uréthrotomie interne étant formelle, doit-il donner de la quinine à son malade ? doit-il le purger ? Et, se rappelant que les accidents fébriles sont dus à l'absorption de l’urine par la plaie, doit-il chercher à rendre ce liquide moins toxique en augmentant ses éléments aqueux et en diminuant ses principes solides ?

La quinine étant conseillée universellement dans le traitement de la fièvre uréthrale, on agit sagement en l’administrant.

Quant aux purgatifs, nous pensons qu’il vaut mieux vider le rectum au moyen d’un lavement. Cela ne suffit-il pas pour obtenir que les efforts de défécation ne viennent point violenter la plaie uréthrale ? Et n’a-t-on pas en outre l'avantage de ne point fatiguer le malade ?

Cela fait, un quart de lavement d’eau de guimauve et de pavot additionné de quelques gouttes de laudanum doit être administré pour diminuer l’état spasmodique du canal. Et pour la même raison, un grand bain dans la matinée ne peut qu'être utile.

Mais a-t-on toujours à se déclarer satisfait des diurétiques ?

Assurément, non. Les diurétiques sont contre-indiqués, dit Reliquet (Th. Paris, 1865, De l'uréthrot. interne), « quand la miction est difficile et ne peut pas ramener la vessie à sa limite de contraction habituelle ». Et voici la raison qu’il donne : « La vessie distendue ne revient pas à sa limite de contraction par la

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miction qui précède l'opération, mais elle ne cesse pas d’être active, et la disparition brusque du rétrécissement, par la section, est suivie immédiatement de la sortie de l’urine avant qu’on ait placé la sonde à demeure.» Aussi, dans son Traité des Opérations des votes urinaires, pag. 128, insiste-t-il sur un soin préparatoire très important : ce soin consiste à mettre la vessie dans un état tel de dilatation qu’elle ne puisse pas se contracter et chasser l'urine dans l’urèthre pendant l'opération.

Quant à Gosselin, pour éviter la sortie de l’urine pendant l'opération, il fait pisser le malade avant, et, dans le cas de rétrécissement étroit, il vide la vessie par le cathétérisme, Mais, comme il arrive parfois qu’on ne peut passer à travers le rétrécissement qu'une sonde filiforme, il conseille d’évacuer l’urine en retirant la sonde lentement jusqu’à ce que son extrémité arrive au niveau du rétrécissement, car toutes les fois que l’on retire la sonde il s'écoule une quantité d’urine de plus en plus abondante. Et il laisse la sonde à demeure. Elle dilate le rétrécissement; ce qui n’est guère plus nécessaire avec les instruments d'aujourd'hui.

Cela dit, de quelle lame doit-on se servir ?

Les lames simples sont seules en honneur ; celles qui correspondent aux n® 21 à 23 de la filière Charrière sont celles dont Guyon fait presque exclusivement usage. «Plus petites, elles seraient insuffisantes ; plus larges, elles pourraient trop profondément inciser. » (Guyon, Soc. C'hir., 13 juin 1886.)

Le choix de la lame étant fait, quel conducteur doit-on prendre ?

Maisonneuve, Guyon et la plupart des chirurgiens donnent leur préférence au conducteur cannelé sur sa concavité. En voici la raison : « Elle est basée sur la disposition du tissu caverneux de l’urèthre, qui d’abord, peu à peu réparti autour du canal, s’effile à la partie supérieure et se réduit à une faible épaisseur, tan.

dis qu’à la partie inférieure il se renfle pour former le bulbe. Et c’est là surtout qu’il y aurait à courir le danger d’une hémorrhagie trop abondante.» (Reverdin, Th. Paris, 1872, De l’uréth. int.)

Ajoutons à cela que (opinion de Maisonneuve), avec la lame glissant sur la convexité du conducteur, on ferait toujours une section, qu’il y ait ou qu’il n’y ait pas de rétrécissement, au niveau de la courbure de la verge, le ligament suspenseur étant en ce moment tendu. ;

Nous objecterons à cette manière de faire que le choix exclusif de la paroi supérieure expose à sectionner des parties peu malades et que, l’une des deux artères qui cheminent dans la cloison des corps caverneux pouvant être lésée par la lame, il est préférable de faire l’incision sur la paroi inférieure dans la région pénienne, et sur sa partie supérieure dans les cas de rétrécissements de la région bulbo-membraneuse. On évite ainsi de blesser le plexus veineux du bulbe. Aussi le chirurgien, avant de se servir de son instrument, doit-il s’assurer par un examen attentif à quel niveau siège le rétrécissement.

Terminons ce simple aperçu préparatoire en conseillant, comme Terrier (Soc. Chir., 1886) de plonger l'instrument, avant de l’huiler, dans une solution phéniquée forte. Peut-être même, afin de désinfecter les voies urinaires dans leur ensemble, ferait-on bien d’administrer quelques jours à l’avance du biborate de soude, car, sous l'influence de ce médicament, l’urine se charge très rapidement d'acide borique et devient aseptique ? De plus, l'élimination de l’acide borique se continue quelques jours même après qu'on en a cessé l’emploi.

M. Tédenat fait macérer les instruments dans une solution phéniquée à 3 °/, et les graisse, au moment de les introduire, avec de la vaseline iodoformée.

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