PROCEDES OPÉRATOIRES
PREMIERE PÉRIODE Période des petites incisions ou scarifications.
Parmi tous les scarificateurs et les procédés de scarification des rétrécissements de Furèlre, nous décrirons seulement ceux de MM. Âmussat, Ricord, Reybard et Giviale.
Nous ferons suivre cet exposé de notre appréciation de la scarification.
Scarificateur d^Amussat-
Il se compose d'une tige d'acier supportée par un manche et terminée à son extrémité vésicale d'un côté par une demi-lentille, de l'autre par une lame tranchante disposée de façon à couper d'arrière en avant. Cet appareil glisse dans une canule, qui, à son extrémité, présente d'un côté une fente longue de 10 à 12 millimètres, de l'autre une entaille profonde de 1 à 2 millimètres. Cette fente et cette entaille sont destinées, la première à loger la lame, la seconde la demi-lentille.
Lorsque les pièces sont ainsi disposées, l'instrument est fermé; pour l'armer, il suffit de pousser le manche contre Vorifice de la canule, on dégage ainsi la demilentille et la lame.
Procédé opératoire. L'instrument est introduit fermé dans le canal jusqu'à ce qu'on ait dépassé le rétrécissement. A ce moment od l'arme et par un mouvement de va et vient exécuté avec précaution on explore à l'aide de la demi-lenlille le point précis du canal qui est le siège du rétrécissement. Cette élude faite, on fait tourner l'instrument sur son axe de manière à amener la lame sur ce point. On reconnaît qu'on est arrivé à ce résultat à l'aide d'une vis placée sur le manche. Le bouton de cette vis indique la situation qu'occupe la lame, il suffit alors de tirer sur le manche pour diviser Pobstacle compris entre la lame et Textrémité de la canule. Pour retirer l'appareil, il faut prendre la précaution de replacer la lame dans la fente de la canule ; il suffira pour cela de tourner le mandrin en se guidant sur les indications fournies par la vis du manche.
M. Phillips dit que les incisions pratiquées à l'ai Je de cet instrument ne dépassent ordinairement point la muqueuse et laissent intact le tissu du rétrécissement. On a cherché à remédier à cet inconvénient en donnant plus de saillie à la lame et en la faisant glisser sur un plan incliné placé à Textrémité vésicale de la eanule cfxtérieure.
Scarificateur de M^ Ricord*
Une fige portant à Tune de ses extrémités un petit manche et à l'autre une lame convexe glisse danar une rainure creusée sur une autre tige plus volumi-
neuse. Cette rarnure assez profonde dans presque tonte sa longueur pour cacher complétemenl la lame devient peu à peu superficielle vers son extrémité. La trge porte-lame est fixée dans le manche par une vis de pression dont le bouton indique la direction de la lame.
Procédé opératoire. Pour se servir de ce scarificateur, on retire le manche jusqu'à ce que la lame se trouve complètement cachée dans la rainure. On l'introduit ainsi, sans danger de couper les tissus sains, jusqu'au rétrécissement. Arrivé là, il suffit de presser sur le manche pour que la lame, glissant sur la partie superficielle de la rainure, devienne peu à peu saillante. En poussant et retirant alternativement le manche, a» divise l'obstacle par un mouvement de va-et-vient.
MM. Bégin et Robert ont modifié cet appareil e» ajoutant un renflement assez considérable à l'extrémité de la gaine. Ce renflement empêche l'extrémité de cette gaine de pénétrer dans le rétrécissement au moment où on l'incise; elle permet ainsi au chirurgien de préciser plus exactement l'étendue de l'incision.
Scarificateur de M. Civiale*
n se compose d'une gaine aplatie, dans laquelle glisse une tige terminée d'un côté par une rondelle et de l'autre par une lame qui va en s'effilant. A l'extrémité de cette lame se trouve un stylet conducteur long d'environ 15 millimètres. Lorsque l'instrument n*est point armé, ce stylet seul dépasse l'extrémité de la canule ; pour faire saillir la lame, il suffit de pousser la rondelle terminale. Un curseur indique dans quelle étendue la lame sort de la gaine. Une vis de pression faie cette lame au degré de saillie qu'on juge convenable.
Procédé opératoire. L'instrument est disposé de manière à ce que la lame soit enfermée dans la gaîne, et que le stylet dépasse seul l'extrémité de cette gaîne. On l'introduit ainsi fermé dans le canal, jusqu'à ce qu'il vienne butter contre le rétrécissement, et on cherche à engager l'extrémité du stylet dans l'orifice de ce rétrécissement. Lorsqu'on est arrivé à ce résultat, on appuie sur la rondelle de façon à faire saillir la lame dans l'étendue qu'on juge convenable et on serre lavis de pression ; il suffit alors de pousser en avant l'instrument ainsi armé, pour que la lame divise les tissus qui lui feront obstacle. La section d'un rétrécissement exige, le plus souvent, qu'on revienne plusieurs fois à cette opération. Dans les intervalles on introduit des bougies destinées à s'opposer au recollement des lèvres de la plaie.
M. Civiale réserve cette opération pour les rétrécissements de la portion pénienne ; il se sert encore de ce scarificateur pour exécuter le premier temps de Turétrotomie d'arrière en avant.
Scarificateur de M. Reybard.
Cet instrument est constitué par une canule portant une échelle graduée, et un curseur terminé, à son extrémité vésicale, par une partie plus large aplatie qu'on nomme le fourreau. Dans cette canule glisse une tige qui d'un côté se termine par un anneau et de l'autre se continue avec une lame qui s'élargit en olive à partir de la tige et se termine en s'effilant, comme dans l'instrument que nous venons de décrire, par une sorte de stylet destiné à guider la lame dans le rétrécissement. On arme l'instrument en poussant l'anneau plus
ou moins près de rextrémilé de la gaîne; au plus haut degré, quand il est arrivé contre celte gaine, la lame sort du fourreau dans la moitié de sa longueur, l'autre moitié fait saillie sur les bords de ce fourreau.
Procédé opératoire. L'instrument est introduit fermé ; c'est-à-dire que le stylet seul fait saillie au-delà du fourreau. On engage ce stylet dans le rétrécissement et alors on pousse l'anneau de façon à développer la lame dans l'étendue convenable. Il ne reste plus qu'à faire cheminer l'instrument ainsi armé dans la longueur du rétrécissement.