TRAITEMENT PRÉPARATOIRE
M. Civiale et les partisans du procédé d'arrière en avant font la dilatation temporaire à l'aide des bougies quelques jours avant l'opération. Ils dilatent pour plusieurs raisons. D'abord et surtout, afin de pouvoir matériellement passer l'olive en arrière de l'obstacle ; ensuite, afind'accouturaerlecanal aux manœuvres et le rendre moins sensible. Nous trouvons encore à cette manière de faire un autre avantage, c'est qu'elle oblige à toujours commencer par la dilatation, et que si ce mode de traitement paraît donner des résultats favorables, si le chirurgien observe que le rétrécissement se ramollisse^ il peut s'en tenir là et ne pas pratiquer l'urétrotomie.
Nous avons déjà vu que ces mêmes chirurgiens, dans les cas où la dilatation est trop longue, trop douloureuse ou impossible, emploient la scarification comme moyen préliminaire. Ils pratiquent ces deux opérations à quelques jours d'intervalle.
On a pu voir, dans une observation précédente, que M. Maisonneuve ne pratique aucun traitement préparatoire. Un malade se présente avec un rétrécissement. Il l'explore avec soin, fait le diagnostic, et prend immédiatement son parti. Il introduit sa bougie conductrice, et pratique l'urétrotomie, quelquefois même sur des malades venus du dehors pour la consultation de Thôpital.
M. Gosselin qui croit, dans une juste mesure, à l'efficacité de l'urétrotomie interne, sans se dissimuler toutefois ses dangers, a songé à faire du traitement préliminaire un des points importants de l'urétrotomie, —
Convaincu que les accidents fébriles qui succèdent si fréquemment à Topération sont dus à Faction de Turine sur la plaie, à son absorption et à son action délétère sur l'organisme, convaincu en plus de la difficulté qu'éprouve le chirurgien, de l'impossibilité même parfois où il se trouve, d'empêcher, malgré les sondes, le contact de l'urine, M. Gosselin, dis-je, a pensé qu'il y aurait grand avantage a rendre ce liquide moins toxique en augmentant ses éléments aqueux et en diminuant ses principes solides. Pour cela, il donne à ses malades de la tisane de pariétaire en abondance, des grands bains et des lavements émoUients le jour de l'opération. Nous ne pouvons que très-fortement approuver la conduite du savant professeur. Elle est parfaitement logique, rationnelle, et ne demande qu'à être sanctionnée par des faits plus nombreux que ceux qui existent jusqu'à présent.