‹ De l'urétrotomieChapitre 17 sur 28 · PHLÉBITE. — ABCÈS. — INFECTION PURULENTE · texte numérisé non relu

PHLÉBITE. — ABCÈS. — INFECTION PURULENTE

Je n'ai pas à étudier en détail ces accidents terribles qui n'ont été que trop souvent observés à la suite de Turétrotomie. J'allongerais sans profit ce travail. Voici ce que l'on trouve le plus souvent à l'examen des pièces pathologiques; voici, en abrégé, ce que l'on peut constater sur une pièce que j'ai en ce moment entre les mains, et dont le chirurgien a jugé à propos de ne pas publier ladescriplion. Incision très-nette du rétrécissement avec un écartement notable des deux lèvres de la plaie. Déchirure de la muqueuse à l'angle inférieur de cette plaie, déchirure produite, à n'en pas douter, par le cathéter. Abcès à ce niveau. Infiltration purulente dans le tissu spongieux du bulbe (le rétréeissement siégeait au bulbe), du pus dans les veines

dorsales de fa verge, dans les veines hypogaslriques» abcès raélastatiques. Ce fail me paraît très-instructif, car la filiation des accidents est évidente, l'infection purulente a été en définitive le résultat de la déchirure du canal et du eontactde l'urine avec cette déchirure. Que dans les cas de ce genre le malade ait une disposition à la pyohémie, la porte est ouverte au pus et les accidents deviennent tout de suite formidables. Ces faits ne sont que le corollaire de ce que je disais, il n'y a qu'un instant, à propos de l'opinion de MM. Gosselin et Sédillol. Ils prouvent l'importance des préceptes que nous avons donnés à propos du traitement consécutif. On a parfois observé la néphrite aiguë à la suite de Furétrotomie interne, mais il est probable que, dans les cas de ce genre, le malade en subissait déjà les atteintes et que l'affection a pris tout à coup une grande intensité à la suite de l'opération. Il se forme aussi, dans le tissu cellulaire péri-urétral, de petits abcès isolés qui n*entraînent le plus souvent aucune grave conséquence.

On a également observé des phlegmons étendus à toute la région périnéale, à la verge, auscrotum, mais il faut bien le dire, surtout à la suite des grandes incisions de M. Reybard. La mort peut être la conséquence de ces graves lésions.

Voici une observation intéressante de M. J. Roux, dans laquelle, malgré une infiltration d'urine, un phlegmon et des abcès, le malade a guéri.

Rétrécissement de l'urètre à la région bulho-membraneuse, — Urétrotomie interne par incision rétrograde. — /n/îitration urinaire. — Guérison.

Le 27 novembre 1848, le nommé B.... entre à l'hôpital atteint d'an rétrécissement survenu à la suite d'une uré-

trite. Ce n'est qa*aTec peine que la bougie n"» 7, de la filière Charriëre, peut être introdcûte. Des accès de fiëyre suivant chaque cathëtérisme, le chirurgien renonce à la dilatation préalable. Après plusieurs tentatives infructueuses, il parvient à introduire la bougie conductrice de rurétrotôme Gharrière, et pratique l'urétrotomie rétrograde le 2k décembre. Une sonde en argent n** 16 est poussée jusque dans la vessie et immédiatement remplacée par une autre en gomme élastique, laissée à demeure.

A la suite de cette opération, des accidents locaux etgénéraox graves se manifestent : infiltration urinaire, sortie de pus abondant et fétide par des scarifications pratiquées autour de la verge, phlegmon au côté gauche de Fabdomen et abcès à la fesse droite qui nécessitent l'un et Vautre l'évacuation du pus ; fièvre vive, délire pendant lequel le malade enlève la sonde qu'on ne peut replacer qu'avec beaucoup de difficulté.

Au bout de six jours tous ces phénomènes entrent dans une période régressive, de telle sorte que le dix-septième jour de Topération, la sonde ayant été retirée, Vurine sort par le canal sauf une petite quantité qui trouve issue par une fistule, et que le vingt-deuxième lemalade peuturiner à plein canal et sans douleur.

Le trente-septième jour, les plaies de la verge sont presque cicatrisées et tout fait espérer une prochaine guérison complète.

On a rangé sous le nom (Taccidents insolites des phénomènes qui se produisent plus ou moins longtemps après l'opération, trois semaines ou un mois environ. Le malade a toujours présenté un léger élal fébrile depuis l'incision, une inflammation viscérale ne tarde à se déclarer, une pneumonie, par exemple, et la mort en est souvent la conséquence.

Dans le relevé des urétrotomies pratiquées àTHôtel- Dieu en 1862 par M. Maisonneuve, un cas analogue

est indiqué. 11 est difficile d'expliquer ces faits ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils se lient d'une manière évidente à l'urétrotomie. S'il m'était permis de juger par induction, je dirais qu'on a peut-être, dans ces cas, négligé le traitement consécutif ou bien qu'il s'est produit un empoisonnement lent par l'urine absorbée à la surface de la plaie.

A la suite de l'urétrotomie, surtout par les grandes incisions, on a remarqué plusieurs fois une rigidité telle du canal , que la verge se recourbait dans l'érection. Le coït devenait douloureux et même impossible.

— Ce sont les rétrécissements péniens qui donnent lieu à cet accident.

A la suite encore des grandes incisions pratiquées principalement sur les parties latérales du canal, il se forme quelquefois de petites excavations , de petites poches dans lesquelles l'urine s'accumule à la fin de la miction et ne sort que sous l'influence des pressions.

— On conseille alors de maintenir le canal très-libre par le cathétérisme.

L'urétrotomie laisse quelquefois à sa suite un écoulement puriforme difficile à guérir.

S. P..., âgé de trente-deux ans, cordonnier, entra pour la première fois à Saint-Louis, le 31 janvier.

Blennorrhagie datant de sept ans; rétrécissement depuis deux ans et demi ; traité dans le service de M. Gullérier pendant six mois, à deux reprises.

Rétrécissement très-serré, siégeant au niveau du bulbe, avec déviation dans la direction du canal. Ou essaye la dilatation pendant douze jours, mais sans succès.

M. Trélat procède à l'urétrotomie interne avec l'instrument de M. Maisonneuve; introduction d'une grosse bougie; la partie membraneuse du canal semble aussi

légèrement rétrécie, mais elle cfide rapidement les jomrs suivants ; accès de fièvre le lendemain de l'opération ; on prescrit un bain et 1 gramme de sulfate de quinine. (Le malade a eu les fièvres intermittentes il y a quatre ans et à plusieurs reprises). Les jours suivants, écoulement considérable de pus; miction facile.

Sortie le 21 lévrier.

Le 7 avril, le malade rentre dans les salles de M. Voillemier, se plaignant de douleurs, de cuissons vives en urinant ; Yécoulement purulent n'a pas cessé et est très-abon-dant. Une sonde de moyenne grosseur passe facilement; M. Yoillemier le garde pour V(Hr ce qu'il adviendra de l'opération et s'assurer si le rétrécissement reparaîtra.

Depuis lors aucun traitement n'a été fait; quelques bains seulement. Aujourd'hui 13 mai, Yécoulement persiste encore; la coarctation n'admet plus qu'une bougie moitié moins grosse qu'à son entrée. Depuis trois jours on a repris l'usage continu des bougies.

[Observation communiquée par- mon ami M. Anger, interne des hôpitaux.)

Enrésumé,lesopérationsd'urélrotomie,surtoutcelles pratiquées par la méthode de M. Reybard, ont présenté des accidents variés dont quelques-uns, d'une gravité extrême, ont entraîné la mort. — Il est probable que ces accidents ont été produits, en grande partie, par le contact de l'urine avec la plaie, surtout quand il y a eu des déchirures faites par le cathéter. — Nous sommes convaincu que le chirurgien a le pouvoir de diminuer, sinon de faire disparaître ces accidents, en se comportant ainsi que nous l'avons déjà indiqué en parlant du traitement préparatoire et des soins consécutifs.

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